‹ L'Outaouais supérieur [microforme]Chapitre 33 sur 41 · LL À · texte numérisé non relu

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coupée en deux parties à peu près égales par la ligne de faîte qui sépare les eaux qui se jettent dans la baie d'Hudson de celles qui coulent vers le Saint- Laurent,

Les établissements des colons s’échelonnent sur la Lièvre, à des intervalles inégaux, jusqu’à une quinzaines de milles au delà du canton Kiamika ; mais toute cette partie du pays est encore vierge de chemins, ce qui s'explique par le développement inattendu, tout à fait sans précédent, qu’à pris la colonisation dans la vallée de l'Outaouais et qui a été tel que les colons ont devancé en maint endroit l’action du gouverneinent, et se sont installés en véritables squatters, sans attendre ni les arpentages ni l'ouverture des chemins.

Nous appelons instamment sur ce sujet l’attention du présent gouvernement d’action et de progrès ; nous sommes convaincu qu'il n’hésitera pas à donner à sa politique dé chemins de fer son corollaire nécessaire, qui est l'ouverture des chemins de colonisation, même alors que le besoïn ne s’en fait que faiblement sentir ; car la colonisation maïche vite aujourd’hui, et ce qu pouvait paraître superflu la veille devient le besoin impérieux du lendemain.

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D'autre part, ce qu’on peut appeler la moitié orientale de la ligne du Grand-Nord se poursuit à l’est de Saint-Jérôme. Actuellement construite jusqu'à New-Glasgow, elle ne tardera pas à atteindie Sainte-Julienne, dans le comté de l’Assomption ; de là, en un bond, elle se rattachera à la ligne projetée des Trois-Rivières au Nord-Ouest, qui ne sera, dans la suite, à proprement parler, qu’une ramification du Grand-Nord. Quand cette ligne principale aura atteint les chemins de fer de la vallée du Saint-Maurice, elle se raccordera immédiatement avec ceux du lac Saint-Jean par l'embranchement du lac Edouard à la Tuque, et ainsi, le Grand-Tronc du Nord se trouvera construit d’un bout à l’autre de la province.

‘ Un jour,” nous écrivait dernièrement M. le curé Labelle, à qui nous demandions des données et des aperçus nouveaux pour le sujet qui nous occupe, ‘‘ un jour notre chemin de Saint-Jérôme ira rejoindre celui du lac Saint-Jean, et Montréal aura le commerce des trois quarts des Laurentides par sa position géographique. Je ne pense pas qu’il existe un chemin qui ait plus d’avenir et qui soit plus important pour la race française. Il devient uaturellement le débouché des trois quarts de la population de lu province, À vingt lieues de Montréal, il étend à l’est et à l’ouest: comme deux immenses bras pour tout entraîner sur son parcours, Ce chemin devra prospérer énormément, 1l sera le tronc qui fera aflluer les produits de l’agriculture et de l’industrie des Laurentides à tous les grands marchés de l’est et de l’ouest, par la voie

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la plus courte. 11 développera immensément les pouvoirs hydrauliques qu'offre le versant des Laurentides, sans qu'aucune ligne parallèle puisse lui faire concurrence, les chaînes de montagnes se dirigeant uniformément du sud au nord.

‘ Ce qu'il y a à craindre, c’est que tout le monde veuille avoir son chemin de fer, moyen certain de n’en avoir nulle part.

‘ Avec le temps, lés ciréonstances, la nature des choses, tout . cela se fera... Maïs je devrai en laisser une partie à ceux qui me succèleront... Avant de mourir, je veux donner à ce projet une impulsion si forte qu’il vaincra tous les obstacles, malgré la sottise des hommés, qui est toujours plus à craindré que leur intelligence.” Telle sont les paroles de l’homme qui a le mieux compris l'avenir et les destinées de notre pays. Elles ouvrent à la politique un champ entouré de larges horizons, qu’elles illuminent d’une clarté toute nouvelle, et aux hommes d'Etat un programme que le temps seul leur permettra d'exécuter en ‘son entier et de développer dans toutes ses conséquences.

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