RER NE
on doit faire dans tous les cas douteux systématiquement la paracentèse, qui, pratiquée de bonne heure, amène la guérison dans tous les cas positifs et ne laisse pas de suites fâcheuses anatomiques ou fonctionnelles dans les cas négatifs.
La question en restait donclà quand la communication de M. Maurice Renaup à la Société Médicale des Hôpitaux à la fin d'octobre 1921, lui donne un regain d'actualité et fait l’objet de multiples discussions, auxquelles malheureusement aucun otologiste ne prend part. Jusqu'ici reléguée au second plan dans les préoccupations de beaucoup de médecins, Votite prend une importance qui n’est pas sans bouleverser les idées reçues, puisque cette communication débute ainsi : « J'ai acquis dans le courant de ces derniers mois, la certitude que les otites et les suppurations du rocher jouent dans la pathologie du nourrisson, un rôle essentiel, car ce sont elles : qui sont presque exclusivement facteur de mort et ce sont elles que je veux rendre ici responsables de la léthalité de la première enfance. »
M. Renaup s'appuie sur lefait que dans immense majorité des autopsies qu’il a faites à l'Hôpital Bretonneau il a trouvé de graves lésions des rochers, de fréquentes lésions de l’encéphale et des sinus craniens et que «ces lésions étaient les seules qui puissent être considérées comme cause suffisante de mort ». Il met sur le compte de l’otite la grande majorité des états étiquetés jusqu'alors gastro-entérite aiguë, choléra infantile et athrepsie. Les deux premiers cas, imputables aux infections auriculaires
virulenteset brusques, le dernier aux infections plus lentes, point de départ d’une septicémie ou d’une toxémie lente pouvant d’ailleurs être brusquée dans son évolution par un épisode aigu.
Il conclut à la nécessité de l’examen systématique qui permettra de diagnostiquer l’otité, et de la traiter.
Dans des publications postérieures à cette communication, ainsi que dans la thèse d’ARBEzTIER « Sur la fréquence et la gravité de l’otite du nourrisson » qu'ilainspirées pour unelarge part, M. Rexaur entre dans desdétails précis. La moindre rougeurdu tympan même localisée au pourtour de la membrane ou au manche du marteau lui suffit pour poser le diagnostic. Dans les cas douteux, il a recours à la ponction aspiratrice du tympan qu'il considère comme absolument inoffensive. Quant au traitement, il consiste en paracentèses au besoin répétées, qui chaque fois donnent une sédation des symptômes. Si cette thérapeutique ne semble pas donner l'amélioration qu'on en escomptait, M, Renaur a recours à l’antrotomie. Les résultats sont souvent décevants, l’auteur n’incriminant aucunement le terrain, l’état général des patients rend responsable des échecs, uniquement, l'étendue des lésions qu’uneévolution déjà trop prolongée a rendue inaccesibles à toute action chirurgicale.
L'idée de ce travail nous a été suggérée par le résultat d’une autopsie faite à l'Hôpital Bretonneau à la fin de 1921. peu après les communications de
© M. Renaur. Frappé de la fréquence et pour
‘ainsi dire de la constance de ces otites, trouvailles d’autopsie, nous eûmes la curiosité de pratiquer la recherche faite systématiquement sur tant de nourrissons morts d’affections aigués ou chroniques, notamment d’athrepsie, sur un sujet mort rapidement d’une affection chirurgicale, franchement, indiscutablement aiguë. Il s'agissait d’un nourrisson superbe de quatre mois à peu près, opéré une quarantaine d’heures après le début d’accidents d’invagination intestinale et ayant succombé le deuxièmejouar après l'intervention. Les deux caisses du tympan, les deux antres, étaient remplis d'un liquide épais, Jaunâtre, filant, les rochers en paraissaient intimement imbibés. L'examen cyto-bactériologique du liquide ne fut malheureusement pas fait. Aucune discussion ne pouvait être engagée au sujet de la cause de la mort et d’autre part chez un enfant en parfaite santé, quatre jours de maladie n’avaient pu suffire à créer d'énormes lésions des deux rochers.
Ces constatations laissaient entrevoir que la présence de muco-pus dans l'oreille après la mort ne permettait pas d'affirmer toujours la certitude d’une otite etsollcitaientlde nouvelles tentatives de recherches et d'interprétation de cet aspect si particulier du tissu osseux, péri-auriculaire. Notre tâche a été singulièrement facilitée par les conseils que nous a donné notre maître M. Le Mée. Nous tenons à le remercier de la bienveillance qu’il nous à témoignée. Si nous n’entrons pas ici dans le détail de ses publications sur l’otite latente et l’otite méconnue, de ses communications au X° congrès international
PTE
(juillet 1922) et à la Société Belge d’otologie (février 1924), C’est que nous aurons l’occasion au cours de ce travail de le citer textuellement et que d’autre part, la partie otoscopique en a été inpirée par lui et fait de larges emprunts aux travaux dans lesquels il à étudié la question, et qui présentent sous un jour nouveau un sujet Jusque là si obscur.