BRAS
Au point de vue fonctionnel il semble résulter des observations et des expériences que l’on peut extraire l’étrier sans compromettre fatalement le labyrinthe (1), daus certains cas même l'audition aurait été améliorée, nous croyons qu’il est difficile de pouvoir enlever cet osselet quand il est fortement enclavé dans du tissu osseux ou calcaire, le plus souvent on doit en casser les branches et laisser la platine en place. (2) L’extraction de l’étrier est encore une question à l’étude.
Ge Temps. — Libération de la fenétre ronde. — Plusaccessible que Ja fenêtre ovale, on la débarrassera plus facilement des brides, des fongosités qui peuvent en immobiliser la membrane. Nous croyons que l’on n’a pas assez porté l'attention des chirurgiens du côté de cet orifice qui, en raison même de sa situation déclive est exposé à de fréquentes lésions après des catarrhes à répétition ou des suppurations de la caisse.
7e Temps. — Lavage el pansement antiseptique. — Pareille intervention est évidemment pénible et longue à pratiquer en raison de - l’exiguité, de la profondeur du champ opératoire et de l’écoulement de sang dont la moindre goutte arrête le chirurgien. Nous croyons cependant que malgré ces réelles difficultés il faut encore donner le choix à cette vieille méthode quand le conduit est large, l'intervention est plus facilement acceptée que le décollement du pavillon par les méthodes récentes sur
lesquelles nous reviendrons.
1. Th. de Gerardt Straten, Halle Willemberg, 1894. 2, CI. J. Blacke. S/apedeclomies. Société d’otologie américaine. 1893.
Brunel
Quel que soit le procédé employé pour extraire l’appareil de transmission, €é’est encore à l’heure actuelle le seul moyen d’action efficace dans les surdités consécutives, dans les otites moyennes sèches. Presque tous les naladés en retirent un bénéfice plus où moins grand, uu soulagement plus ou moins ‘important. L’audition se trouve toujours améliorée et les bourdonnements s’atténuent ou disparaissent. C’est là un résultat direct, immédiat, pas très brillant quelquefois mais toujours sensible. Malheureusement nos moyens d’action au niveau des fenêtres sont limités en raison même de leur situation anatomique et nous avons vu que Vextraction de Pétrier ankylosé n’est pas toujours suivi d'amélioration de l’audition, il s’en faut ; d’ailleurs la membrane de la fenêtre ovale est presque toujours détruite dans les tentatives d'extraction et ce n’est pas sans inconvénient pour les extrémités du nerf acoustique que s’écoule le liquide labyrinthique. Malgré ces rapports dangereux nous croyons que c’est surtout au niveau de la paroi interne de la caisse que, dans l'avenir, le chirurgien agira d’une façon plus efficace dans les cas de surdité consécutive à dé vieilles otites avec ankylose osseuse de létrier et oblitération de la fenêtre ronde. Sans aller comme la proposé Gellé, jusqu’à pratiquer au niveau du promontoire une fenêtre artificielle qui ferait communiquer la caisse avec la rampe tympanique du limaçon, nous croyons, qu’on pourrait entre la fenêtre ovale et la fenêtre ronde, tenter d'enlever assez de tissu osseux pour n’en laisser qu’une faible lamelle que les ondes sonores pour-
raient facilement traverser.
L'amélioration de l’audition que l’on obtient est-elle définitive et si elle ne l’est pas, combien de temps peut- | elle durer? Question importante dont le malade s’inquiète tout d’abord. Nous croyons difficile d'y répondre parce qu'il est difficile de revoir les malades deux ou trois ans après une intervention, soit que l’amélioration de l’audition ait disparu et que le malade ne veuillé plus se sou: mettre à une nouvelle opération, soit que le résultat reste acquis. Chez tous les malades atteints d’otite moyenne sèche sans participation du labyrinthe que nous avons opérés, nous avons constaté une notable amélioration de audition qui a toujours persisté chez ceux que nous avons pu revoir longtemps après l’opération. L'amélioration a toujours été considérable pour la perception des bruits, alors que l’amélioration de la perception de la voix n'était pas proportionnelle à celle des bruits.
Si cette amélioration diminuait à une époque plus ou moins lointaine de l’intervention, c’est qu’un tissu de cicatrice avait remplacé le tympan et mis obstacle à la transmission des ondes sonores, ce tissu enlevé l’amélioration se manifestait de nouveau. C’est là l'écueil des interventions, car malgré le soin que l’on prend à curetter le cercle tympanal, à enlever le mur de la logette, nous avons presque toujours assisté à la formation d’un tissu de cicatrice.
Les résultats semblent cependant rester acquis chez la plupart des malades, on voit même l’acuité auditive augmenter tous les jours et la perception osseuse, qui avait disparu, réapparaître ; c’est pourquoi nous n’attachons
pas grande importance à la disparition de la perception
cränienne au tic-tac de la montre comme contre-indication d’une intervention.
Nous avons choisi comme exemples les cas qui nous ont paru les plus graves, tant à cause de l’ancienneté de la surdité, qu’en raison de l’absence totale de perception osseuse, qui ont été pronostiqués incurables et chez les-
quels l'amélioration obtenue dure depuis plus d’un an.