CERTITUDE DE L’EXISIENCE D’UNE OTITE
. 1° On sait la texture de la sous-muqueuse du tympan, sa laxité, son épaisseur même en dehors de l’otite, La pointe de l'aiguille peut- fort bien chasser au devant d’elle sans la perforer cette muqueuse sans grande tonicité.
2° Le liquide contenu dans la caisse est quelquefois tellement épais et filant qu’il ne peut pénétrer. dans une pipette de fort calibre malgré l’aspiration, il contient souvent des grumeaux qui peuvent obstruer l'aiguille : la ponction peut être blanche malgré l’existence de liquide dans la caisse.
Les partisans de la ponction tympanique font d'autre part un cerlain nombre de reproches à Ja paracentèse exploratrice : à 1° Elle est souvent refusée par la famille :
Lorsqu'on a fait valoir le danger grave que pré
sente l’otite, les séquelles qu’elle peut laisser à sa suite, l’inocuité absolue de l’ouverture faite dans de bonnes conditions tant au point devue vital qu’au point de vue fonctionnel, la famille épouvantée par l’aiguille à paracentèse ne le sera guère moins par l'aiguille à ponction montée sur une seringue.
2° Le pus est souvent trop visqueux pour sortir par Pétroit orifice de paracentèse. Peut-être, mais en tout contact l'hypertension éventuelle du liquide tympanique, trouvera dans lorifice de paracentèse
un orifice de décharge. Imparfaite comme acte explo-
rateur, la paracentèse aura réalisé le traitement, même si le diagnostic n'avait pas été fait.
3° La paracentèsé peut infecter la caisse. Evidemment si elle n’est pas faite avec une propreté chirurgicale, mais le même reproche peut être fait à la ponction, qui a contre elle en plus la formation d’un excellent milieu de culture par hématome intratympanique dont l’évacuation n’est pas assurée par une ouverture large.
4° On pourrait même reprocher au couteau à paracenlèse de pouvoir aussi bien que l'aiguille à pônction blesser la paroi interné de la caisse. À cette objection, nous opposerons que l'aiguille à paracentèse est à la fois piquante et tranchante. La pénétration se fait en bas, en dehors de la zone dangereuse, l’incision se poursuit en s’éloignant d'elle pre à Pinclinaison du tympan.
Bref dans les cas douteux, nous avons recours à la paracentèse exploratriée. Celle-ci ne nous a jamais donné de déboires. Après la paracentèse blanche
faite aseptiquement, la cicatrisation sou$ un pansement aseptique est très rapide. Quant à l’écoulement apparu quelques heures après la paracentèse nous ne l’attribuons pas à une infection opératoire de la caisse qui aurait demandé plus de temps pour se produire, mais au mécanisme suivant: le contenu liquide mais épais de la caisse, se trouve dans les conditions du contenu d’un tonneau mis en perce sans controuverture de la bonde et en même temps. il ne peut s’épancher tant que les tranches de sections muqueuses œdématiées restent turgescentes et accolées et que la section qu’y produit la paracentèse n’a pas eu le temps d’en diminuer la congestion vasculaire et l’infiltration œdémateuse.
La Radiographie du rocher du nourrisson peut enfin donner un appoint considérable au diagnostic. Mais le nombre très limité de celles que nous avons pu étudier ne nous permet pas d’en tirer une conclusion. E
Enfin dans tous les cas d’otites graves où l'on est en droit de craindre une extension encéphalique, il ne faut jamais négliger les indications que peut donner une ponction lombaire.
Toute réaction cellulaire du liquide céphalo-rachidien doit être considérée comme indice d’une gravité considérable.
La constatation d’uneréaction cellulaire aseptique nous semble une indication formelle de l’antrotomie, même sans signes de mastoïdite.
La purulence du liquide ou la présence de germes ont un pronostic que l’on peut dire fatal, tant est
rapide l’évolution de la méningite chez lenourrisson. Sans être une contre indication formelle à l’intervention, une telle constatation peut permettre la mise au point de la question du pronostic, et éviter d’imputer uniquement à l'intervention tentée en dernier ressort, la mort presque certaine en pareil cas.