‹ L'Ouest canadien et le Jukon [sic]Chapitre 6 sur 11 · DES CAPITAUX · texte numérisé non relu

DES CAPITAUX

Autant il faut se tenir sur la réserve quand il s'agit d'émigration individuelle, autant on ne doit pas craindre de signaler aux capitaux les pays où ils peuvent s'employer avantageusement.

Pourquoi ? Parce que, tandis que le colon ne doit compter que sur lui-même et sur son expérience pour employer ses ressources, que cet apprentissage d'un pays nouveau peut lui coûter très cher, lui coûter tout ce qu'il a, et le laisser ensuite désemparé, il en est autrement des capitaux.

Ceux-ci, quelle que soit l'entreprise à laquelle ils sont destinés, peuvent toujours trouver non seulement des « capacités » pour les diriger, mais également a l'expérience )) indispensable pour les guider.

Je m'explique : supposons une société qui veuille s'engager en Canada. Elle trouvera facilement, en France au besoin, des personnes très capables pour le genre d'entreprise qu'elle a en vue. Mais qui pourra décider de l'opportunité d'engager cette entreprise dans le pays où elle doit l'être, sinon des gens ayant acquis par la pratique la connaissance approfondie de ce même pays, connaissance qu'un simple voyage ou un court séjour ne sauraient donner. Le succès d'une affaire dépend avant tout de l'idée créatrice et du moment propice pour l'en -

gager, ensuite seulement de la manière de la diriger, car, si cette dernière peut se modifier, les premières conditions rendent la réussite^impossible, si elles ont été mauvaises.

Or, il est généralement facile à une société de trouver des personnes de confiance ayant fait cet apprentissage indispensable. Dans le cas contraire, ses moyens lui permettent d'attendre que ceux qui devront manœuvrer ses capitaux aient eux-mêmes acquis, avant de les engager, une expérience que le temps seul peut donner. Agir autrement est souvent une cause d'échec, comme nous en verrons un exemple à propos du Klondike.

Ceci dit, le Canada offre, pour employer des capitaux, aussi bien dans l'Est que dans l'Ouest, de nombreux moyens que le court aperçu que j'en ai donné a fait entrevoir.

Je me bornerai à signaler, dans cet ouvrage, les entreprises minières qui peuvent être immédiatement engagées au Jukon. Les précautions que j'indique pour en assurer le plus possible le succès peuvent s'adapter à presque toutes les autres entreprises.

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