‹ L'otageChapitre 71 sur 87 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Et toi, est-ce que tu tiens tellement à être propriétaire, comme d'autres sont pasteurs ou meuniers ?

Les hommes n'ont plus besoin entre eux d'un homme plus haut.

Et nous, nous étions faits pour donner et pour prendre et non pas pour partager,

Viens donc avec moi et prends ma main,

Non point comme deux époux qui s'enracinent l'un à l'autre,

Mais prends ma main puisque tu ne me vois plus, ô frère, je suis restée la môme ! et mon autre main est liée à la chaîne de tous mes morts.

O Georges, que veux-tu faire ici ? Voici assez longtemps que nous sommes à charge aux hommes.

Voici assez longtemps que nous les obligeons durement à vivre non pas pour eux mais pour nous, comme nous-mêmes pour le Roi et pour Dieu.

Maintenant chacun s'en va vivre pour soimême à son aise et il n'y aura plus de Dieu ni de Seigneur.

La terre est grande, que chacun y aille de son côté, voici les hommes libres à la manière des animaux.

Mais nous, est-ce que nous avons souci d'être libres ? il n'y a point de liberté pour un gentilhomme.

Ou égaux ?

Ou frères, et il n'y aura plus de Nom ni de famille, toi seul es mon frère !

GEORGES. — Vous n'êtes plus ma sœur.

SYGNE. — Si, Georges, je le suis.

GEORGES. — Je ne reprendrai point cette main félonne.

SYGNE. — J'ai trahi, il est vrai ! j'ai tout livré, et moi-même avec ! ce qui était mort.

Le Roi est mort, le chef est mort. Mais j'ai sauvé le Prêtre éternel.

Dieu est vivant avec nous, tant qu'il y aura encore avec nous sa parole et un peu de pain, et Sa main sacrée qui lie et qui délie.

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