‹ L'Otite du NotfrissonChapitre 40 sur 79 · FORMES D'OTITES PARTICULIÈRES AU NOURRISSON · texte numérisé non relu

FORMES D'OTITES PARTICULIÈRES AU NOURRISSON

Les faits qui sortent du cadre de l’otite moyenne aiguë classique apparaissent comme tellement touffus et complexes, que l’on ne sait trop comment les classer. Jusqu’à ces dernières années, aucune tentative n’avait été faite dans ce sens. Les auteurs se contentaient d’énumérer des observations sans chercher le moins du monde à les relier.

Cest à notre maître Le MÉée que nous sommes redevables d’une classification nette qu'il expose dans une communication au X° Congrès international d’otologie en juillet 1922, et sur laquelle il a de nouveau donné des précisions dans une communication à la Société belge d’otologie en février 1924 ; il distingue l’otite latente et l’otite méconnue. Nous citerons textuellement les définitions qu'il donne de ces formes.

L’'Otite latente est une « Collection purulente de la caisse qui ne se manifeste par aucun des signes fonctionnels habituels et dont seuls les signes physiques permettent le diagnostic ». « C’est une otite muette qui ne se révèle que par la notion de fréquence que tout médecin doit avoir à l'esprit ».

Dans l’Otite méconnue, «les symptômes généraux paraissent tellement importants qu’on ne pense pas à l’otite, ou si l’on y pense, on tend à la considérer comme un épiphénomène qui doit être placé parmi les autres manifestations locales caractéristiques de

l’affection en cause ».

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Faut-il cependant séparer ces deux catégories de faits et n’admettre entre elles aucune relation ?. Nous ne le pensons pas et cette division n’est faite que pour mettre en relief le fait suivant: Si dans certains Cas, l’otite peut rester très discrète dans sa symptomatologie et ne s’encadrer que des signes d'emprunt tellement atypiques et discrets qu'ils restent inexpliqués, et que l'oreille n’est pas ineriminée, dans d’autres au contraire, on méconnaît non pas son existence révélée par un examen ou un écoulement spontané, mais son importance. NS

On ne l'estime pas à sa Juste valeur, on la croit incapable de provoquer à elle seule pareils accidents ou de pouvoir modifier sérieusement l’évolution de toute autre affection dont elle est contemporaine.

N’est-il pas plus logique de considérer ces deux formes comme étant les deux stades d’une même évolution : Pendant une assez longue période, l’orë ganisme n’a réagi que discrètement à l'infection de l’oreille, c’est la période que seules les dispositions anatomiques du nourrisson peuvent réaliser, la largeur et la brièveté de la trompe permettent au pus formé dans la caisse de se drainer jusqu’au jour où son occlusion réalise une cavité close et déclanche les accidents de rétention. | |

La Clinique est loin d’infirmer en quoi que ce soit cette hypothèse’: on retrouve presque toujours par. une recherche minutieuse des antécédents, les traces de cette période initiale de latence, prolongée quelquefois pendant des semaines avant les accidents graves. Le mode d’évolution par poussée s’accom-

mode fort bien de cette interprétation, qui jette aussi un jour nouveau sur les faits anatomo-pathologiques. Elle explique la gravité, l’étendue et la profondeur des lésions que révèlent certaines autopsies. Lésions dont l'allure chronique ou déjà ancienne ne pouvait se concilier avec une évolution aiguë et rapide, et qui s'explique fort bien si l’on admet que le début réel de laffection est bien antérieur aux accidents bruyants seuls incriminés jusqu'ici.

C’est dans cet esprit que nous décrirons à l’otite du nourrisson, une forme latente et des formes

méconnues.

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