ACTE II
vous?... El pourquoi pleurez-vous?... Jerestais muet, immobile, me croyant le jouet d'une illusion; alors, tu repris plus doucement encore : Un grand malheur vous a-t-il donc frappé?.. . la fortune vous a-t-elle trahi?... avez-vous besoin d'appui ou de consolation?... dites-le-nous, monsieur, disposez de mon père, de ma mère et de moi. s Et comme mes larmes redoublaient à la pensée terrible que ce nouvel espoir allait peut-être s'évanouir , encore, tu t’assis auprès de moi, ta main séchant mes pleurs et ta bouche murmurant toujours des mots de lendresse et de charité. Je ne pouvais plus douter, le ciel avait fait un miracle. La raison t’était revenue, et j’étais fou, à mon tour, de reconnaissance, de joie et d’amour, (cite se relève tout doucement. Ils descendent à l'avanl-scène.)
- • HÉLÈNE, tendrement.
O le beau jour ! le beau jour ! toutes les douleurs passées furent oubliées : c'était une ivresse générale , ton père riait et pleurait, ta mère t’embrassait follement, et tu ne comprenais pas toi... tu ne te souvenais pas...
« HÉLÈNE
Non, il me semblait que j’avais dormi... que j’avais rêvé et je ne pouvais pas... et je n’ai jamais pu me rappeler mon rêve. Et cependant, je vous l'ai déjà dit, je sens là qu'il y a derrière moi, dansle passé, quelque chose qui m’échappe, quelquechose qui se rattache à ce jour où ma raison s’est envolée.
JACQUES
Teneur d’enfant, d'enfant nerveuse, mon Hélène; tu étais seule, m'a-t-on dit, ta fenêtre était oublie, une chauvesouris... quelque hibou, sera peut-être entré dans ta chambre peudant ton premier sommeil, et au moment où tu te réveillais, s’échappant de tes rideaux, il aura effleuré ton front de ses ailes glacées.
HÉLÈNE, frappée de cette idée.
Attendez donc I ma fenêtre ouverte... oh! non, non!... et cependant...
JACQUÉS.
Voyons, ne cherche pas ! ne te creuse pas la tète, cela te ferait mal; et pourquoi?
2fl L’OUTRAGE
Du mal? oh! que non! 11 n’y a pas de danger, je suis forte maintenant, j'ai toute ma.... (Revenant à «on idée.) C’est étrange celte pensée qui vous est venue là!...
JACQUES
Quelle pensée ?
HÉLÈNE
Ce hibou qui... oh! cela me donne le frisson.
JACQUES
Tu vois bien. Allons, oublie cela, (avec amour) regarde-moi... Pourquoi donc me plaisez- yous tant, madame ?
HÉLÈNE
Vilain malhonnête!
JACQUES avec passion.
. Oh! chère ange! montre-moi tes mains, donne-les à mes lèvres.
Hélène lui tend ses deux mains en riant. Jacques les couvre de baisers. JACQUES.
Les beaux cheveux !...
HÉLÈNE
Ils sont déjà tout défaits. Tenez, ma couronne ne tient presque plus.
J À C Q U £ Sj souriant.
Elle tiendra encore assez longtemps, (une demi-bcure sonne.) Écoute plutôt.
Comment?
JACQUES, à demi-voix.
11 est onze heures et demie.
HÉLÈNE, avec pudeur.
Jacques 1
JACQUES
Oh! dans notre belle Provence, nous serons bien heureux.
HÉLÈNE
Vous tenez donc, décidément, à y retourner?