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Mais comme une semblable ligne est une entreprise immense et qu’elle dépasse les ressources actuelles du pays, on la construit par fractions, par sections, suivant les besoins les plus pressants, jusqu’à ce que vienne le jour où tous les tronçons se trouve- : ront réunis, au grand étonnement de ceux qui ne se tiennent pas d'habitude au courant des progrès de leur pays.
Le chemin de fer “ Montréal et Occidental ” est à lui seul une moitié de la ligne future du Grand-Nord. Mais, dans la pensée du curé Labelle, qui en a été le véritable inspirateur, qui en est l’âme et l'esprit dirigeant, ce chemin de fer ne s’arréterait pas au Témiscamingue ; il traversait au contraire l’Outaouais, passerait bien au nord des grands lacs Huron et Supérieur, raserait les lacs Manitoba et Winnipeg, et se prolongerait par la Saskatchewan jusqu'aux montagnes Rocheuses, où il irait se relier au Pacifique canadien.
Voilà, certes, un projet qui ne manque pas d’envergure, mais il y a plus; il est très praticable, très ration nel, et il s'accomplira fatalement un jour, lorsque l’Amérique canadienne aura pris des développements suffisants, ‘ Ce sera dans l’avenir, dit “ l'apôtre du Nord, ” un autre grand chemin du Pacifique, qui, par la rivière Mattawin, se soudera au réseau du district de
l’enverrationiue l’Ants suf- Nord, ”
rivière rict de
Québec: (1) puis on verra toutes les principales rivières de la province se rattacher à ce Grand-Tronc du Nord par des chemins de fer. Comme il faut commencer par le commencement, je regarde aujourd’hui comme assurés le chemin de la Gatineau, celui de Saint-Jérôme à la chute aux Iroquois et celui des Basses-Laurentides, avec les embranchements projetés entre le Saint-Maurice et le chemin de fer du lac Saint-Jean.”
M. Beemer, un Américain qui a, pour ainsi dire, adopté tout le nord de notre province pour en faire un vaste champ d'activité et d'entreprise, qui a déjà construit plusieurs grandes voies ferrées, qui en mène actuellement de front plusieurs autres, est aussi, à la fois, le plus grand actionnaire et le constructeur du
chemin de fer “ Montréal et Occidental.” Il a obtenu
du gouvernement fédéral une subvention de 85,126, par mille de construction, de Saint-Jérôme à la chute aux IJroquois, parcours de soixante-dix milles, et du gouvernenrent local une subvention de $5,000, plus cinq ntihe acres de terre par mille, pour le même parcours, Il a déjà dépensé des sommes considérables, et il pousse activement les travaux, de façon à pouver mette en exploitation quarante
(1) La Mattawis esc un des affluents les plus considérables du Saiut-Maurice.
milles de ce chemin avant la fin de 1889, et, année prochaine, les trente derniers milles restant à construire pour atteindre la Chute.
Dès que ces soixante-dix milles seront terminés, on se propose de faire un léger temps d’arrêt, puis on continuera la ligne vers l’ouest, jusqu’à la rivière des Gens de terre, où sera parvenu également, dans une couple d'années, le chemin Gatineau. De la rivière des Gens de terre, on pénètrera aisément dans la belle plaine qui s'étend en arrière des sources de la Lièvre, et l’on entrera de plain-pied dans la zone fertile par excellence de la vallée de l'Outaouais.
Sur la Lièvre, à partir du canton Boutillier, qui avoisine celui de Kiamika, jusqu’à l'embouchure de la rivière Tapanee, qui est en ligne droite avec celle de la rivière des Gens de terre, sur la Gatineau, il y a de chaque côté une étendue d'environ cent milles de terre excellente, comparable à celle de la vallée du lac Saiut-Jeau, et de beaucoup supérieure à cette dernière par la variété et la qualité des bois.
Au delà des montagnes où la Lièvre prend sa
source, se déroule une autre vaste plaine, bornée au
sud par ces montagnes, et, au nord, par l'immense plateau marécageux où les rivières Outaouais, Gatitineau et Saint-Maurice ont leurs sources, dans le
‘ voisinage les unes des autres. Cette vaste plaine est