‹ L'ouvrier agricole; observations vécuesChapitre 4 sur 15 · CHAPITRE PREMIER LA FENAISON. — DANS LA BRIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LA FENAISON. — DANS LA BRIE

Les domaines agricoles, dans la Brie, sont vastes, et le locataire ou propriétaire de la ferme est ordinairement un (( monsieur » qui en dirige l'exploitation. Le personnel, nombreux, se compose d'éléments fixes, les hommes engagés ^à l'année, et d'éléments accidentels réunis à l'époque des grands travaux d'été : journaliers de la localité voisine et u roulants » qui se présentent et que Ton embauche sur-le-champ, sans exiger de références ou de papiers d'identité; le travail presse et les bras manquent.

S I . — Sur la route de Paris à Melun

Au milieu des grandes propriétés qu'elle traverse, la route de Melun jette la colonnade de ses arbres et leur voûte de verdure. Abandonnant cette perspective solen-

nelle, je m'engage dans un chemin qui conduit à une ferme dont j'aperçois au loin les bâtiments. Gomme j'en approche, j'aborde un homme qui conduit un troupeau de moutons :

« Pouvez -vous me dire si le patron embauche ?

— Je ne crois pas. Avec ces pluies qui n'en finissent pas, tout est en retard et tout travail reste impossible. S'il venait à faire soleil, il pourrait se présenter dix hommes : on en prendrait dix. Mais maintenant on a peine à utiliser le personnel... Tenez ! le patron est là-bas : allez donc lui parler. »

Le « patron » sort de la ferme, précédé d'une équipe d'une vingtaine d'hommes qui, le casse-croûte de quatre heures terminé, se rendent aux champs. Je l'aborde en retirant ma casquette. Il soulève son chapeau, m'invite à me couvrir et me répète ce que venait de me dire le berger. Puis il me conseille de chercher dans les fermes voisines oii il se pourrait que l'on eût dès maintenant besoin d'une paire de bras.

J'avise, plus loin, de longs toits surgissant du milieu d'un bouquet d'arbres. Après une demi-heure de marche, je rencontre près de la porte le (r commis » (i). Il me dit que le mauvais temps persistant de ces dernières semaines empêche les embauchages et que c'est tout juste si l'on peut occuper les hommes déjà engagés.

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