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CHAPITRE XI

LES OBLATS DU TEMISCAMINGUE

Sur les bords d'une étroite et courte passe que forment les eaux du Témiscamingue en se rétrécissant en aval de la baie des Pères, s'élève une maison dont la modeste structure en bois peint,

les dépendances et l'entourage respirent le calme profond et la tranquilité pieuse d’une asile où d'un cloître isolé.

Cette maison, c'est la Mission des Oblats, qui, pendant de longues années et jusqu'à hier encore, a été, avec le poste de la Compagnie de la baie d'Hudson situé en face, de l'autre côté de la passe, la seule habitation de tout le pays de Témiscamingue,

En face de la Mission, le lac, s'évasant tout à coup de nouveau, s'ouvre en une large baie d'un ovale si parfait, d’un dessin si harmonieux qu'on dirait une coupe creusée et arrondie avec une précaution minutieuse par la main du temps.

Un silence, un recueillement, qui semblent imposés par quelque divinité invisible, règnent sur toute la nature environnante, au sein des bois assoupis,. sur da croupe onduleuse des coteaux, et jusque dans le balancement attentif et retenu du lac.

Partout au Join la plage est muette, baignée par des flots d'azur qui s'appellent et se suivent les uns les autres comme des caresses, et par les flots d'or äu soleil éclatant au milieu d'un ciel sans nuages.

Ga et là, à moitié cachée dans les buissons ou émergeant de quelque ravine à peine dessinée, apparaît une cabane d’Indien, avec son toit d’écorce et sa

cheminée fumante.

Les cabanes sont au nombre d'une vingtaine, et renferment la population sauvage que les Oblats ont évangélisée et arrêtée auprès d'eux. De temps en temps, des enfants deminus courent sur le rivage, en jouant et s’ébattant ensemble ; des squawrs, enveloppées dans leurs couvertes, s'acheminent vers la Mission pour y chercher quelque conseil ou quelque secours ; un canot débouche brusquement de la passe et vient s'attacher au petit chevalet en billots et en planches qui sert de quai, ou bien l'on voit quelqu'un des Pères se promener lentement dans le petit jardin attenant à la Mission, ou monter, recueilli la colline

voisine, pour aller réciter son bréviaire à l'ombre des grands arbres qui la couronner

Rien w'est plus beau, rien n'est plus chatment, plus parfait dans les détails et dans l'ensemble, que le panorama qui, du haut de cette colline, se déroule sous le regard enchanté. L'utmosphère est limpide, lumineuse. On aperçoit, d'un côté, dans un lointain éclatant, jusqu'à l'extrémité même du. lac, tout le détail des rivages, des futaies, où l'ombre et la lumière se combattent, des pointes et des baies, qui se succèdent en diminuant graduellement, mais sans rien perdre de la netteté et de la grâce de leurs formes ; et, de l'autre, la ravissante baie qui se développe comme une une gigantesque en face de la Mission, et dont l'eau est si profonde, qu'à quelques pas seulement de la rive, on pourrait mouiller les navires réunis des plus grandes marines du monde.

C'est sur cette colline que se fait chaque an le quinze août, la grande procession religieuse des Indiens.

Qui n'a pas été témoin de cette solennité n'a pas une idée complète du sentiment et de la piété naïve de,ces enfants de la mature. Le quinze août est leur fête à eux, le jour où les Indiens, dans toute l'Amérique

du Noid, assemblent pour remplir en commun leur devoirs religieux, à quelque mission qu'ils appar-

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jusqu'au voisinage de la baie d'Hudson !

Dès le point du jour, ile arrivent ici en foule dans deurs canots, avee leurs femmes et leurs enfants, déj attifés de leurs costumes pittoresques et multicolores, et se répandent de tous côtés, envahissant là Mission, s’abordant, se questionnant, se demandant mille choses, mais sans tumulte, sans bruit, avec une étrange tempérance de mouvements—ca l’Indie sobre de gestes et de paroles,—pendant que tout auttour d'eux court ce murmure d'allégresse qui semble chanter dans l'air, que sur la plage arrivent incessamment de nouveaux canots, que le va-et-vient ne cesse pas et que les apprêts les plus chatoyants, les plus pompeux, se font pour l'unique et touchante

eérémonie

n est

s seulement les Indiens qui sont

les colons des endroits les plus z nombreux ; si tranquille

Et ce ne sont p venus, mais encor reculés, des voyageurs, quelquefois a eù sorte que ce rivage, la veille encore et si désert, se voit imondé aujourd'hui par une fonle bariolée, revêtne de tous les costumes et présentant les aspects les plus divers et les plus bizarres.

La petite cloche de la chapelle fait entendre son. earillon grêle. La fonle entière, recueillie, muette, s'avance comme une longue vague vers l'humble sanctuaire que l'on apercoit à cent pas en arrière du

monastère, et que l'on a entouré et décoré de tout ce que la piété ingénue et les modiques ressources d'un pareil lieu peuvent offrir pour un jour de grande solennité, Les sons de l'harmonium, que presse un frère convers, envahissent et font trembler la voûte du fragile édifice, pendant que des centaines de voix répoudent à la voix du prêtre qui vient d’entonner la grand'messe,

Tous n'ont pu trouver place dans l'étroit intérieur, mais tous sont présents d'esprit à l'autel et tous pen vententendre les deux sermons, qui sont prêchés, l'an en algonquin pour les sauvages, et l'autre en français pour les colons. Puis, ln messe finie, l'assistance s'ébranle ; chacun prend rang pour la procession qui va commencer aussitôt, bannières déployées, sur un chemin jonché de fleurs, les petites filles en tête suivies par les femmes, celles-ci par les garçons, ct les hommes venant en dernier lieu, précédant l'évêque, qui porte le Saint Sacrement sous un dais soutenu par quatre porteurs. On gravit lentement le large sentier ouvert par les Oblats sur le flanc de la colline, et que borde, d'un côté, une haie touffue d'érables, et, de l’autre, une ceinture d'énormes rochers roulés, assujétis et retenus les uns à côté des autres par un prodige de travail, d'audace et de persévérancs

Parvenue au sommet de la colline, la procession

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L'OUTAOTAIS SUPÉRIEUR

fait halte, et se groupe autour d'un massif de verdure où l'on a dressé un oratoire, chargé, comme la chapelle, d'ornements aux couleurs les plus vives et les plus éclatantes, afin de mieux saisir l'imagination grossière des-ndiens, Un immense chant, poussé par cinq cents poitrines, va fmpper les échos sonores qui s'éveillent et se poursuivent les uns les autres jasqu'à leurs plus lointaines retraites. Pas une voix qui ne se fasse entendre ; pas une âme humaine qui ne soit là attentive, L'évêque, debout sur les marches de l'oratoire, se tourne vers la foule. Il élève les bras au-dessus de sa tête, dessine dans les cieux avec l'ostensoir le signe rédempteur ét prononce Ja bénéäiction divine, à laquelle répond le “ Laudate Deum,” entonné par les fidèles. Puis, les derniers actes de Ja cérémonie s'accomplissent, la foule murmure un dernier chant en redescendant la colline, et bientôt on la voit se répandre de nouveau sur la plage, dans la maison des Pères et dans les wigwams, mais cette fois bruyante, animée, transportée d'enthousiasme et songeant déjà aux longs récits que chacun fera de retour aux foyers lointains.

Bien avant les Oblats, les Jésuites avaient évangélisé les Indiens du pays de l'Outaouais et de l'Abitübi à la baie d'Hudson, ce qui leur faisait une

étendue à parcourir de plus de ein cents lieues carrées, au sein de contrée absolument sauvages et sans autre véhieule que le canot d'écorce. Il serait puéril de faire remarquer ce qu'un pareil apostolat renfermait de périls, de privations de toute nature, de souffrances physiques et morales au-dessus des forces purement humaines, et combien il exigeait d'abnégation, d’oubli de soi-même, de dévouement infini. Les Jésuites disparus du Canada, les Indiens étaient restés privés de celui qui répand la lumière,” comme ils appellent le missionnaire.

Eu 1836, unsulpicien du lacdes Deux-Montagnes, M. Charles Bellefeuille, se rendit le premier au Témiscamingue pour y exercer le ministère d'apôtre, Il y retourna pendant quatre années consécutives, jusqu'à

ce qu'il fût remplacé, en 1839, par M. Poiré, qui devait être un jour supérieur du collége naissant de int-Anne-la-Pocatière.

En 1841, M. Poiré cédait la place à M. Moreau, devenu dans la suite vicaire général ; et deux ans plus tard, arrivait à son tour le premier oblat missionnaire, le Père Laverlochère, un homme dont le souvenir est impérissable et qui fut le symbole de la vertu héroïque, de la charité inépuisable, de l'éloquence passionnée qui ouvre toutes grandes les portes du ciel et y pousse les âmes dans les transports du repentir et de l'espérance.

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Le Père Laverlochère avait à peine trente ans Torsqu'il arriva an Témiscamingue, et pendant quarante ans il y a exercé un apostolat infatigable, dont le digne couronnement a été une mort causée par les ans nombre endurées dans ses courses interminables et par les maladies qu'il ÿ avait contractées,

fatigues, les mis

Les missions d'aujourd'hui, quelque pénibles qu'elles soient, offrent au moins çà et là des asiles et de nombreuses ressources. Sur une grande étendue de pays la civilisation a remplacé le désert, les cor munieations se sont énormément développées, les routes et même les chemins de fer ont percé en maint endroit ce qui n'était jadis que la forêt ou la montagne, les colonies se sont avancées au Join, bien loin dans la solitude, les bateaux à vapeur sillonnent des rivières et des lacs encore fort peu connus, Y'homme enfin pénètre partout ét partout plante sa tente; de plus, les missions sont régularisées ; elles ne durent que de mai à septembre pour les voyages, et l'hiver, elles se font dans les chantiers avoisinauts où travaillent les bûcherons; elles sont en outre subdivisées ; ainsi, dans l'Outaouais supérieur, on en compte trois, celle de Pembroke, celle de Mattawan et celle de Témiscamingue; mais il ÿ a à peine un quart de siècle, pas duvantage, on ne connaissait pas

d'autre mission à l'ouest du lac des Deux-Montam

gnes que celle des “ pays d'en haut, ” laquelle com. prenait tout le territoire de l'Outaouais et celui de T'Abittibi, et le Père Laverlochère, pour s'y transporter à partir de Montréal, prenait à Lachine un des grands canots chargés de provisions de la Compagnie de la baie d'Hudson et remontait ainsi jusqu’à la baie d'Hudson elle-même, à force d’aviron, en parcourant sur l'eau une distance de près de sept cents milles et en faisant d'innombrables portages. On s'arrétait pour se reposer et se ravitailler aux quelques rares postes de la compagnie échelonnés sur ce long parcours; on y rassemblait les Indiens pour les catéchiser, et la mission terminée, on repartait pour la inission suivante, à travers un pays sans autre res-

source que la chasse et la pêche, les dernières habitations se trouvant alors au rapide des Jouchins, sur TOutaouais, à deux cents milles seulement de Montréal.

Le 14 octobre 1863, arrivèrent au Témiscaningue les Pères Pian, Lebret et Mourier. Ils trouvèrent un misérable “chantier” sur l'emplacement où ils devaient construire plus tard la maison actuelle des Oblats. De suite ils se mirent à l'œuvre. Il fallait avoir au plus vite une habitation au moins couverte ét protégée contre les imtempéries. Ils travaillèrent de leurs propres mains, abattant les atbres sur la colline voisine et les tirant au bus à l'aide de

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cibles. Puisils les équarrirent et les façonnèrent tant bien que mal pour les mettre en charpente. Tout l'hiver, comme les années suivantes, ils 8e nourrirent uniquement de poisson et de lièvres. Il leur fallait faire les ouvrages les plus grossiers et les plus vulgaires, étant. leurs seuls ouvriers et leurs propres serviteurs. Enfin, au bout de quelques mois, ils avaient réussi à construire un semblant d'habitation qui devait recevoir avec le temps de nombreux agrandissements et améliorations.

« Nous sommes entrés dans notre nouvelle demeure, écrivit alors le Père Pian. Pour tout meuble nous wavons qu'un banc; nous couchons sur le plancher, les yeux tournés vers la cheminée, sans crainte de faire une chute. Si sainte Thérèse visitait notre maison, elle n’ trouverait certainement. rien de contraire à la pauvreté.”

Comme on le voit, ces commencements furent pins que modestes, et rien n'aurait pu. faire présager alors, dans linforme toit élevé à la hâte et par des mains inhabiles, sur les bords d'un lac désert, l'important établissement qu'allait devenir en peu d'années la Mission des Oblats du Témiscamingae. Personne n'eût osé rêver alors les transformations qui se sont necomplies dans l'ouest de la province et qui ont révolntionné au point de permettre à cet asile obscur, ignoré et si lointain, de se métamorphoser

sitôt en un foyer, puis en un centre de colonisation aussi vaste qu'inattendue. Personne n'eût 056 croire que les successeurs des Pères Pian, Lebretet Mourier marcheraient bientôt à la tête d’une civilisation pour ainsi dire improvisé en pleine solitude, et deviendraient une puissante compagnie servant de ralliement, de guide et d'exemple à toute une population nouvelle, qui s'avance à pas de géant et s'établit dans V'ouest pour y former une forteresse inexpugnable de notre nationalité,

A cette époque commençaient en même temps les chantiers ” dans la région du Témiscamingue ét les premiers bûcherons y pénétraient. L'année qui euivit l'installation des Pères, Mgr Guigues, évêque d'Ottawa, y ft une visite pastorale, et deux années plus tard, en 1866, arrivaient à la Mission deux révérendes Sœurs Grises pour aider les religieux dans leurs travaux, soigner les malades, recueillir les or. phelins et donner des rudiments d'éducation aux jeunes sauvages.

Ces deux religieuses s'appelaïent sœur Raizenne, la supérieure, et sœur Vincent. Les Pères avaient eu soin de construire, pour les recevoir, un hôpital à

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côté de leur habitation. Huit mois plus tard, une autre religieuse, la sœur Saint-Antoine venait les rejoindre, et depuis lors, elles onttonjours été trois à Ta Mission, accomplissant une œuvre admirable de charité, d'enseiguement et de moralisation,

T1 y a un quart de siècle, les Indiens étaient beau coup plus nombreux au Témiscamingue, comme dans le reste dela province d'ailleurs, qu'ils ne le sont aujourd'hui. Quand ils ne parcouraient pas la forêt, À le pomsuite des animaux à fourrures, ils se temuient en partie auprès du poste de la Compagnie de la baie d'Hudson établi en face de la Mission, de Vautre côté de la passe. Ils habitaient au hasard, dis séminés sur les deux rives, tandis qu'il n'y avait qu'un seul Canadien-Français, vivant dans une loge forestière, à six milles plus bas.

Les pauvres Indiens ne peuvent pas résister en

éseuce de la civilisation ; il faut qu'ils disparais- Font devant elle ou qu'ils meurent. Aussi les voit-on s'éloigner et diminuer en nombre de plus en plus. Leurs pénates sont légers À transporter, et, naturelle ment nomades, ils se fixent indifféremment. dans un ion ou dans un autre, pourvu qu'ils aient leurs lacs <et leurs forêts pour champ de course.

Ce sont tous d'excellents chrétiens, très dociles,

aimant beaucoup leurs mi “cérémonies du culte : mais on ne peut leur ensoigner

les vérités élémentaires de la religion qu'au moyen d'images sensibles, car ils ne comprennent absolument que ce qui tombe sous les sens, ce qui se voit ou se touche. Il est extrêmement difficile de leur faire exécuter des travaux manuels ; ils détestent de manier la hache et les instruments agricoles ; ce sont de grands enfants parvenus à l'âge d'homme, qui vivent au milieu d'un monde étranger dont ils ne peuvent prendre ni le tempérament ni les habitudes, xl comprendre la marche ascendante vers des con ditions d'existence sans cesse améliorées. Leur can deur et leur honnêteté sont touchantes ; l'enfant de la nature ne connaît pas les artifices de la civilisaion ; aussi les employés de la Compagnie de la baie d'Hudson aiment-ils mieux trafiquer avec les Indiens qui vivent au loïn qu'avec ceux qui sont en contact fréquent avec les blancs ; ils redoutent bien moins de les voir recourir aux mille petits stratagèmes, aux mille petites ruses communément admises et tolé rées dans les relations du trafic

4 Gôtie hounôteté, dit un voyageur, les acoupagne jusque dans Les bois et leur fit respsoter les caches de vivres qu'ils trouvent au cours de leurs chasses. Si vous redoutez quelques déprédatious, ils ne manquent pas de vous dire: Ne cruiguez rien, il ne passe pas de blanes io.” (1)

(A) Quand un Indien va à le chasse aux animaux à fourrures, il ue tous ceux qu'il peut atteindre, en rsrmble les peaux dans une écorce de bouleau, les mét eu paquet dans une ezche, à

oyen soluvoit leur at de sont qui s ne ads, con can it de lisabaie liens atact soins mes, tolé.

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Tel était l'honnête et docile petit troupeau d'âmes que les Pères Oblats et les Sœurs Grises allaient être chargés d'enseigner et de diriger. Ces natures simples et incultes avaient bescin des premiers rudiments de Véducation pour les choses les plus ordinaires. La sœur Raizenne ouvrit sans retard une classe, et elleet ses compagnes recueillirent des orphelins et des malades dans l'hôpital, formèrent de bonnes mères de famille, de bonnes femmes de inénage, auxquelles elles ensoignèrent tous les travaux utiles, pendant que, de leur côté, les Pères enseignaient aux hommes à cultiver la terre.

Non seulement les sœurs soïguaient les malades à Yhôpital, mais encore les visitaient dans leurs wig-

vwams, assistaient les pauvres et füisaient la classe aux petits garçons et aux pétites filles. On pourra juger de leur œuvre par le tableau suivant que l'au-

M'abri de tous es regurds, et va les y chercher ensuite quand il retourne à son wiswam. S'il arrive à un autre chasseur de décourir par hasard la endhe et de. voir le paquet de peaux, il doit le rendre et le porter an premier poste, de peur qu'il ue sit volé où surpris par exemple par les caresjous, les plus avides et les plus rasés des animaux,

Plus tard l'Indien qui a trouvé sa euche dépouillée se rend au poste et demand ai l'on n'a rieu déposé qui lui appartienve, et il doune le description et les indications nécessuires. Le commis cherche, examine et il découvre le paquet, il faut voie l'lndien donner out à s08 transports À

tr a reeneilli dns le registre même tenu quotidiennement par sœur Raizenne, la supérieure

De 1866 à 1874.

Mulndes soignés à l'hôpital.

Pauvres assistés.

Orphelins recueillis Petites filles instruites, Garçons “

Malades soignés à l'hôpital. 156 Visités 258 Pauvres as 381 Orphelins recueillis. 50 Petites filles instraites.…... 415 Garçons Gr 254 Le nombre des enfants qui suivaient la classe était en moyenne par année de quarante garçons et de trente filles; mais ce nombre était néanmoins très irrégulier, à cause des habitudes nomades dos Indiens.

Avec le temps, grâce à l'économie, au travail des religieux et des religieuses, la maison, l'hôpital et tout l'entourage avaient changé de physionomie et

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singulièrement progressé. Des cultures s'étaient faites, On avait élevé du bétail, des porcs, des volailles. On avait rendu la maison relativement confortable et spacieuse. Les Sœurs avaient cultivé de leurs propres mains un jardin qui régulièrement leur donnait de bons produits. Elles avaient planté des arbres fruitiers, du houblon, toute sorte de légumes et même des vigues, ét avaient entouré leur jacdin d'une jolie ceinture d'érables à giguère. On avait aussi un champ de pommes de terre et un autre de mais, et c'était le seul endroit, dans tout le pays de Témiseamingne, jusque tout récemment encore, où Ton pôt se proeurer de la viande fraîche, du lait, du Veurre et des légumes. Les Pères faisaient travailler tous ceux qui s'offraient à eux, et ilsavaient tonjours

quelque ouvrage utile à faire exécuter. C'est ainsi que le Père Paradis, (1) venu beancoup plus tard, avait réussi à dresser une énorme muraille de rochers pour border le flanc de la colline, en amière de la Mission, et à construire un tramway pour transporter le sable qui servait à faire le mortier. D'autres religieux étaient venus s'adjoindre aux fondateurs ou

les remplacer ; et enfin, les frères convers, ces auxi Tiaires précieux des communautés, étaient venus à leur tour remplacer les Pères dans tous les travaux manuels et grossiers, L'un d'eux, le frère Lapointe,

QG) Celui dont il a été question dans Je cours de est ouvrage.

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improvisé menuisier et couvreur à la fois, avait constrait la petite chapelle de la Mission et avait trouvé le moyen d'enseigner ce dernier métier à un homme qui devait plus tard faire le toit du nouveau monastère des Oblats à la baie des Pères.

On ne saurait trop dire ce que ces obseurs et 10bustes frères convers ont fait de travaux importants, indispensables,mais souvent presque impossibles, dans l'édification de la prospérité grandissante des Oblats. Ainsi, longtemps, ils ont transporté des provisions sur leur dos depuis Mattawa jusqu'à la mission, et quand il a fallu avoir recours à des ouvriers spéciaux, à des artistes même, à des musiciens et à des peintres, c'est en eux que les Pères ont eu la bonne fortune de les trouver. Avec cela, leur vie en est une tout entière d'effacement, d'impersonnalité et de sacrifice. Llsne sont rien par eux-mêmes ni pour eux-mêmes ; leur nom ne paraît jamais dans l'œuvre accomplie, et ils ne cherchent pas non plus à le faire paraître ; qu'au moins il soit fait mention d'eux dans ce livre où l'on raconte des commencements humbles, des œuvres eourageuses et ignorées, et où l'on ouvre une petite porte dans l'histoire à des hommes qui mériteraient mieux que le souvenir inscrit par notre plume.

L'OUTAOUAIS SURÉRIEUR

En juillet 1887, l'auteur de ce livre fit un voyage au Témiscamingne et passa trois jours à la Mission pour y prendre ses notes. Il n'y avait à que le Père. Fafard, l'économe, et les deux sœurs Raizenne et Vincent. Des deux autres religieux qui, seuls avec 1e Père Fafurd, composaient le personnel de la Mission, Vun était parti pour Ottawa, l'autre pour porter les secours de son ministère à des Indiens éloignés. Déjà l'on songenit alors aux préparatifs de départ pour la Baie des Pères, où les religieux faisaient construire un monastère, un hôpital et une église en pierre. Le déménagement devait avoir lieu à l'automne, ét la mission proprement dite devait être transportée à la tête du lac. Les Pères parlaient encore de fonder à la Baie un couvent et un collége, et il n'y a pas de donte que ce projet ne soit mis avant longtemps à exécution, parce qu'il répondra à un besoin incontestable dans ce pays si éloigné ét qui progresse si rapidement,

En se transportant à la Baie des Pères, les Oblats suivent le mouvement de la colonisation et du commerce qui se porte dans cette direction, et pour les quels la baie offre un débouché commode et rappro-

ché. C'est ici Je centre des affaires, le point de départ et d'amivée de l'élégant et rapide bateau À vapeur Minerve, qui fait un service régulier, deux fois par semaine, d’un bout à l'autre du lac. C'est ici qu'est le bureau de poste pour toute la région du Témiscamingue, et l'entrepôt général pour l'approvisionnement des eolons et des chantiers; c'est ici que se sont établies les industries naissantes et que se groupenttous ceux, marchands, industriels, ortisans où autres, qui veulent tenter une fortune nouvelle et qui ont fairé l'avenir. Et cependant il n'y avait absolument à la baie, il ÿ a trois ans à peine, que la ferme des Oblats et celle d'un vieux “squatter” irlandais, du nom de Kelly, établi dans cet endroit depuis une vingtaine d'années.

Cette ferme des Oblats est considérable, elle oceupe presque tout le fond de la baie et s'étend à plusieurs centaines d'arpents en arrière. En outre, les Pères possèdent une bonne partie du littoral et toute l'extrémité supérieure de la baie, qui s'appelle la “ Pointe au Vin.” On dit qu'autrefois la Compaguie de la baie d'Hudson vendait du whisky aux

sauvages ; mais comme ce trafic homicide était prohibé dans les environs du poste, À eause du désordre et des rixes qu'il occasionnait, les sauvages avaient pris l'habitude de se rendre à la pointe pour y rencontrer les sous-employés de la compagnie qui leur

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