‹ L'otageChapitre 51 sur 87 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

SYGXE. — Je ne peux pas ! 0 mon Dieu, je ne veux pas à ce prix !

MONSIEUR BADILOX. — C'est bien. Vous êtes acquittée du sang de ce juste.

SYGXE — Je ne peux pas au delà de ma force.

MOXSIEUR BADILOX. — Mon enfant, sondez votre cœur.

SYGXE. — Le voici devant vous tout ouvert et déchiré.

MOXSIEUR BADILOX. — Si les enfants de votre cousin vivaient encore, s'il s'agissait de le sauver, lui et les siens,

Et le nom, et la race, si lui-même vous le demandait,

Ce sacrifice que je vous propose, Sygne, le feriez-vous ?

SYGXE. — Ah, qui je suis, pauvre fille, pour me comparer au mâle de ma race ? Oui, Je le ferais.

MONSIEUR BADILON. — Je l'entends de votre propre bouche.

SYGNE. — Mais il est mon père et mon sang et mon frère et mon aîné, le premier et le dernier de nous tous,

Mon Maître, mon Seigneur, à qui j'ai engagé ma foi !

MONSIEUR BADILON. -, Dieu est tout cela pour vous avant lui.

SYGNE. — Mais il n'a pas besoin de moi ! Le Pape a ses promesses infaillibles !

MONSIEUR BADILON. — Mais le monde ne les a point, pour qui le Christ n'a point prié.

Epargnez à l'univers ce crime.

SYGNE. — C'est vous qui m'avez instruite et ne me disiez-vous pas que le Pape près de périr, Dieu chaque fois l'a sauvé ?

MONSIEUR BADILON. — Jamais sans le secours de quelque homme et sans sa bonne volonté.

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