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L’OTITE DOIT ÊTRE SOUPÇONNÉE

Chaque fois qu’existe un état fébrile prolongé, irrégulier même avec longue conservation d’un bon état général et dont la cause n’est pas évidente.

Lorsque la cause de l’état fébrile est connue si l’état se prolonge et se maintient stationnaire, malgré la sédation ou la disparition des signes locaux (au cours d’une affection pulmonaire).

Si le traitement d’un état digestif n’amène qu’une amélioration transitoire. n

Chaque fois qu'il existe un état méningé,et même à l’état isolé, des convulsions ou des vomissements ne semblant pas liés directement à l’alimentation.

Dans toutes les cachexies, que l’otite vient compliquer d’une façon à peu près constante.

Chaque fois que l’enfant semble souffrir sans que l’on trouve une cause évidente à sa souffrance et à

l’insommie qu’elle entraîne.

L’oTiTE EST À PEU PRÈS UÉRTAINE.

Dans tous les cas d'infection nasale prononcée, s’accompagnant d’obstruction et de jetage nasal.

Devant ces présomptlions, l'examen médical doit s'orienter spécialement, et entréprendre la recherche méthodique de tous les signes dont peut s’accompagner l’otite latente. F L'inspection révèle fréquemment d’après M. Harré, des alternatives de rougeur et de pâleur de la face, nous n’avons pas personnellement noté ce signe. Par contre, au cours des otites latentes graves, nous avons trouvé ün aspéct assez particulier du pavillon de l'oreille : la conque présente une couleur blafarde, cireuse, $s’arrêtant aux bords de la cavité, toute pression légère laisse persister après elle un fin godet, que l’on ne peut produire à la surface extérieure de la conque. Nous attribuons ce fait à la propagation au delà de l'insertion tympanique, à l’intérieur de la gaine cartilagineuse du conduit, de inflammation et de l’œdème du périoste de la caisse. Très accentué quelquefois il rétrécit alors notablement l’entrée du conduit auditif externe. |

Plus rarement on peut noter, un léger œdème périsauriculaire, avec aspect blafard de la peau, atténuation de la netteté des plis. Chez le nourrisson très jeune, n'ayant éncore que des cheveux très peu développés, ceux-ci au lieu d’être bien obliques par rapport à la surface cutanée sont dressés et

présentent sur la surface voisine de l'oreille un aspect bien particulier.

L'examen sera complété par la recherché des points douloureux à l’exploration. Douleur à la pression du tragus (Vacher) à la traction du pavillon, au simple contact avec la région autrale.

Enfin. l'existence d’adénopathies carotidiennes haut situées nous semble être d’une grande valeur diagnostique, surtout quand les autres régions ganglionnaires sont libres, et qu’il n'existe pas de lésions de voisinage suffisantes pour les expliquer.

Le retentissement ganglionnaire dans l’otite moyenne qui est exceptionnel chez ladulte, nous a semblé très fréquent chez le nourrisson, dont le réseau lymphatique peritympanique est beaucoup plus riche grâce aux afférents qui utilisent des voies scissurales qui plus tard perdront leur importance ou même leur perméabilité.

S'il n'existe pas d’otite, les adénopathies sont dues à une infection rhino-pharyngée sévère et par conséquent susceptible de provoquer d’un moment à l’autre la réaction auriculaire.

L'examen fonctionnel de l'oreille, est, nous l'avons vu, long, difficile et très ingrat chez le nourrisson. Cependant, même réduit à sa plus simple expression, il peut donner des indications précieuses

au médecin.

En dehors des états comateux, l'indifférence ahsolue que semblent opposer certains nourrissons aux excitations venues. du dehors est souvent due à la surdité. Si celle-ci est plus diserète, le médecin

peut, sans se perdre dans de longues recherches, rechercher au moins à l’aide du diapason, si l’audition semble conservée. Un diapason entre 435 V. De et 512 V. D. peut suffire à des indications. Il reste à savoir quelle valeur il est possible dè donner à cet examen sensoriel simplifié

Lorsque le diapason provoque. nettement une réaction à l'excitation des deux côtés, on peut en conclure que l’oreille n’est pas en cause ou au moins d’une façon menaçante. Il faut cependant opérer de telle sorte que seule l’excitation auditive soit entrée en jeu, et éviter soigneusement qu’une impression tactile ou visuelle n’égare pas sur la signification de la réaction.

Quoiqu'il en soit, l’examen clinique et l’examen fonctionnel ne peuvent aboutir qu’à des présomptions.

Dans certains cas, l’examen otoscopique lui-même laisse certains doutes. Aussi M. Renaur, suivi dans cette voie par M. Renpu, propose la ponction exploratrice du tympan, dont ils font le « critère du diagnostic ».

Is utilisent dans ce but la seringue de Gibert, qui dans les cas positifs ramène toujours une quantité de liquide suffisante, pour permettre la constation macroscopique de son existence et son examen cytobactériologique. Nous considérons que cette méthode ne doit pas être employée :

1° parce qu’elle est dangereuse; :

2° parce qu'ellene peut même pas donner la certitude absolue de l’existence de l’otite.

sir CoRR La ponction tympanique est dangereuse.

La situation topographique des fenêtres par rapport à la surface de la membrane du tympan, fait que la pénétration de l'aiguille dans l'oreille interne est toujours possible.

En effet, l'aiguille, qui doit aspirer un liquide épais, doit être assez grosse, l'élasticité du tympan fait qu'après un refoulement momentané de la membrane qui se dérobe, la pénétration se fait ou bien brusquement : la pointe risque de piquer en un point sensible de la paroi interne de la caisse, ou bien ne se fait qu’au moment où le tympan est pris entre la résistance de la paroi interne et la pointe de l’aiguille. Ces deux modes de pénétration rendent possible la blessure de l'oreille interne. Les partisans de la ponction peuvent objecter qu'il est possible de rendre la pénétration facile par un biseau aigu. Celui-ci devrait alors être assez long et tandis que l'extrémité du biseau serait déjà dans la caisse, son extrémité proximale serait encore en dehors du tympan, et l'aspiration intra-tympanique rendue illusoire par cette fuite à l’air libre.

Elle est dangereuse aussi parce qu’elle peut provoquer une otite qui n'existait pas.

Il est universellement admis que l’otite se produit le plus souvent par pénétration dans la caisse, de liquide suffisamment septique. Le mécanisme de cette pénétration est d’autre part bien connu, il se fait par aspiration, quand la résorbsion de l'air contenu dans une caisse mal aérée y diminue la

pression, qui devient ainsi inférieure à la pression atmosphérique. Les dimensions de la trompe chez le nourrisson ne sont pas faites pour diminuer les chances de cette pénétration, lorsque le vide, créé par ja traction sur le piston de la seringue diminue brusquement la pression du contenu tympanique.

Donc l'aspiration à ia seringue, risque de faire pénétrer dans la caisse un peu du muco-pus de la trompe et du rhino pharynx. Si celui-ci est assez virulent, la caisse est ensemencée.

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