LES MÊMES, GERVAIS
GERVAIS, éperdu, son falot à la main.
Maîtresse, les barques, les barques... Neuf seulement sont revenues. Les autres ont coulé, tous les hommes
sont morts! (il pose son falot par terre, près du corps de Landry, qu’il ne voit pas.)
LES FEMMES, au dehors.
0 Dieu de bonté et de miséricorde, tu m’as pris mon enfant, tu m’as pris mou époux, tu m’as pris mon père, tu m’as pris mon frère ! Et que ton vent de désastre te porte nos sanglots, ô Dieu de bonté et de miséricorde !
GERVAIS
O Dieu de bonté et de miséricorde, comme tu m’avais pris leur père, mon fils, tu me prends mon Pierre et mon Jacques, mes deux chers petits-fils! Et je n’ai plus personne qui m’aime, ô Dieu de bonté et de miséricorde! (Apercevant le corps de Landry.) Lui aussi, lUOrt ! le patron Landry !
MARIANNE, farouche.
Ce n’est pas moi qui l’ai tué, c’est l’ouragan... (La tem-
pète entre plus violente par la porte ouverte. La lampe s’éteint, la scène n'est plus éclairés que par le falot, posé près du corps. ) Fermez, fermez la porte ! le vent vient de souffler la lampe.
Rideau '