SYMPTOMES
Bourdonnements. — Le malade se plaint tout d’abord beaucoup plus de bourdonnements que de surdité. Il ne vient pas trouver le spécialiste parce qu’il est « dur d’oreille » mais parce qu'ila « des bruits dans l'oreille », qui ne lui laissent pas une minute de repos et qui souvent même troublent son sommeil.
Ces bruits, divers suivant les moments, ont commencé il y a plus ou moins longtemps; ils étaient faibles, sourds, intermittents, ne survenant que d’une façon passagère sous une influence quelconque, travail cérébral prolongé, copieux repas, léger coryza. Mais peu à peu, ces bruits ont augmenté d'intensité, sont devenus continuels ne laissant ni trève ni merci au malade et c’est alors seulement que le malade vient consulter.
Ces bruits, que l’on peut ramener presque tous à une sensation de bruissement, sont diversement interprétés par les malades, l’un les compare au roulement d’une voiture, un autre au passage d’un train, celui-ci au murmure de la mer, celui-là au bruit d’un coquillage, d’autres éprouvent la sensation d'un jet de vapeur, d’un bouillonnement, quelquefois encore ils sont synchrônes aux pulsations artérielles. On comprend combien devient pénible
pareille sensation.
Ces bruits débutent le plus souvent au commencement
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de l'affection, ils Sont un avertissement sérieux du mal qui va faire de rapides progrès. Plus la lésion s’accentuera plus les bruits deviendront intenses; aussi dès le début des bourdonnements le médecin doit-il surveiller l'état de la caisse et surtout du rhino-pharynx dont les inflammations se propagent si facilement à la trompe d’Eustache et de là à l’oreille moyenne.
Les bourdonnements dans l’otite sèche relèvent de causes multiples et complexes. Très souvent ils sont produits par l’enfoncement de la platine de l’étrier dans la fenêtre ovale, énfoncemént qui survient lors de la contraction ou de la rétraction du muscle tenseur. Sous cette influence le liquide labyrinthique est soumis à une pression exagérée, pression qui en retentissant sur les éléments nerveux du nerf auditif produit une sensation de bruit, comme la compression du globe oculaire produit une sénsation dé lumière. Le liquide labyrinthique refoulé du côté de là rampe tympanique du limaçon trouve une autre cause deompression au niveau de la fenêtre ronde dont laembrane est souvent altérée dans ses éléments normaux et par cela mêmé devient rigide.
Si l’on songe à la richesse du système nerveux de l’oreille moyenne, on ne peut mettre en doute l’existence de bruits subjectifs d’origine réflexe. L’irritation des branches nerveuses qui forment le plexus tympanique pourra donc se révéler par des phénomènes réflexes, sous forme de bourdonnements, de vomissements, de vertiges, de lourdeur de tête. Et ce qui prouve bien que ces troubles sont sous la dépendance d’une affection de la caisse,
c’est que cette dernière guérie ou améliorée, il se pro-
duit une amélioration concomitante de ces phénomènes nerveux. Les observations semblables à celle publiée par Orne Green (1) sont fréquentes en clinique otologique.
Paracoüsie de Willis. — Ce que remarque encore le malade s’il étudie ses sensations, c’est que les bruits augmentent d'intensité dans la solitude et le silence, qu’au contraire ils diminuent ou disparaissent dans un endroit bruyant et qu’alors il entend mieux. Le malade entend donc mieux au milieu du bruit c’est ce qu’on appelle Paracouste de Willis ou audition paradoxale.
Ce symptôme très netet relativement fréquent n’est pas aisément expliqué. |
Certains auteurs prétendent qu’il n’y a pas audition paradoxale au sens propre du mot mais que, si le sourd entend mieux danslarue, en voiture, en train, c’est qu’en ces endroits on parle plus haut.
D’autres, avec Politzer, Roosa, Burkner, admettent qu'il y a ébranlement des osselets ce qui permet aux ondes sonores d’être mieux transmises. | | D'autres, Gellé, Lewenberg, Urbantschitsch, supposent que dans la paracousie, il se produit une suractivité des extrémités des neurones. L’excitation rend plus complet le contact des extrémités cellulaires discontinues. Toutes ces conditions sont remplies pour que l’ouïe soit améliorée. Les excitations qui, dans les cas d’audition normale, provoquent la fatigue du nerf acoustique, facilitent au
contraire l’audition du paracousique. Il n’y a done pas là