‹ L'Outaouais supérieur (volume 2)Chapitre 4 sur 51 · CHAPITRE it · texte numérisé non relu

CHAPITRE it

Ne de l'Outaouais supérieur s'étend, dens € de Québec, depuis le versant oriental du Va rivière Gutincan jusqu'à In téte du Inc Téiscamingue, à la ligne qui sépare en cu endroit otre provinos de elle d'Ontar Cette étendue renferme ue rgeur extrême de 180 milles de l'est à l'ouest, et une profondenr de eux couts milles de la soures à l'embouchure de la (Gatinean. La partie sptentriontle n'en est pus enoore exactement délimitée ; et jusqu'à ce que là position A la igne de partage des eaux de lOurmouais et de ln baie d'Huclson soi bian détermiuée par des explorations scientifiques, on ne peut qu'évaluer approxi-

mativement le superficie du lassin supérieur de

l'Outaouais, dans Ia province de À Qué 100

on L'ovraotais sopéarr

anilles en chifies ronds, et à 18,000 milles a partie comprise dans Ja provines d'Ontari.

Outre des afents considérables, comme la rivière + du Moine, ls Noire ét Je Conlonge que nous avons meutiounées précédemment, l'Ontaomais supérieur recoit enonre par sa rive orientale les eaux de Le vi vière Keuppava et de la rivière des Quinze, toutes deux servent d'isenes aux lacs dont elles portent les

ns. Cette dernière débouche à la tête du lac vingue, tout près de le ligne de séparation des provinces d'Ontaro et de Quétue, à 42 milles au sud de la hauteur des tarres "et à 34 milles au sud du 48e degré de lutte nord Qunat aux afluents qui, placés au-dessus, coulent en haut du Je Téanis ee sont bien peu nombreux, sans inportance 41, du réste, imparfaits

La qualité du sel de l'Ou sieur est

très difficile à établir, attendu qwlle varie beuconp

mais où n'évalue qus néanmoins à plus 8,000 milles carrés l'étendue des terres absolument iraproduetives

L'ovraouus suPéREUR

Cette région dans lagnelle nons allons pénétrer, a remontant le cours de lOntaonais, depuis L upitle fédérale jusqu'à le petite ville de Mattawu, deux cents milles plus haut, ne date guère que d'un quart de siècle dans l'histoire de Ia colonisation, Alle tai, y a vingécing ans, absolument sauvage, couverte d'admirables forêts, où, seuls, lee Indiens eù Les bâcherons avaient encore pénétré ; avec elle com. mençait ce qu'on appalait alors Les pays d'en haut”, qui d'étendaient jusqu'à l'extrème Nord-Ouest, at pied des montagues Rocheuses. La légende en avait fait une contrée redoutable, et l'imagination était terriiée an récit des batailles cunglantes que sy ivraient les hommes de chantier aypartenant À des nationalités différentes et divisés en autant de camps etes. «L'homme de onge” de entte époque repré. sentait assez bien une espes de desporado, placé volontairement et par babibude hors la lo, un type

excsptionnel que son enraetère farouche êt ses murs

violentes avaient rendu la torreur des paisibles habi tants des anciennes cumpagess, 11 m'ouvrait là bouche que pour faire entendre les plua cfroyables juroms et il me levait le bras que pour frapper ; il

v6 L'ovraovas sursReuR

n'avait ui rligion, ni famille, ni demeure arrêtée. On Le voyait descendre, à cutaines époques de l'année, sur les rombreux Uainé de bois. (eommunément appelés euges qui alors sillonnaient le grande rivière * de lOutaonas et Saint-Laur ea ré sauce était Je signal du récit cfiyants, gross À chaque purge ct deveuns l'épouran «fl persuasion, aux imptisentes exhorui mères € des bonnes à la main trop dou

La capitale fédérale elle-même, qui compte aujour. hui plus de rante mile hubiants, six lignes chemius de fr, des édifices somptueux, des mont ments, ds pures, des anges rues bondées de riches Hôtel de premier andre ut jusqu'à des restaurants où A1 est possible de trouver da ea potable, s'était alors,

commerçant de bois de l'époque, qu'un vaste entre.

yôt de provisions pour les hommes de chantier ét le

fants, comparées aux merveilleuses scieries de nos jours, qui détitent plusieurs centaines de millions de pieds de bois tons Les ans.

Ga été le privilége dus deux plus grandes vallées de nou pays, colle du lac Saint-Jeun et celle de V'Oataoaais, d'avoir eu un développement ausci rapide

te. On année,

spé a filles ls à la

sjour riches cs, des talon, By, un vai

retle

allées Île de

mpide

L'ovraouns sopéRtroR û

qu'impnéva, et qui cependant n'est rien encore en regard de cs que leur réerve l'avenir. Combien de parties hahitées de la province, défà anciennes, depuis

Longtemps renommées, sont encore loin des chemins ‘le ferou de tonteautre voie de communfoation rapide Qui eût pu songur, à ya moins d'un quart de aibele alors que l'ilée seule de firo de Bytoven la capitale d'une vaste confédération faisait sourire. jusqu'aux Plus téméraires, que cet entreplt sauvage, à peine comm, serit aujourd'hui traversé par six voies ferrées nt l'une a un parcours de près de quatre mille milles! À partir de Bytown, autour de Byu même l'immense, la profonde t mystérieuse fon mençuil, pour ne plus d'interrompre qu'à La luintaine rt fabuleuse région des prarios, il y avait quelques ultures, elles étaient ioléus. On voyait GA et à de petits champs, des jardins, des habitations. échelon. mées à de longs intervalles le long de la rivière dus Outaouais, jusqu'à vingt on trente miles de la capie tale netuelle, mais null part n'apparuiseait Ia moin dre tentative de colonisation en grand pour là con. quête méthodique. et ymgrussive du 501. Y anrait. on même sougé? N'y avait-il pas à peupler d'abord toute la partie supérieure des comeés de Toliete, de Moutealn, de Terrebontte, prosqué tout Argenteuil, sans compter l'immense comté d'OUava, qui n'en. istit guère que eur la carte ? Et puis, toutes Les no

os L'ovraous sUrÉREOR

tions erronées, tous les préjugés communément entre tenus sur Ju région qui forme le nord du Saint-Laurent. né fleurissnient-ila pas encore dans toute leur verdeur et leur indomptable ténacité? Pourquoi fonder de nouveaux établissements dans cette région réputée inaccessible, quand il ÿ avait tant de vastes espaces encore inhabités en arrière de Ia rive eud du fleuve ? Qu'iait-on chercher dans ce désert glacial où homme ne pouvait vivre, encore moins les animaux danestiques ? Ne disat-on pas de même, il y a quélques années à peine, qu'il n'y avait que du sable le long de la Sudkatchewan, au Nord-Ouest, qu'ou ne tirerait jamais rien de 0e pays, et ce suble ne donneci pas avjound'hni cinuante bolsseaux de froment par acre ? On ignomit les richesses merveilleuses d'un sol regurdé comme inculte. On igaorait que, dans certaines parties de la région septentrionale, il fait soins froid, grâce à la disposition des lieux, à la direction des vents, que dans d'autres parties du sud considérées comme bien plus favorables aux établie ments. On pouvait bien ignorer la mature du pays,

inisqu'on ignorit le pays lui-même. Géographiquement, la vallée de l'Outaouais n'a été bien explorée et étudiée, sant À #65 cerastères et à. se ressources, que depuis un très petit nombre d'années. Et la colenisuton elle-même ne fuit qu'y commencer, en même temps que l'exploitation minière, à la suite du développement des communications.

ouraotars suefnuron

Une loi mystérieuse a, comme 0

pête, dénciné les préjngés les plus invété

poussé en avant des essaims d'hommes, inconscients

panteêtre, mais ohéiseant à ane iapulsion supérieure, tvers mille périls, des futigues, des privations

inonies &t des soufances de toute nuture

Depuis bien an, la ligne entre Ottawa et lc Pacifique par le nord de

ads nes, eat complétée au tont son parcours. En parut de la capitale fédérale, le voyageur suit, sur le chemin de fer du l'acifique, la rive onest de la rivière des Outaontis, dans là province d'Ontaris, jusqu'à Mattawa, qui on eat éliguée de deux cents milles exactement. A ce dernier droit, la rivir

fuit an coude brusque ct remonte presque directe.

eut vers Je nord, pendant environ ent milles, jus.

qu'à Ja rivière des Quinze, à la tôte du lac Témiseu rmingue. La petite villa de Mattuwa,eloïgnée, comme nous venons de le dire, de deux eunts milles de spitale, est située au confluent des rivières Mattawran.

160 L'ovraovais aurÉRIEUE

t des Outaonais. Avant la construction du chemin de fer du Pacifique, on ne mettait pus moins de dix jours pour monter d'Ottawa à Mattava, en faisant lusieurs portages le long des rapides qui interrompent le navigation de In rivière ; aujourd'hoï on fait le trujet en one mit; on quitte Ottawa à 11 heures 45 minutes du soir, et l lendemain matin, à 7 heures ét demie, l'on arrive à Mattava.

C'était un rude trajet que cclui-à jadis. Comme il existait absolument aucune communication. par terre il fallut, pour ae rendre dans le haut Outaouais, remonter la rivière en canot et essuyer toutes les dificultés &t toutes les misires inhérentes à un voyage de ce genre. En 1857, il y a plus de trente ans, le gouvernement canadien, voulant constater Is posibilité d'ouvrir par eau une communication Pon interrompue entre le Saint-Laurent et les grands lacs par l'Outaouais, confia à M. Walter Shanley, ingénieur en renom, le soin de faire Les dendes hydrographiques nésussines, Celui-ci organise immédiatement pla sieurs troupes d'ingénieurs, qui distribua dans diférentes sections de l'Outaouais, de la rivière Mattavran, du ho Nipising et de La rivière des Français. (On suit que la rivière des Français coule entre le le Nigissing ét a baie Geongienne, laquelle n'est, à propremeut, parer, qu'a bras du grand lac Huron.) Au nombre des ingénieurs qui avaient mission de faire des

L'ouraouas suvémreux 201

études sur les ieux, se trouvaient M. Robert Shanley, M, Mekeuzie, d'Edimbourg, et M, Perry; il avaient pour les assister M. Henti Parent, ingénieux depuis nombre d'années du canal Lachine, M. Pers, anjour d'hui planteur dans l'Etat de Misisipi, M. Lemieux, de Lévis, M. William Casgrain, de la Rivière-Ouel qui a été longtemps ingénieur de l'Etat de Michigan, enfin, M, Eugène Taché, sous-commissire des tarros publiques depuis l'établissement de Ia Confédération. Un relevé hydrographique des plus complets, des sondages par la triangultion, enfla tons les travanx préliminaire furent efectads durant l'hiver de 1857. 58, et grâce aux données fournies par ses sous-ingémieurs, M. Wilter Shanleÿ fut en mesure de pnéson tr aû gouvernement un travail très élaboré, dan lequel il eoncluait à le possibilité, moyennant une dépense relktivement faible, d'ouvrir ane commu ication directs, pour les batsaux de fort tonnage, depuis Montréal jusqu'au Le Huron; 2% comme les lacs qui s'étendent à différents intervalles sur o pare cours, sont tous réunis par de ptits bouts de rivières où ae trouvent es ragides Les chutes, M, Shanleÿ proposait de faire an moyen de rochers dus barrages

non complètement fermés, os qui, en. rfoulant l'eau

des rivières, aurait annulé plusieurs petits rapides; et, pour les gros rapides, il proposait des barrages complets avec écluses,

102 L'OUTAOUAIS urÉRIEUR

1 n'a malheureusement pes été donné suite aux conclusions de M. Walter Shanley, mais Is possibilité

de canaliser la rivière des Français, de même que

ont le trajet entre le Lao Nipising ut la rivière des

Outaouais, à été démantrée surabondamment, et, un jour on l'autre, elle entrera dans le domaine des faits réalisés

M. Engène Tadhé, de qui nous veuous les quel ques” renseignements qui précèdent, nous racontait ua jour, en détail cette fameuse expédition dont it faisait partie, les difinltés pénibles qu'elle avai eu à surmonter et Je souffrances variées qu'elle av 46 eubir. Dans ce tempel, il fallait remonter VOntaonais en canot, à partir des mpides Jonchi

Hwque rapide, mais ce était pas D le plus dieile; ce qui l'était réellement, ce qui devenait. pénible et souvent dang roux, c'était l'approvisionement le long de I route dans un pays entiérement sauvage et par des froids intenses qui quelquefois allaient à quarante degrés au-dessous de zéro, cumm on le constats, pendant l'hiver de 1857-58, au lc à lu Trait, où Ja Mattawan prend aa source.

M. Taché passa in au dns où pays, tout Je torups que l'expédition ÿ poursuivit ses travaux. y avait alors, nous dit-il, qu'une on à Mataiva, du Gôté d'Ontrio; en ace, du vbté de La provines de Qu

L'ouriouais surement 103

ec, qui s'appelait alors Le Bes-Canada, n'y avait que le furt de le compagnie de la hais d'Hudson, et sur tout le pareoura de la rivière Mattawan, qu'ane spule

Ftamille de sauvages, Au laë Nipiseing, à y avait

que quelques membres de Ja tribu des Outaouais, établis sur le point où la rivière des Esturgeons (Sturgcon River) débonche dans ce le, ot les seuls blancs qui parcourussent cote immense contrée faroi che étaient lex missionnaires Oblats, qui y venaient rune fois par année porter l'évangile et les sacrement aux quelques postés d'Indiens çh et 1 disaéminés le Long des cours d'eau,

Anjourd'hui Matte est une petite, ville d'environ cinq cents âmes de population stationnaire et de quinze eents Aes de poplation flottante ; cest un grand entrepôt pour le commerce de bois ét surtout pour les approvisionnement ; c'est 1 que les jobbeurs, sorte d'entrepmeneurs qui s'engagent à four mir aux marchands de bois une quantité déterminée de ils, se proenrént toutes les provisions nécessaires à l'alimentation des bandes de bicherons qu'ils ont sous leurs ondres, et d'est à que les hommes de chantiers viennent, au retour de In saison passée au servie des jobheurs, dépenser une bonne partie de leur argent et estoyer aveo une louable émuletion; aussi les hôtels et les magasins abondentils à Mattawa.

104 L'ovraouars suPRIROR

Mattawa, on vient de ls voir, ne date que d'hier

ele m'a de nom connu que depuis tue quinas

d'années.

L'expédition du Nord-Ouest du sénéral Wolsely avait éveillé l'attention du léctour eunadien sur

its dont il m'avait

une foule de contrées et d'u pas la. moindre notion 3 plas tard est venue la construction du, Pacifique qui a déterminé nn courant extraordinaire, tant vers le grande région des prairies, que vers Le nord d'Ontarie et le nord-ouest de notre propre province. On vit s'établir les deux rives jus-

que-là sauvages de l'Outaouis ; le comté de P vint au jour, la colonisation d'éendit vigoureuse. ment dans eclui de Renfrew et il surgit pour la preamière fois une vériabl

cent alles plus haut que la capitale. Cent milles encore plus haut, ct l'on allait attcindre Mattuwa, alors simple poste de le compagaie de le baie d'Hudson, et depuis petit

tance à œanse de su situation au confluent de deux rivières, et à l'entrée de a vaste région de forêts et de chasse qui s'étend jusqu'à la baie de James.

ambioks, à

ville d'une rare impor-

ouraouurs surfnrerm 105

Jadis, lIndien seul y fixait sa tento de temps à autre, soit en descendant du nord pour aller à la mission du Je des Deux-A en remontant dans les bais pour y faire la chasse durant l'hiver, Plus tard, comme tons les sauvages e descendent plus réguliérement ax Lac où aux autres postes de commerce “d'en bas” le Compagnie de la baie d'Hudson juge à propos d'établir à Mattawa un petit comptoir de traite, il y a de ele un peu plus de cinquante ans,

ontagnes, soit au retour

Le premier missionnaire qui vista ce poste fat un prêtre de Suint-Sulpice, M. Bellefeuille, en 1836. Après lui vinrent MM. Dupuis, Pain, celui-ci appelé plus tard à diriger le cllége de Sainte-Anne La-Pocatière, Morean, depuis vicaire-généra) et Bou rase, En 1844, les Pères Oblats 8e chargèrent régulièrement des missions du nord et de l'ouest de la province, jusqu'aux rivages de la baie d'Hudson. En 1864, on jeta À Mattawa les fondements d'une petite chapelle, et Mgr Guigues, évêque d'Ottave, y St ma première visite en 1864. A ntte époque, les blancs avaient déjà commencé à s'établir sur ls bords de l'Outaouais et de le Mattawan, es quifexpligne comment l'évêque y doune la confirmation à un grand nombre de fidèles de tout âge et de nationalités di verses, comme on peut le voir par les registres du temps.

108 Lovraonus surknioR

À la suite des missionnaires que nons venons de noumer, vinrent le Père Déléige, qui à laissé un sou venir impériseahle dans tout le pays, les Pères Pion, Lébret, Guéguem, Nédulee et. Poitras: eus derniers sont actuellement attachés à la mission. et habit

à Mattawa, un fort joli presbytère construit depuis environ deux ans.

En 1869, le hamenn de Matiava ne comptait en. come que quatre familles, deux catholiques et deux protestante; les misaonnaires y hivernaïent pour la premibre fois cette année-là; é'étaient le Père Nédeleo et le Père Guéguen. Comme ila n'avaient pas de demeure à eux, une famille catholique de l'endroit, celle de M, Noé Timins, leur donna une généreuse hospitalité; depmie, famille ont ces d'être à la tête de toutes les vres de bienfaisancn accomplie à Marta

1871, le Père Poitms arrivait À

à environnant se dé.

veloppaient petit à patit: Le eoumerce de bois faisait merveille, mais celui des pelleteres avait considéra blement diminué. Quelques fermes apparaissaient re des Forêts et, sur les rivièros, il s'était régulière de patite bateaux, pendant

ces pour Je transpant des voyageurs. On

fondait aussi deux éeaes, l'une protestante, où cinq

L'ovraorus surÉRIEOR 107

élèves recevañent l'enseïgnement d'une institutrice; autre, catholique, tenue dans la maison de M vptait une trentaine d'élèves angle, ea indiens, sous In direction d'un. mission.

maire, Dans eutte école primitive, les bancs aorvañent de puyitres, ct l'école elle-même était dans une cabane qui servait en même temps de chapelle. Quant au traitement du missionnaire instituteur, un simple zéro suffit à l'indiquer Durant l'hiver de 1870-71 les missionnaires avaient eu pour habitation 0e qu'on appelait La * petite maison des sœuvages" appartenant à une famille Dufond.… L'hiver suivant, ile ae logèrent dans une hamque attenant à la maison Timrnins ; ils y eurent la nourriture en même temps que le couvert, grioe à

T'inveligente générosité de son propriétaire

fannés 1872 vit. commencer les missions des chantiers; le Père Nédelee resta gardien de celle de Mattav pendant l'hiver, em même temps qu'il di. rigeait l'école, composée des éléments les plus disparates, où l'ou voyait l'enfant de l'Indien assis à oôté du blane, l'anglais à côté du français, Le riche à 0806 An pañvte, et trois langues emseigaées simultanément,

Un tribunal comvetiounel avait été constitué dans Le cours de l'année ct quelques condamnations encourues par les houmes de chantier; le Père Poitre travaillait activement de sos propres mains À l'érec-

tion d'un presbytère; plusieurs maisons nouvelles vemsient s'ajouter au village et quelques fermes étaient défrichées dans les environs; enfin, la popu lation protestante aÿent augmenté, nu minis dhodiste a'installa au milieu d'elle

L'année suivaute, on achetait un Lerruin pour ÿ élever un hôpital, et pour grandir l'école, qui avait

is des développements remarquables.

Locale était définitivement établis

progrès, à cause de la pauvrèté des parents 6e surtout de leur indifférence pour l'instruction. Du reste, un véritable cute. Elyse, qui s'était abattu sur Le commerce de bois, avait décourigé la plupart des habitants, qui trou valent À grand'peine même le nécessaire pour leurs familles. La mission proprement dite de Mactawan

s'étenduit alors depuis le pied de là Rocbe-Capitain,

vingt mille plus bas sur l'Outaounis, jusqu'aux eaux du leo Kecpewa, at sur la rivière Matawan, jusqu'aux eaux du ne Nipissingue, La popnlation ré pandue dans cet espuce de pays était d'environ cinq cents âmes, au nombre desquelles on comptait plus de cent sauvages où métis; les blanes formaient une sntaine de familles, dont pas plus de vingt-deux étaient protestantes. La crise commerciale s'était aggavée d'une épidémie de ptite vérole, ct dé

Louraouars scrémee 100

pouvantables feux de forêta avaient porté la ruine au milieu de ces malboureuss populations qui avaient à peine pris racine sur le sol arrosé de leurs sueurs lus plus améres,

Au printemps de 1876, on porn à Matiawa les is ségraghiques, et nn bateau à vapeur” inau aura nn service gli entre le village et le rapide des Denx-Rivières, douze milles plus bas aux l'Outouts; l'année suivante, le gouvernement faisait construire un pont sur n rivière Mattawan.

L'année 1878 fut aipmalée par ls création d'un établissement de Sœurs Grises, pour l'éducation de la jeunesse et le soin des malades; an install l'hôpital rovisoire ainsi que le couvent daus l'ancienne mu

sou des Pères Oblats, L'école avait retrouvé des

jours Hurisants; on y comptait 67 élèves, un même temps se construisaie une chapelle. protes-

1879, — L'école locale devient ane * éeoe séparée” La cpnstrction du chemin de fer du Pacifique donne dex ailes à Ja colonisation le nombre des familles augmente, surtout an Ine Talon, où elles sont déjà Giuuame, dont trente-cinn eutholiques. (Le laë Talon est dans In province d'Outario, à mi-chemin environ entre Matawa et le luc Nipissingue). Aux Deux-Rivières, on bâtie une école et ue chapelle le Père Poitms est rappelé à Hall, et le Pare

10 L'ovraouars SUPÉRIEUR

Déléäge est nommé directeur de Ia mission de Mat.

1880.— Le village grandit ous les jours; on bâtit tune jolie maison en briques pour les Pères; l'hôpital est en pleine activité; la constrmetion du Pacifique est rendue an rapide des Denx-Rivières:; l'animation et le mouvement règnent sur tout lOntaonais; la colonisation contiue à faire des progrès rapides an luo Talon ee au lue Nipissingue ; déjh les familles françaises y sont au nombre d'une centaine

1881.— La mission de Mattawan est plus Aorissante que jamais, par suite de la construction du chemin de fer et du gmnd nombre de “ chantiers où maisons de troncs d'arbres, qui délèvent dans la forêt ; on en compte jusqu'à une cuntaiue dans les limites de la Mission; la chapelle «st eonsidérablement augmentée et l'école reçoit an delà de cent élèves; la religion catholique exige maintenant les serviess rigaliers ét constants de trois Pères Obl qui sout les Pères Déléage, Nédelec et Emery

1882,— La fièvre Eyphoïde fit de nombreuses victimes à Mattawo, eu qui détermine le gouverne. ment à subventionner l'hôpital; le nombre des Sœurs

(Grises est porté à six. La colonisation progresse tou-

jours du eôté du lue Talon on y construit uue boue chapelle Mattawa est détachée du dicebse d'Otavra et annexée au nouveau vicariat de Poutine, dont Mgr

de Mat

: on bit Vhôyital Pacifique ais La des an Familes

13 Aorise ction du dans Ja dans les érable de cent nant Les | Oblats, r

à Sœurs € Lonue lOuava out Mgr

L'ouraovars avréRriqR ant

Loin est nommé titulaire ; celui-ci établit aa ré. silence à Pembroke. Le Père Deléige est envoyé an Témiseumingne, ct le Père Poltas rovient en que Ji de directeur à la maison de Matawa. Arrivent en même tempe deux ministres protestants, Le nom bre des écoles et paré à roi, dont deux catholiques divisées en une deole de garçons confiée à un inatituteur, et une école de filles sous la diroction des Sœurs Griss. Un fuit important à signaler, d'est l'arrivée d'un médecin qui s'établit permanemment à Mattawa. L'année anivante, les tablissements s'étant considémblement développés, on. comptait dix-huit familles de l'autre oôté de Ja rivière Mattawen, en fé

taient aur les bords du lee Talon continuait à augmentet dans des proportions réjouisentes pour les amis de Là nationalité franco-cunadienne

de In petit ville, et Je nombre de celles qui habi-

1884,— La village de Mattawa est érigé en muni. câpalité; on élit un maire et un conseil de ville, Aussitôt commencent Les travaux publics ; on ouvre des rues, on conatri un pont sur la rivière, on fait ex trottoins et l'on entame le. chemins de coloniseion ; an recensement exéeuté dans l'année done une papultion de cent vingi-quatre milles catholi. ques 6% de quarante ct une Familles protostantes dans le village, et de cent cinquante trois familles canee diennes dans Ia baulieue. Les Oblats s'installent dans

12 L'ovnovus suphaeen

leur nouveau presbytère, L'année 1885 voit l'érection d'un hôtel de ville, d'un nonvean couvent. et d'une quinzaine de hitisos dans la petite ville.

1836,—M. Bonsparte-Wyse, célèbre ingénieur français, chargé magaère avec M. Roclus, lieutenant de vaisseau, de préparer les plans ec devis du. canal de Panama, visite La région de l'Outaousis supérieur, passe à Mattwa et aseiste à l'inauguration du. che: min de fer du Long-Sault.

Le recensement annuel indique une population de 254 familles catholiques dans la paroisse, dont 181 canadieunes, 17 sauvages ét 50 protestante; la munie cipalité proprement dite comprend 140 familles. On

enregistre parmi les catholiques 122 baptimes, 25 mariages et 35 sépultures.

A part Mattawe, les Pères Oblata ont charge des

1° Mission des Joachim, sur l'Outaouais, qui con. tient cimquente familles catholiques ainsi sépartios 28 familles canadiennes, douze anglaises et dix in. Giennes ;

2° Mission de Rocks, comprenant une vingtaine de familles, prosque toutes irlandaise ;

3° Mission de Deux-Rivières : environ vingt fa. milles.

L'ouraouus suPÉRIEOR 113

4° Mission d'Eau-Claire, où l'on compte vingt-hoit familles catholiques et vingt-six protestante,

1887.— Les trois écoles “séparées” de Mattavra prospärent sensiblement ; elles sont fréquentés par deux cents élèves. Le 12 janvier, la population de Mattawa est jetée dans Le deuil par la mapt de M. Noé Timmins, le premier pionnier canodien du haut de VOutaouaiset le bienfaitour par excellence de 1e Mis. sin. Les obsèques ont lieu le 17, au milieu d'un concours immense de personnes de toute nationalité, venues d'Ottawa, de Pemmbroke, de North-Bay et de tous les endroits quelque peu importants de cstte vaste contrée.

Nous venons de faire l'historique succiner, It cbro= ique année par année d'une petite ville qui nous à paru comme le type de bien d'autres endroit fondés depuis un dei-siécle en pleine mature sauvage, at qui sont devenus, depuis, des oentres importants, des

chefs-lieux de régions en plein mouvement de colo-

nisaton, en. plein cor de progrès et d'activité humaine sous toutes les formes, Le lecteur y a sans doute trouvé l'intérêt que nous y avons trouvé nouse même et que justiferont les développements pro. chains de cet embryon de colomiastion lointaine.

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