ÉTUDES ARCHÉOLOGIQUES SUR LES CLOCHES
// m'envoie en même temps le nom de toutes les cloches de la ville de Rouen avec les noms de leurs parrains, etc. (Acte I, scène iv.)
Ceci fait évidemment allusion à quelque ménnoire archéologique sur les cloches des innombrables paroisses et couvents de la capitale de la Normandie, publié sans doute dans ce temps-là ou soumis aux suffrages d'une académie quelconque. Nous l'avons cherché sans succès. Le ■commentaire d^Angelicus Rocca : De campanis et horologiis, publié à Rome en 1616, pas plus que le Traité des cloches de J. B. Thiers, composé peut-être dès lors, mais pubhé seulement en 1721, après la mort de l'auteur, ne sauraient tomber sous le coup de cette satire. Ils s'en tiennent l'un et l'autre à des considérations plus générales
et ne s'occupent point des cérémonies du baptême. L'opuscule suivant justifierait assez bien la critique de Perrault, mais sa date prouve qu'en tout cas notre auteur ne put avoir en vue que les sources, peut-être, auxquelles ledit opuscule s'était inspiré : Recueil curieux et édifiant sur les cloches de VÉglise, avec les cérémonies de leur bénédiction, etc., 1757. Nous y lisons, page 4 : « La « grosse cloche de Rouen pèse 40,000 liv. et «< s'appelle George d'Amboise. D'autres ne disent « que 3o,ooo liv., comme le portent les vers lace tins qu'on lit dessus. Dans la Description géo- « graphique de la haute Normandie^ on marque « qu'elle a 10 pieds de hauteur, y compris les « anses, et qu'elle pèse 36, 000 liv. Elle fut fondue « le 2 août i5oi; son battant est de 710 liv., sa « circonférence de 3o pieds et son diamètre de « 8 pieds 1/3, » etc. (Le Recueil édifiant a été mal édifié, ou bien Georges d'Amboise a été mal moulée, car ce rapport de la circonférence au diamètre n'est point conforme à la formule mathématique 7t = 3,141.)
La lecture de ce petit traité est assez réjouissante, surtout au chapitre X : Pourquoi on bénit les cloches, vu que sans cela elles pourraient servir aux mêmes usages^ et ce qu'opère de particulier cette cérémonie. Chap. XI : De V usage d'imposer un nom aux cloches en les bénissant, et pourquoi on choisit à cet effet des parains et maraines. On y apprend que le baptême donne aux cloches
le privilège de « toucher les cœurs aussi bien que les oreilles, de chasser les démons, d'apaiser les orages, de détourner le tonnerre et la grêle, » etc. Tous les collectionneurs parisiens connaissent la curieuse brochure : Ordre des cérémonies qui doivent être observées pour la bénédiction d'une cloche en Véglise Saint-Jacques-la-Boucherie, etc.,