‹ L'otageChapitre 60 sur 87 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

SIGNE remet à COUFONTAINE l'un des papiers que te baron a mis dans son panier. COU- FONTAINE le prend et tire des lunettes de sa poche. Cependant qu'il lit elle reste dans son fauteuil et les yeux fermés.

Brouhaha violent dans la pièce voisine, portes que l'on claque, tumultes de rires et de paroles, cliquelis d'armes et de verres, puis les deux violons qui éclatent tout à côté, et se taisent soudain.

Vagissement d'un nouveau-né.

GEORGES. — C'est votre enfant que l'on baptise, Sygne ? J'ai vu le cortège en arrivant.

SYGNE. — Oui.

GEORGES. — Pourquoi n'êtes-vous pas de la fête ?

SYGNE. — Ma place est ici.

(Il se remet à lire, puis s'interrompt de nouveau et prête l'oreille.

On tape sur une table, le silence se fait).

Voix de TOUSSAINT TURELURE. — Messieurs, je vous présente mon fils, Louis Agénor Napoléon Turelure !

(Applaudissements)

Voix de TURELURE. — Le curé vient de te baptiser chrétien avec de l'eau,

Et moi je te baptise Français, petit lapin, avec cette goutte de la rosée champenoise sur la bouchette.

Goûte le vin de France, citoyen !

(Rires. Applaudissements)

Que Messieurs les Russes attendent ! Que M. le Feld-Maréchal Benningsen et M. le Prince de Witzingerode nous fassent la grâce de patienter un petit moment ! Que diable ! tout de même on ne peut pas s'occuper d'eux tout le temps ! Nous serons à ces messieurs dans une seconde.

Pour l'instant profitons de l'armistice que

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