‹ L'outrage drame en cinq actesChapitre 63 sur 96 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

men... Mais celui que je sais, il n’y en a pas de plus grand. (Mème«iienci .) Songez-y donc, messieurs! Une jeune ülle seule, la nuit, dans son lit d’enfant, pénétrer chez elle, surprendre sur ses lèvres les derniers mots de sa prière, méconnaître ses larmes, ses supplications, étouffer ses cris, ses frôles efforts, et assassiner la vierge en laissant à l’honnête homme qui voudra l'aimer plus tard, une femme flétrie et devenue folle!...

RAIMOND, se levant de toute ta hauteur au moment où Raoul te courbe

davantage.

Mon père!

Parle! parle donc!

i RAIMOND, après un mouvement d angoisse. A part.

11 faut le sauver à tout prix, (uaut.) Je ne peux pas! je ne peux pas!

DE BRIVE S, lui posant la main' sur l’epaule.

Restez assis alors, c’est l’attitude des accusés; leur front ne doit plus s’élever à la hauteur des autres!

RAOUL, sa levant à demi.

Mon père...

Raimond le retient , il se rassied.

Eh bien! j’attends encore!

RAIMOND, à part.

C’était Hélène!...

Ainsi, ni l’un ni l’autre, vous ne pouvez me répondre? Vous n’essayez môme pas de nier! Et vous êtes mes enfants ! mon nom est votre nom, mon honneur est votre honneur! et moi, magistrat, moi qui dois l’exemple, j’ai juré justice à la loi, dont je suis l’apôtre, à ma conscience, dont je suis l’esclave! Savezvous bien, pourtant, que c’est une affaire de bagne et de galères, cela, messieurs?

RAIMOND, bas à Raoul, eu le regardant.

Oh! malheureux!

Pour la dernière fois, je vous adjure ! Toi, Raimond, autrefois tu étais le plus expansif des deux!

L’OUTRAGE

RAIMOND, »c levant.

Monsieur, interprétez comme vous voudrez mon silence, croyez que c’est celui d’un criminel, je ne vous contredirai pas.

Il remonte.

Raoul!...

RAOUL, balbutiant en sf levant, et après avoir regardé ton frère.

Ce que vient de dire mon frère aurait pu être dit par moi.

DE B RIVES, tombant assis accablé à droite.

Ah! malheureux que vous êtes! Je n’avais pourtant pas mérité cela!... voilà donc ce que vous gardiez à la tin de ma carîière: c’était de voir salir dans vos débauches mes quarante ans d'honnète pauvreté !

Il suffoque.

R AIMOND, très- ému.

Ah! mon père!... mon pauvre père!

Il pleure ! il pleure ! séchez vos yeux, allez ! vous ne pouvez plus pleurer que des larmes de boue; je pleure aussi, moi... Mais sur les fils de votre mère, et mes larmes doivent faire

tache SUr VOUS comme du sang ! (on voit Raimond terrer la main de Raoul à la lui meurtrir. M. de Brives reprend eu se levant.) Allons, je Vais

donner ma démission, et comme je n’avais que mon traitement pour vivre et que j’aimerais mieux balayer les cours des prisons que de rien tenir du moins coupable de vous deux, je vais redevenir simple avocat; mais prenez garde qu'à la suite de vos plaisirs, on vienne me demander un jour de plaider contre vous, je ne m’abstiendrai pas deux fois.

RAOUL; apres une hûsiULion qui dure depuis les braies de Raiinood.

Qu’arrivcrait-il donc , monsieur , si l'un de nous se dénonçait?

R Al M ON D, vivement.

Taisez-vous, Raoul (avec intention), vous rêvez quelque chose de généreux peut-être, mais nous ne devons pas plus faire une telle question à notre juge qu’il ne devrait y répondre... (Raoul

fait un mouvement J

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