ACTE IU
frère de Jeanne, qui a épousé Hélène !... (n a pris uu journal et il
feint de lire quand M. de Brives tourne lea yeux vert lui avec une aorte de défiance.) Que nous réserve l’avenir? que s’est-il passé là-bas? que se passera-t-il ici ?
Il va s’asseoir à gauche.
RAIMOND, lisant.
« La beauté idéale de la femme lui vient de la vertu... Tou- » tes les vertus de l'homme lui viennent du courage. Sans le » courage, l’homme n’est toujours qu’un enfant. »
U s'assied au fond. De Brivcs, qui n’a pas perdu Raoul de vue, vient à lui et lui frappe sur l’épaule. Raoul tressaille.
DE BRI VES, à voix batse.
Mais qu’as-tu donc, Raoul? Qu'avez-vous donc, ton frère et toi ?
RAOUL
Mais rien, je vous jure.
Je sais ce que je dis, monsieur... (u >’a«sied pré» de Raoul.) Depuis huit jours que le besoin de repos m’a forcé de quitter Aix pour venir passer un temps près de vous, à Marseille, je cherche à lire dans ta pensée et dans celle de Raimond. Pourquoi cette pâleur, ces frissonnements dont tu n’es pas le maître? Raoul, lu dois avoir quelque passion dévorante qui t’attire, qui t’enlace! Raoul ! je t'en supplie 1 lutte, mon fils, lutte avec courage, et cette passion, arrache-la de ton cœur.
RAOUL, se levant.
Mon père !...
De Brives s’éloigne.
RAOUL, à part, en regardant Jeanne et la porte de ganche.
Mon Dieu!... est-ce qu’entre ces deux êtres, je ne parviendrai pas à oublier...
DE BRIVES, qui marchait avec agitation. A part.
Oh! Raimond parlera; il faut qu’il s’explique aujourd’hui même.
JEANNE, qui a quitté le piano et qni s’est approchée de M. de Brives.
Mon père, souffrez-vous davantage?
Oui, oui, ma fille, un peu...
L’OUTRAGE
JEANNE
Eh bien ! mais le soleil est moins ardent à cette heure, si vous sortiez un peu... l’air vous ferait du bien.
Oui, tu as raison. Raimond, veux-tu m’accompagner?
RAIMOND, sortant dosa rêverie et se levant.
Bien volontiers, mon père.
JEANNE
Moi, je vais donner un coup d’œil à mon fils, et je vous rejoins.
C'est cela, (j canne entre uu instant dans la chambre ; de Brive*; à part; en
>ortaut avec Raimond.) Peut-être oblicndrai-je de lui un aveu que je n'ai pu arracher à son frère.
RAOUL , à part, se disposant à partir.
Je veux voir cet homme, mon créancier de cette nuit, il faut qu'il patiente encore.
Il va pour sortir et se trouve en face de Jeanne qui est entrée.