ET DE LA HOLLANDE
Tous les auteurs en lus, soit d' Allemagne ^ soit de Hollande, etc. (Acte I, scène ii.)
Toujours la guerre contre les anciens, leurs sectateurs, admirateurs ou éditeurs. N'oublions pas que nous touchons au- temps où éclosait avec les Trésors des antiquités grecques et romaines, dont nous venons de parler, la précieuse collection d'édition? classiques dite Variorum. C'est là ce que notre auteur appelle dédaigneusement : « réimprimer de vieux livres avec des notes. » Si c'était un ridicule de la part des savants allemands ou hollandais de s'affubler de noms en l'us, qui figuraient mieux au milieu d'un titre latin que leurs noms tudesques ou bataves, il faut avouer que ce ridicule nous frappe peu aujourd'hui et que nul délicat, nul bibliophile surtout, n'a plus
envie de rire ni de Daniel Heinsius, l'illustre professeur et ami d'Antoine Thysius, éditeur de Salluste, Justin, Sénèque, Aulu-Gelle, etc.; ni de Corneille Schrevelius, commentateur de Juvénal, Horace, Virgile, Ovide ; ni de leurs collaborateurs Nicolas Heinsius , Emmenessius, Masvicius, — j'en passe et des meilleurs; — ni bien moins encore de l'antiquaire et professeur Jean-George Graefe {Gvœvius)^ que Perrault semble avoir particulièrement visé, ainsi que la dynastie des Gronov (Gronovius), Jean-Frédéric, le père, Jacques et Laurent, les fils, et même le petit-fils Abraham, le médecin, éditeur des historiens latins et de quelques auteurs grecs. — O dérision du destin! Ce Ch. Perrault, de VAcadémie française, qui se moque si agréablement, en 1691, des savants en jW5qui réimpriment de vieux livres avec des notes, ne vit plus guère aujourd'hui que par sa réimpression des vieux Contes de ma mère VOie; et c'est VAcadémie des Bibliophiles, dont la mission est précisément de « réimprimer de vieux livres avec des notes », qui met au jour pour la première fois son Oublieux, après cent soixante-dixsept ans de limbes préalables !
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