‹ L'Outaouais supérieur [microforme]Chapitre 12 sur 41 · FF · texte numérisé non relu

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Il n’a malheureusement pas été donné suite aux conclusions de M. Walter Shanley, mais la possibilité de canaliser la rivière des Français, de même que tout le trajet entre le lac Nipissing et la rivière des Outaouais, a été démontrée surabndamment, et, un jour ou l’autre, elle entrera dans le domaine des faits réalisés.

M. Eugène Taché, de qui nous tenons les quelques renseignements qui précèdent, nous racontait un jour par le détail cette fameuse expédition dont il faisait partie, les difficultés pénibles qu’elle avait eu à surmonter et les souffrances variées qu’elle avait dû subir. Dans ce temps-là, non seulement il fallait remonter l'Outaouais en canot à partir des rapides Joachim et “ portager” encor: le long de chaque rapide, ce n’était pas là le plus difficile ; ce qui l'était réellement, ce qui devenait pénible et souvent dange reux, c'était l’approvisionnement le long de la route, dans un pays entièrement sauvage et par des froids intenses qui quelquefois allaient jusqu’à quarante degrés au-dessous de zéro, comme cela fut constaté dans l'hiver de 1857-58, au lac à La Truite, là où la Mattawan prend sa source,

M. Taché passa un an dans ce pays, tout le temps que l'expédition y poursuivitses travaux. [l'n’y avait alors, nous dit-il, qu’une seule maison à Mattawa, du côté d’Ontario ; en face, du côté de lu province de Qué-

bec, qui s'appelait alors le Bas Canada, il n’y avait que le fort de la compagnie de la Baie d'Hudson, et sur tout le parcours de la rivière Mattawan, il n’y avait qu’une seule famille de sauvages. Au lac Nipissing, il n’y avait que quelques membres de la tribu des Outaouais, établis 1à où la rivière des Esturgeons (Sturgeon River) débouche dans ce lac, et les seuls blancs qui parcourussent cette immense contrée farouche étaient les missionnaires Oblats qui y venaient uns fois par année porter l’évangile et les sacrements aux quelques postes des Indiens ça et là disséminés le long des cours d’eau.

Aujourd'hui Mattawa est une petite ville d’environ cinq cents âmes de population stationnaire et de quinze cents âmes de population flottante ; c’est un grand entrepôt pour le commerce de bois et surtout pour les approvisionnements: c’est là que les jobbeurs, sorte d'entrepreneurs qui contractent avec les marchands de bois pour une quantité déterminée de billots, font toutes les provisions nécessaires à l'alimentation des bandes de bûcherons qu'ils ont sous leurs ordres, et c’est là que les hommes de chantiers viennent, au retour de la saison passée au service des jobbeurs, dépenser une bonne partie de leur argent et festoyer avec une louable émulation ; aussi les hôtels et les magasins abondent-ils à Mattawa.

Mattawa, on vient de le voir, ne date que d’hier; elle na de nom connu que depuis une quinzaine d'années,

L'expédition du Nord-Ouest du général Wolsely avait éveillé l'attention du lecteur canadien sur une foule de contrées et d'endroits dont il n'avait pas la moindre notion; plus tard est venue la construction du Pacifique qui a déterminé un courant

extraordinaire, non seulement vers la grande région des prairies, mais encore vers le nord d’Ontario et le nord-ouest de notre propre province. On vit s'établir les deux rives jusque là sauvages de l'Outaouais ; le comté de Pontiac vint au jour, la colonisation s’éten-

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dit vigoureusement dans celui de Renfrew et l’on vit | apparaître pour la première fois une véritable ville, | A celle de Pembroke, à cent milles plus haut que la | \ capitable fédérale. Cent milles encore plus haut, et | | l'on allait atteindre Mattawa, alors un simple poste de la compagnie de la Baie d'Hudson, et depuis petite ville d’une rare importance à cause de sa situation au confluent de deux rivières, et à l’entrée de la vaste région de forêts et de chasse qui s'étend jusqu’à la baie James.

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