SCÈNE III
Les Mêmes, DE BRIVES.
Grande nouvelle, Jeanne!
JEANNE
Quoi donc, mon père?
Ton frère arrive aujourd’hui.
RAOUL
Jacques !
Madame Lîtrade, qui depuis une huitaine est revenue à la bastide pour s’y retirer, et qui attendait tous les jours une lettre de Jacques, vient enfin de la recevoir et me l’envoie.
JEANNE
Quel bonheur!
DE BRIVES, s'asseyant 4 droit*.
Sa femme et lui seront ici dans une heure!
RAOUL , & part, avec agitation.
Grand Dieu! il faut que je parle à Hélène, à elle seule!... sans cela nous sommes tous perdus !
JEANNE, qui a lu la lettre, la battant.
Oh ! bon frère ! je vais donc le revoir, l'embrasser !
Pourvu que Raimond soit revenu dans une heure!
JEANNE
Au fait, où est-il donc?
Il a été obligé de me quitter au milieu de notre promenade.
RAOUL
Si je le rencontre, je le préviendrai, mon père.
JEANNE
Vous partez... (se reprenant.) Tu sors donc aussi?
RAOUL, très-agité.
Sans doute... je tiens à me débarrasser de toute préoccupation, afin de pouvoir être ensuite tout entier à nos hôtes.
De Brives a sonné, un Domestique parait.
Qu’on mette tout en ordre dans l’appartemement de monsieur d’Albert, (n se lèse.)
Le Domestique s’incline et ra sortir.
RAOUL, bas au Domestique, en passant près de lui.
Vien 3 chez moi tout à l’heure, (naut.) A bientôt, Jeanne, à bientôt, mon père... Je serai ici avant eux.
Il sort par le fond.