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doublé avant la fin de la présente décade, grâce au vigoureux élan qui a été imprimé à la colonisation dans cette région encore peu connue où peuvent s'établir et vivre à l’aise plus de six cent mille habitants. En 1871, l'étendue des terres occupées, dans toute la vallée de l'Outaouais, ne dépassait pas 2,109,134 acres carrés ; en 1881, elle atteignait 1,359,062 acres dans les trois comtés nouveaux seulement; de même, en 1881, la quantité de terrain en culture, dans toute la vallée, ne comprenait que 1,041,234 acres carrés ; en 1881, elle s'était élevée, dans Pontiac, Ottawa et Argenteuil seulement, à 323,299 acres.
On peut répartir de la manière qui suit la superficie et la population de ces trois derniers comtés, d’après le recensement de 1881 : 1° Pontiac, —21,018 milles ou 13,481,520 acres carrés ; population, 19,939 âmes : augmentation sur 1871,4,129 âmes. 20 Ottawa, 6,683 milles ou 4,277,120 acres carrés; popuiation, 49,432 ; augmentation sur 1871, 20,356 Âmes. 80 Argenteuil, 937 milles ou 599,700 acres carrés ; population, 16,062; augmentation sur 1871, 3,256 âmes.
Maintenant, si nous faisons la distribution par comtés des terres occupées simplement et des terres cultivées, nous trouvons dans Pontiac 362,724 acres de terre occupés, et 106,559 acres en culture ; dans Ottawa 667,903 acres de la première catégorie, et 136,750 de la seconde ; dans Argenteuil 288,435 et
79,990 acres respectivement ; ces“'trois"comtés renfermaient en outre 146,920 acres de pâturages.
Il ne faut pas s'étonner qu’il y ait eu jusqu’à ces derniers temps tant de nations fantaisistes sur cette région, tant d'erreurs étranges, grossières et souvent ridicules, comme celles qui ont eu cours si longtemps sur le “ mystérieux et inhakitable Nord, ” assimilé hardiment aux impénétrables solitudes de la baie d'Hudson. f
Sans doute la partie supérieure de‘la’ vallée de l'Outaouais n’est pas l’égale des autres au point de vue de la qualité du sal et des espaces colonisables ; elle est, du reste, absolument inhabitée, même très imparfaitement connue. Son ciimat estisfroid et humide, et ses bois de commerce ne fournissent qu’un appoint bien médiocre à l’industrie forestière. Mais au-dessous de cette zone s’en étend une autre, incomparablement supérieure, quoique renfermant de grandes étendues marécageuses, dont le ’dessèchement, toutefois, serait facile. C’est là surtout que s'’alimente cet immense commerce de bois qui se chiffre par millions de dollars chaque année, et qui offre une variété considérable de produits, tels que madriers, planches, bardeaux, dormants de chemins de fer, courbes de navires, lattes, palissades, etc...
Dire ce que cette région favorisée contient de richesses minérales et agricoles n’est pas chose facile :
on ne les connaît pas toutes encore ; mais ce que l’on peut constater et suivre pas à pas, c’est son rapide développement. Il n’y à que la population fixe qui semble échapper au progrès général ; elle était, en effet, de 48,230 âmes lors du recensement de 1871, et celui de 1881 n’accuse qu’une augmentation de douze cents âmes, sans compter la population éparse des territoires non organisés ou non constitués en cantons. Mais on ne saurait juger de l’avenir d’après le résultat des dix dernières années, si ce n’est peut. être en doublant les chiffres pour la prochaine décade.
Cette zone peut à bon droit s'appeler “ la zone des lacs”. Elle se développe depuis la tête du lac Témiscamingue jusqu’au lac Sapin, dans le comté de Berthier, sur une largeur de 60 et une longueur de 250 milles environ, embrassant ainsi une superficie de 15,000 milles carrés. ‘ Elle est parsemée d’une ipfinité de lacs, dont plusieurs ont une étendue considérable, notamment le lac Keepewa, le Grand Lac, le lac Victoria et le lac Kekabonga. Le groupe des lacs qui écoulent leurs eaux par la rivière Keepewa forme un heptagone dont la superficie excède quatorze cents milles carrés ”. Ils sont tous rattachés les uns aux autres et leur développement atteint une largeur d’une cinquantaine de milles : “à lui seul le lac Keepewa proprement dit occupe une étendue de plus de deux cent cinquante milles carrés ; il a
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plus de cinquante milles de longueur et sa largeur au centre mesure cinq à six milles.
“ Le “grand Lac ” s'étend du nord au sud sur un espace d’une trentaine de miles ; il écoule ses eaux dans la rivière du Moine, dont il forme à proprement dire, le cours supérieur.
“ Le lac Victoria se compose de trois grandes nappes d’eau porallèles et reliées les unes aux autres par d’étroites passes. La nappe de l’est a une quarantaine de milles de longueur et d’un à deux milles de largeur ; celle du milieu est longue d’une cinquantaine de milles et large de cinq à dix ; celle de l’ouest a une longueur d’une trentaine de milles et une largeur variant entre un et huit ou dix milles.
‘“ Le lac Kekabonga enfin est un des lus grands lacs de cette régiou. Avec les lacs Washeka et aux Ecorces, noms sous lesquels on distingue ses extrémités nord et sud, il a plus de trente milles de longueur sur trois ou quatre de largeur, ce qui lui donne une superficie d’environ cent milles carrés.
“ Viennent ensuite, par ordre de grandeur, les lacs suivants : Kanekequakena et Barrière, qui ne sont que des expansions du cours de l'Outaouais ; Eshwaham et Capemechigama, sources de cette même rivière ; Des Rapides, aux Loups et des Iles, Winufall, source de la rivière Tomassin ; Poignan, source
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