HOMMAGE A L'OUVRIER
Quand du chaos où sommeillait le monde Dieu fit sortir les éléments divers,
Tout s’anima ; sa puissance féconde Versa la vie et peupla l'univers.
De la nature architecte suprême,
A sa grande œuvre, à ses vastes travaux, IL employa six jours, et le septième,
Le Créateur consacra Île repos.
Et toi, qu'il fit à sa divine image, Qu'il créa roi de ce globe mortel, Toi qui reçus un si noble partage, Sur cette terre imite l'Éternel !
Faible ou puissaut, pauvre ou dans l’opulence,
Pendant six jours, sois fidèle au labeur Que le destin ici-bas te dispense ; Mais le septième est le jour du Seigneur.
Consacre-lui ce jour par la prière; En vains plaisirs ne le dépense pas.
11 protégea ta tâche journalière; Bénis son nom cet repose tes bras. Demain encor, sa bonté souveraine Redoublera ta force et ton ardeur ; Demaiu encor, tu renoüras ta chaîne :
Mais aujourd'hui, rends grâces au Seigneur !
Ainsi, sans crainte, avance dans la vie!
L'œil qui sur Loi veille matin et soir T'éclairera, comme une étoile amic
Du pèlerin vient ranimer l'espoir.
Reconnaissant, poursuis tes destinées ; Laisse aux ingrats l'oubli d’un bienfaitceur. Brave ouvrier, travaille six journées ; Mais la septième appartient au Seigneur.
Oh! ne va point, pour un profit blämable, Braver la loi qu'il voulut l'imposer;
Faible mortel, quand la main est coupable,
La voix de l'âme est là pour l’accuser.
La conscience est le livre du sage,
Qui l'accompagne en tout temps, En tout lieu;
Ouvre ce guide, et lis à chaque page :
Donne à Dieu seul ce qui revient à Dieu.
G, Lamnorte, typographe à Liége.
CEE)
Dans son Dictionnaire encyclopédique, l'abbé Mullois, chapelain de l'empereur Napoléon HF, chevalier de la Légion d'honneur, membre du chapitre impérial de Saint-Denis, mort récemment, a donné un arlicle remarquable sur le dimanche. Comme il s'adresse spécialement aux ouvriers, nous allons le reproduire. L'auteur montre, dans cet article, que l'observation du dimanche cest prescrite par une loi de Dieu; que ce jour est un jour d'instruction pour l'ouvrier; que ce repos du dimanche lui est nécessaire; il réfute les objections populaires; il parle des châtiments infligés, par Dieu, aux violateurs de cette loi, qui sont presque toujours malheureux dans leurs enfants ; il fait voir qu'un ouvrier qui travaille le dimanche ne peut parler de devoirs à ses enfants, ct il confirme cette assertion par une réponse naïve d’un enfant à son père.
« Le dimanche, dit M. l'abbé Mullois, c'est le jour de Dieu, de l’âme, des petits, des ouvriers, des pauvres, de la prière, de toutes les grandes choses. Malheureusement il n’est plus toujours bien compris, on en fait un jour de travail, de débauche, de honte. On a violé l’ordre de Dieu, et nous en sommes cruellement punis. Oui, le dimanche est un jour saint et il doit être fidèlement gardé.
» Il y a une loi de Dieu lui-même, poursuit l’auteur, et c’est sur ce point que je vais insister. On ne comprend plus guère ce que c’est qu’une loi divine. Une comparaison empruntée aux choses de la terre cxpliquera ma pensée.
» On dit, et on a raison de dire: « Il faut des lois. Une loi doit être » quelque chose de sacré; respect à la loi... » Oui, c'est vrai, respect à la loi des hommes; mais aussi respect à la loi de Dieu!
» On dit encore : « La lot est formelle, il y a un article du code : » prenez et lisez, voilà. Voulez-vous être plus fort que la lu? » Eh bien, il y a une loi de Dieu qui ordonne la sanctification du dimanche, c’est un article du code divin, article tombé sur le monde au milicu des éclairs et de la foudre du Sinaï ; et voici ce que Dieu a dit : Je suis le maitre, souviens-loi de sanctifier le jour du dimanche.
» Cette loi est claire, formelle, irréfragable.. et c’est clle qu’on ose violer !... On n’y songe pas assez. Mais savez-vous ce que c’est que de se révolter contre une loi ? Voyez ce qui se passe dans les choses de Ja terre. Les chefs des peuples font des lois, et elles sont observées, ou le glaive de la justice atteint impitoyablement le coupable. Qu'il y ait une révolte contre la loi du pays, soudain un cri s'échappe de toutes les bouches : « Mort ! mort aux rebelles !,.,» Vite une armée esten marche,
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ans cet article, i de Dieu ; que € ce repos du iaires; il parle Le loi, qui sont voir qu'un ouses enfants, ct ant à son père.
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et c’est sur ce : Ce que c’est es de la terre
e loi doit être rai, respect à
le du code :
‘?» Ehbien, hanche, c’est u milicu des L': Je suis le
le qu’on ose est que de choses de Ja rvées, ou le ‘il y ait une toutes les en marche,
puis la mitraille et les baïonnettes vengent la sainteté des Lois violées. S'il le faut, d’une ville il scra fait un monceau de ruines, pourvu que la force reste à la loi. Après cela, la prison, l'exil, ks bagnes jettent dans les âmes la crainte de la Loi,
» Voilà pourtant ce qui se passe quand une simple loi d'homme est violée. Quelle est donc la faute, quel est le châtiment mérité par celui qui viole la loi du Roi des rois, de celui qui tient le monde dans Île creux de sa main et le secoue pour en faire tomber les impies?
» Mais enfin, Dieu, est-ce donc moins qu’un homme ? Le tonnerre et la foudre du Sinaï, est-ce moins que la mitraille et les baïonnettes ? Qu'on ne s’y trompe pas, en dépit des blasphèmes, en dépit des scandales, en dépit de toutes nos prétentions, encore aujourd’hui, au dixneuvième siècle, Dieu est et reste le maitre... A lui seul de dire avec vérité : Moi, je vis.
» Je le sais, mes amis, et je veux être juste... De mauvais exemples et de méchantes paroles ont pu vous faire penser que cette loi de Dieu était tombée en désuétude.. Mais dites, que peuvent des actions et des paroles d’hommes contre Dieu ? Des paroles d'hommes ! c’est vraiment
bien la peine qu'on en fasse sas, vous êtes vraiment bien bons de vous y arrêter... je ne reconnais plus là votre bon sens, ce n'est plus vous.
» Laissez donc passer les hommes, leurs discours ct leurs criailleries, Malgré tout cela, la Providence va son chemin, et, dans son mouvement rapide, emporte les hommes avec leurs protestations au terme du voyage... et le terme, c’est la tombe pour le corps, l'éternité pour l'âme. C’est là que l’on s’expliquera. Ne vous laissez donc pas ébranler ; le monde n’est pas livré au hasard, à la violence ou à l’or, aux caprices des hommes, ils n’ont rien à voir là... il y a 1à-haut une autorité qui un jour dira : À mon tour, je me suis tu, j'ai gardé le silence... maintenant je vais parler, je vais renverser, je vais foudroyer. »
» On nous dit sans cesse : La religion seule peut nous sauver ; donnez donc de la religion au peuple, ramenez les masses à la religion.
» Mon Dieu! nous ne demanderions pas mieux; mais sans le dimanche comment le pourrions-nous? Pour faire du bien aux hommes, encore faut-il que le christianisme les rencontre quelque part... etil ne peut bien les rencontrer qu’à l’église ; toute la religion pratique est dans le dimanche, Supprimez la prière du jour de Dieu, quelle sera la religion des masses ? À quoi se réduira le ministère du prêtre ? A baptiser, à enterrer, à marier, et pas encore toujours, Or, est-ce cette reli-
gion qui suflira à éclairer, à contenir, à consoler et à sauver le peuple ?
» La religion qu'il nous faut, c'est, d'un côté, une religion ferme, claire et vivement dessinée; une religion qui tombe de haut, qui brise les répulsions ct n’admet pas de résistance; une religion hardie, intrépide, qui n’ait peur de personne, qui, comme Moïse, s'élance sur la brèche au-devant des passions de tous, au-devant des passions qui se drapent dans l'or ou qui se drapent ‘ans la faveur populaire, et sache dire à toutes : Arrêtez, arrêtez! au nom de Dieu, vous ne passerez pas, ou malédiction sur vous!
» D'un autre côté, la religion qu'il faut au peuple, c'est une religion bonne, affectueuse, dévouée comme une mère; une religion tout avivée de foi et de charite, qui agisse, qui aille, qui vienne, qui souffre, qui aime, qui se dévoue sous ses yeux, et puis qui se penche doucement vers son cœur, et lui dise, avec une maternelle douceur, une onction ineffable, céleste : O pauvre cher peuple, que tu as de mal sur la terre ! Tu souffres tant ! La sucur est sur ton front; la poussière ct le travail ternissent ton pauvre corps... Ton &'avail même ne suffit pas toujours à tes besoins, et avec cela des passions désolantes qui te tourmentent ! Oh! que ta vic est dure! Que je te plains !.. Mais écoute, tu ne scras pas toujours malheureux..… Tu es fils de bonne famille, un riche héritier ; un jour tu seras heureux... toi aussi tu auras du bonheur, du bonheur !... Je t'assure que c’est vrai, c’est bien vrai... Je l'en donne ma parole d'honneur, ou plutôt, une parole n’esi presque rien, je le jure par Dieu... je le jure par ma vie, je le jure par mes souffrances, mes dévouements et mes sacrifices ; s’il le faut, je le jurerai par l’effusion de mon sang... Attends done, cher peuple, attends, va, tu n’attendras pas longtemps.
» Voilà la religion qu'il faut au peuple; voilà la seule religion qui puisse l’éclairer, le consoler et le sauver; elle est logique, elle est sincère, elle est forte ; toute autre religion est déraisonnable, hypocrite et impuissante, indigne d’un grand peuple ct même d’un grand cœur. Or, elle ne se conçoit pas sans un enseignement religieux perpétuellement répété ; elle ne se concoit pas sans le dimanche.
» Ne pas observer le dimanche, c'est un crime contre Dieu, c'est même un crime contre l'humanité, L'homme ne peut toujours travailler, il a besoin de repos; or, le repos du dimanche, c’est joie et rafraichissement pour votre âme; c’est comme la petite fontaine entourée de verdure, au milieu du désert, pour nos soldats exténués par la fatigue, brûlés par le so!cil et le sable d'Afrique,
uver le peuple ?
religion ferme, > haut, qui brise n hardie, intrés'élance sur la passions qui se ulaire, ct sache nc passerez pas,
st une religion n tout avivée de ffre, qui aime, ment vers son tion ineffable, 'e ! Tu souffres ternissent ton tes besoins, et que ta vic est jours malheujour tu seras … Je l’assure l'honneur, ou u... je le jure nents et mes Dg... Attends mps.
religion qui elle est sinhypocrite et 1 cœur, Or, étuellement
Dicu, c’est urs travaile et rafrai- ‘ntourée de
la fatigue,
» Car Dieu à été bon pour le pauvre peuple dans l'institution du dimanche; s’il est permis de parler ainsi, on peut dire qu'il a été humain pour l’ouvricr; il a pris la peine de détailler sa défense avec une sollicitude toute maternelle : Vous ne travaillerez pas, dit-il, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, n? votre servante, ni même l'étranger qui réside au milieu de vous. Quoi de plus humain ?
» En effet, l’homme n’a reçu qu’un certain degré de force, il ne peut toujours travailler, Son corps n’est ni de bronze, ni de fer, il est d’argile... et si vous dépensez cette forec en peu d’années, alors ce sera la vieillesse avant le temps, ct votre maître ne se génera pas pour vous dire : Écoute, tu te fais vieux, tes journées ne sont plus bonnes, j'aime mieux des jeuncs gens; va-l’en, tire-toi d'affaire comme tu pourras; avec toi j'y pcerdrais...
» Et vous voilà sans travail, sans pain... tombé à la charge de la charité ou de vos enfants... Qui sait s'ils ne s’ennuieront pas... s'ils ne vous feront pas comprendre que quand on ne travaille plus on ne doit plus commander? Cela se voit. Heureux encore si l’on ne donne à entendre au pauvre vieillard que quand on ne travaille plus on ne devrait plus manger !.…
» Quant aux hospices, croyez-moi, n’y comptez pas trop, ils sont encombrés. Chose étrange, aujourd'hui, il faut de puissantes protec- Lions pour obtenir la grâce de s’en all:r mourir dans un hôpital ! Connaissez-vous une personne qui n'ait pas un homme à placer à l’hospice ? C’est au point que quelqu'un de haut placé disait : « Demandez-moi » tout ce que vous voudrez, une sous-préfecture ou une perception ; » mais ne me demandez pas une place dans un hôpital. » Aussi, dans les villes, de pauvres vicillaräs viennent sans cesse répéter ces paroles : « Est-ce que j'enircrai bientôt ? Je n’ai plus de pain, je meurs de froid, » On va me chasser de ma maison, faudra-t-il donc mourir dans » Jaruc? »
» Pauvres hommes ! les voilà voués à la misère et à la douleur pendant vingt et trente ans; vingt ans de souffrances quand on a déjà travaillé quarante ans, c’est trop ! c'est bien trop ! Aussi quelles tristes confidences, quelles explosions de douleurs s'échappent de la poitrine de ces vieillards : « Que fais-je encore sur la terre? Si j'étais mort! “ Le monde est-il donc sans pitié ? » Pauvre viciilard ! voilà donc sa part de bonheur à lui! Souffrir et mourir, voilà donc où sunt venues aboutir ses espérances de bonheur; car qui n’espère un peu sur cette
terre ?...
ns A
» Le monde est rempli de ces hommes qui abrégent leur vie, et le cœur est déchiré en les voyant pleurer. Avez-vous vu pleurer un homme ? avez-vous vu couler de grosses larmes sur des joues d'homme ? Dieu vous garde d’en voir, ça fait saigner le cœur. Dernièrement un de ces pauvres hommes, qui ont trop travaillé le dimanche, nous exposait ainsi sa douleur : « Le croiriez-vous! disait:il, on me trouve déjà trop » vieux, on mme repousse des ateliers ; ct je n'ai pas quarante-huit ans. » Dès qu’un homme grisonne, on n’en veut plus... alors que devenir. » que faire?» Voilà, mes amis, où mène le travail du dimanche, tandis que, dans les pays religieux comme la basse Normandie, la Bretagne, vous voyez des vicillards de soixante-quinze, de quatre-vingts ans même, droits comme des jeunes gens et gagnant leur vie jusqu’au dernier.moment. Ah! n'être à charge à personne, se subvenir à soimême, voilà quelle doit être l'ambition d'un honnête ouvrier.
» Mais, toujours amis du fruit défendu, nous avons en toute rencontre des excuses pour ne pas faire ce qui ne nous plait pas; nous sommes féconds de ce côté-là... Certainement, nous aurions tous droit à un brevet d'invention... Iei nous en avons une kyrielle que quelquesuns savent défiler bien mieux que leur Confiteor : Il faut vivre; on mange le dimanche comme les autres jours; qui travaille prie; mieux vaut travailler que d'aller au cabaret; ce n’est pas la religion qui donnera du pain à ma femme et à mes enfants... et patali, patata. On n'est jamais à court...
»1l faut vivre, vous avez raison, c'est mon avis. Et c’est justement pour cela qu’il ne faut pas tuer votre pauvre corps par le travail ; autrement, adieu l’ouvrage et adieu la vie ! Savez-vous que, dans les pays de fabrique où l’on travaille le dimanche, on ne peut plus trouver de quoi remplir les cadres de l’armée ? Il n’y a plus que des êtres faibles, malingres; mais plus de ces hommes qui sont capables de tenir une épée et de protéger l'antique honneur de la France. O France ! si tu n'avais que ces pays-là, où en serais-tu aujourd’hui ?
» On mange le dimanche... Hélas! oui... et on boit aussi, ce qui est beaucoup plus dispendiceux. Est-ce qu'on ne mange pas le lundi ? Et cependant vous ne travaillez pas, Vous voyez bien que vous nous contez des fariboles…
« Mieux vaut travailler que d'aller au cabaret... Qui vous force d’y aller, est-ce que je vous en parle seulement ? Ni lun ni l’autre ne valent pas grand’chose, mon camarade,
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donc inno( mais nom reste vous »
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limanche, tanandic, la Brequatre-vingts r vie jusqu’au ubvenir à soivrier..,
en toute renlait pas; nous ons tous droit que quelquesfaut vivre; on e prie; mieux gion qui donlata, On n'est
st justement avail ; autres les pays de uver de quoi êtres faibles, de tenir une rance ! si tu
si, ce qui est e lundi ? Et $ nous con-
us force d’v re ne valent
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» Il faut que je donne du pain à ma femme et à mes enfants. Voyez donc le brave homme! vraiment il est admirable! à l'entendre, c'est innocent comme l'enfant qui vient de naître... Vous travaillez le matin, mais vous ne dites pas où vous allez l'après-midi... En voilà de l’économie! Vous gagnez un frane le matin, vous en dépensez deux le soir, reste un franc... de moins dans votre bourse, Continuez; à coup sûr, vous deviendrez rentier.
» Enfin, mes chers amis, je veux bien que vous ne dépensiez pas, qu’il y ait pour vous profit réel à travailler ; c’est encore une mauvaise spéculation pour vous, vous avez affaire à Dieu, et c’est trop forte partie. 11 y a des gens qui sont vraiment charmants par leur simplicité, ils semblent dire : Bon, je vais jouer un tour au bon Dieu, et je vais lui substituer une somme ronde; puis ils s’agitent, ils travaillent... Mais voilà une maladie, voilà un chômage, voilà un accident, voilà une cherté, voilà un mauvais sujet de fils ! Adieu les bénéfices réalisés sur la conscience. I faut si peu de chose... Une petite gelée dans une nuit, une pluie, un petit insecte qui va piquer le blé dans sa racine, unc imperceptible maladie qui frappe la pomme de terre; puis c'est 1» souffrance, la misère, la faim.
» Mais, je veux aller encore plus loin, vous faire plus de concessions; votre travail du dimanche vous profitera, vous réussirez, vous gagnerez, en travaillant, trois francs par dimanche. Je vous l'accorde, je vous accorde tout ce que vous voudrez; voulez-vous six francs ? en voulez-vous dix ?.. je vous les accorde.
» Mais maintenant, écoutez... Dans quelques années, avant peutètre, un homme sera couché sur un lit de douleur, il tremblera sous le coup de la mort qui va le frapper... et cet homme sera vous! oui, vous, bien vous! vous en viendrez là, il faut que tout le monde y passe! Alors, dites? Que vous serviront vos trois francs, vos six francs, vos dix francs gagnés au détriment de votre conscience ? Voulez-vous que je vous dise à quoi ils serviront? Ils serviront à vous rendre la mort plus affreuse, l'éternité plus terrible. [ls serviront à vous faire oublier quand vous ne serez plus... Comme on se trompe! On travaille pour ses héritiers, et souvent ils vous insultent ; puis, dans cet argent, il y a comme une malédiction de cachée, qui amène la perte même de celui qui a été légitimement acquis.
» Aussi, comme nous sommes crücllement punis, La profanation du
dimanche est la cause d’une bonne partie des maux que nous endurons. Bien irréfléchi qui ne le voit pas... Des fléaux terribles nous aceablent, des calamités nous frappent, et lon s'en étonne; la cherté épouvante, la misère torture, la faim dévore, les maladies tuent, ct l'on s’en étonne, et l'on demande : Qu'ai-je fait? Les fortunes qui paraissent les plus stables sont subitement renversées, le déshonneur pénètre dans les familles les plus respectables, des enfants apportent ruine et honte au sein du foyer domestique, et l’on s’en étonne! Mais
celui qui a un peu d’intelligen’ ct qui sait s’en servir par la réflexion,
n'en est pas du tout surpris. Ce qui l’étonne, Jui, c’est qu’il n'y ait pas encore plus de calamités, quand il voit le jour de la prière et de l'expiation changé en un jour de scandales et de débauches. Y a-t-il un gain illicite à réaliser par le travail ou par le trafic, c’est remis au dimanche, Y a-t-il une promenade, un voyage à faire? Au dimanche. Y a-t-il une âme innocente à séduire? Au dimanche, Y a-t-il un jour à donner aux divertissements coupables, à l'orgie? Au dimanche; un jour de fête de la religion, ce sera mieux encore... Et l’on s'étonne? Mais s’il y a un Dieu, ex uul n’en doute, s'il se respecte, s’il tient à sa parole, il doit châticr.. Aussi, il a dit : Z{s ont profuné des jours que je me suis réservés; eh bien, je verserai sur eux les flots de ma colère.
» [Il est surtout aujourd'hui un châtiment d'autant plus terrible qu'il vient de là où on devrait le moins l’attendre. L'homme qui profanc le dimanche est presque toujours malheureux dans ses enfants. lei encore, on s'étonne et on demande ; Qu’ai-je fait? Dieu est le gardien des droits ct des devoirs, il üeui les cœurs dans sa main ; or, quand il voit ses droits méconnus, il dit any passions de ces jeunes cœurs : Partez, vengez-moi! Et il est crucliement vengé, il y a des familles qui souffrent plus de leurs propres enfants que de toutes les peines de la vie... On à mis au bas du commandement qui ordonne la sanctification du dimanche : Aboli... On a refusé l’obéissance.. Eh bien, le pére entendra sortir de la bouche de son fils cette insolente parole : « Je ne veux pas. » La mère entendra sortir de la bouche de sa fille même celle inconcevable parole : « Je le veux, cela ne te regarde pas. » fl semble que Dicu compte tous les dédains, toutes les injures, tous les soufflets qu’il reçoit d'un homme, pour les lui faire rendre par son fils.
» Je ne sais vraiment comment celui qui n'observe pas le dimanche peut parler de devoirs à ses enfants ; peut-il se poser en père ?
» Un enfant venait de faire sa première communion. Le dimanche
v‘ent sera u la scie »
dix-h:
Déjà « voix € à ton vore, essaye » À des ei tés ? À tion. \ tez. E n'en f vous € verge
Ce de qu'ell
que nous endu- « terribles nous onne; la cherté aladies tuent, ct es fortunes qui , lc déshonneur 1fants apportent en étonne! Mais par la réflexion, qu'il n'y ait pas la prière et de auches. Y a-t-il , C’est remis au ? Au dimanche.
Y a-t-il un jour 1 dimanche; un it l’on s'étonne?
te, s’il tient à sa des jours que je ma colère.
lus terrible qu'il e qui profanc le enfants. Ici enest le gardien n;or, quand il es cœurs : Parles familles qui es peines de la ne la sanctifica- . Eh bien, le te parole : «Je le sa fille même garde pas. » [l ijures, tous les re par son fils.
as le dimanche père ?
. Le dimanche
Ne
suivant, il met ses habits propres... — « Qu'est-ce que cela veut dire? » s’écrie son père. — Papa, reprit l'enfant, c’est aujourd’hui dimanche, » et je vais aller à la messe comme je l'ai promis... — Bah! laisse » donc, ct viens travailler avec moi. — Il y a un commandement de » Dieu. — Tout cela c’est des bêtises. — Après : Les dimanches tu gar- » deras, vient : Tes père et mère honoreras; est-ce des bêtises aussi? » Le père baissa les yeux, garda le silence et laissa son fiis libre d'aller à la messe ; c'était ce qu'il avait de mieux à faire...
» Un père de famille passe sans’ facon, le jour du dimanche, auprès d’une église, absolument comme si elle n’était pas placée là pour lui, ctil s’en va s’asscoir avec ses amis; là, il plaisante, il se rit de Dicu, de la religion et de ceux qui la pratiquent. Son fils va s'asseoir, de son côté, avec les compagnons de ses débauches, et tourne son père en ridicule, Il répète la parole qu'un jeune hommz2 répétait dernièrement, et que j'ai honte de redire : « Buvons, mes amis, mon imbécile de père a des » écus, nous les ferons danser. »
» Oh! mes amis, on ne se joue pas impunément de Dieu; tout devient verge dans sa main, même un enfant. Si ce n'est un enfant, ce sera un petit-fils, un gendre, une jeune fille. Et rien, ni la richesse, ni la science, ni l'éducation ne peuvent mettre à l'abri de ses coups.
» Voyez le fils du profanateur du dimanehe; il a à peine seize ou dix-huit ans, et il fait déjà trembler. On ne sait déjà plus qu’en faire. Déjà ses passions bouillonnent dans son âme, il y a en lui comme une voix de l'enfer qui lui crie : Lève-toi, grandis vite, bien vite, et rends à ton père tout ce qu'il a fait endurer à Dieu. Désobéis, dépense, dévore, abreuve-le d'amertume et chasse-le dans la tombe, comme il a essayé de chasser Dieu de la terre.
» Done, voulez-vous que la paix habite votre maison, voulez-vous des enfants dociles, voulez-vous que vos cheveux blancs soient respectés? A genoux devant Dicu!... à l'église... à la messe... Voilà la condition, Voulez-vous être obéi, obéissez ; voulez-vous être respecté, respectez, Et surtout, de grâce, ayez pitié de vos enfants! Ne les perdez pas; n'en faites pas les verges de Dieu, ne le forcez pas de s'en servir pour vous châtier; car Dieu est comme la mère, quand il s'est servi d'une verge pour punir, il la prend et il la brise. »
Ce travail de l'abbé Mullois est un petit traité du dimanche à l'usage de l’ouvrier, 11 montre le travailleur tel que l'Église le veut, et tel qu'elle seule le forme, s'il est docile, Avec ces principes et ces pra-
SR de
tiques, le fidèle observateur de la loi du repos et du culte sera aussi le fidèle observateur de la loi du travail et de toutes les lois de son pays. Le bon chrétien est toujours un bon citoyen.
Qu’on ne nous objecte pas, pour faire travailler l’ouvrier le dimanche, les pertes matérielles qui résulteraient de cette suspension pour le travailleur.
Une seule réponse suffirait ; savoir : Pourquoi donc tant de patrons favorisent-ils le chômage du lundi et les kermesses trop fréquentes? Le chômage prolongé du dimanche au mardi « prive l’ouvrier, à la fin de sa carrière, d’une somme de 6,000 à 7,000 francs. » En réparlissant cette somme sur les trois jours, l'observation du repos dominical n'y entre que pour un ticrs, savoir, pour 2,000 à 2,500 francs, sur lesquels personne ne compte, parce que le dimanche n’est pas un jour ouvrable. On est donc injuste à l'égard de l’Église quand on l’accuse de vouloir, par le chômage forcé d’un seul jour sur sept, diminuer l'avoir de l’ouvrier, tandis qu’on passe sur le chômage libre de deux jours de plus, ainsi que sur les kermesses trop fréquentes et trop prolongées. I ne faut pas deux poids et deux mesures.
D'ailleurs, quand, par exception, l'observation du dimanche doit causer une perte réellement considérable à l'ouvrier ou au patron, ils en sont dispensés, parce que les lois humaines n'obligent pas quand il résulterait de graves inconvénients de leur observation.
Mieux que les pays catholiques, les pays protestants comprennent la nécessité de l'observation dominicale. En Amérique, en Angleterre, le jour du Seigneur est rigoureusement chômé. Or, ce sont les deux pays les plus commerçants et les plus industriels du monde, Ils ne prétextent pas la nécessité de travailler ces jours-là. C’est donc, pour l'ordinaire, sans motifs qu’on prétend, en Belgique, que l’observation du dimanche causerait une grande perte aux industriels, aux commerçants, aux fabricants; ecux d'Angleterre ct d'Amérique se sont-ils appauvris par l'observation de la loi du repos et de la loi du culte? Et, si c'est en vain qu'on prétexte une perte que ferait le patron, c'est en vain aussi qu'on allègue celle que ferait l’ouvrier.
Voiei un extrait d’une lettre datée de New-York, le 15 janvier 18b1, et insérée dans plusieurs journaux, Elle montre comment, dans les
Etats chôm l'obse la loi lettre u |] qu'il Unis, les fo cimer seule:
ment bustil vail q » ( manu mer ( vapet mom:
pas r airs, obéis des 0 Icurs ple, ( tesqu »
ètre où la le jot w jour roule mart que répa ques dues
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e l’ouvrier, à la cs. » En réparà repos domini- ,300 francs, sur est pas un jour id on l’accuse de diminuer l'avoir : de deux jours rop prolongées.
nanche doit cauu patron, ils en nt pas quand il comprennent la en Angleterre, e sont les deux | monde. Ils ne là. C’est donc, ue, que l’obserindustriels, aux d'Amérique se s et de la loi du e que ferait le ferait l’ouvrier.
5 janvier 14851, ment, dans Îles
États Unis, ce pays si éminemment actif, industriel, commercant, on chôme le dimanche, sans redouter des pertes matérielles; et comment l'observation de la loi du repos profite à la religion, à l'observation de la loi du culte. Ces deux thèses sont développées par l’auteur de la lettre. Laissons-lui la parole.
« Dans les usines à feu continu, par exemple, on croit en France qu’il est impossible de ne pas travailler le dimanche. Or, aux États- Unis, où l’on se connaît aussi en industrie, les verreries elles-mêmes, les forges, les filatures suspendent leurs opérations chaque semaine. On cimente les portes des fours pour y conserver la chaleur ; on entretient seulement les feux qu’il scrait trop onéreux d’étouffer, Il y a certainement un peu de déperdition de calorique et quelque dépense de combustible en plus ; néanmoins le chômage est observé partout, et le travail qui le suit n’en est que plus béni.
» Combien de fois, le soir du samedi, n’ai-je pas vu dans les villes manufacturières, à Lowell, entre autres, un beau nuage blanc se former dans le ciel bleu au-dessus des fabriques et des ateliers? C'était la vapeur qui s’échappait avec sifflement des innombrables chaudières au moment de l'extinction des feux. Jusqu'au lundi, sa puissance n’était pas réclaméc sur la terre, et les blanches nuées, se répandant dans les airs, semblaient porter vers le trône de Dieu l'hommage des hommes obéissants à ses lois. À Lowell, si célèbre par la beauté et la moralité des ouvrières de ses filatures, ces jeunes filles se parent dès le matin de leurs plus élégants habits. Le plus vaste atelier est transformé en temple, et la parole grave du ministre retentit seule au milieu des gigantesques machines, des rouets devenus mucts.
» Le travail du déchargement des navires ne semble pas non plus ètre urgent et nécessiter une exception en Amérique; et celte nation, où la navigation est si florissante, suspend invariablement cet ouvrage le jour du repos.
» Dans les villes des États-Unis, les seuls magasins ouverts à pareil jour sont les pharmacies ; les échafaudages, les marchés sont déserts, le roulement des voitures, les cris des marchands ambulants, le choc des marteaux, tout a cessé ; et les bruits de la terre sont tellement éteints, que les sons de l’orgue et les chants religieux traversent les murs ct répandent le recucillement jusque sur les places publiques. fl y a quelques annécs, pour ne pas troubler les offices, des chaines étaient ten-
dues dans les rues, afin d'arrêter la circulation des voitures. Ces entra-
ves ont disparu, parce qu’elles devenaient inutiles, mais non pas parce qu’elles génaient la liberté individuelle, Les omnibus ne marchent pas le dimanche, le service sur beaucoup de chemins de fer est suspendu, les bateaux à vapeur restent à quai; les théâtres, les billards, les concerts, les salles de jeux sont fermés ; l’église seule est ouverte, ct, vers dix heures du matin, les cloches s’ébranlent au haut de cent clochers pour appeler les habitants à la prière. A cet appel, les rues se remplissent d’une foule soigneusement vêtue ; alers il est triste, sans doute, de constater la diversité des croyances, et de ne pas voir tous ces chrétiens s’agenouiller au pied des mêmes autels. Mais, au moins, chacun professe une religion ; ce qui est plus respectable que de n’en pratiqu aucune.
» De dix heures à midi, les rues sont littéralement désertes, et celui qui serait vu se promenant à cette heure, par les personnes qui gardent les maisons, serait jugé très défavorablement. Les enfants eux-mêmes s'abstiennent à pareil jour de se livrer à des amusements bruyants, et gardent dans leurs jeux un calme et une gravité remarquables. L'usage de tous les colléges ct pensions est de donner le samedi, et non le jeudi, pour jour de congé, afin que, la fouguc de la jeunesse ayant pris son essor le samedi, l'enfant puisse passer le dimanche sans tentation de sortir d’une réserve convenable. J'ai sous mes fenêtres un parc étendu qui, dans la semaine, est le théâtre des jeux assourdissants de plusieurs centaines d'enfants; le dimanche, il ne leur sert qu’à la promenade, sans qu'aucun garde ou factionnaire vienne les restreiudze à ce silence et à ce repos.
» Non-seulement dans les étabiissements publics, mais encore dans les maisons particulières, si un bal est donné le samedi, la danse s’arrête avant minuit, ct la société s’'empresse de se retirer sans songer à murmurer des bornes qu’elle sait mettre à ses propres distractions.
» En Amérique, les voyages sont également suspendus le dimanche,
et le négoce n’en souffre nullement. On en est quitte pour prendre ses mesures en conséquence. On se met en route le lundi pour ses affaires, et, grâce à la rapidité des chemins de fer, il est bien rare qu’on ne puisse étre de retour dans sa famille le samedi,
» Que l’on ne dise pas que cette obligation du repos ne profite pis à la religion, On n'a pas de prétextes de plaisirs ou de travaux pour se dispenser d'assister aux offices ; on s’y rend done avec plus d’exactitude, et, au contraire des choses humaines où le dégoût naît de l'habitude, le
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zèle est, en matière de croyances, le résultat inévitable de lassiduité.
» Les catholiques d'Amérique ne sont pas moins fidèles que leurs frères séparés à cette loi du repos. Dans nos églises, les hommes sont en aussi grand nombre que les femmes; la fréquentation des sacrements est un sujet de pieuse édification, et aux messes aù matin, le dimanche, la presque totalité de l’assistance s'approche de la Table sainte.
» Qui n’admirerait le recueillement de nos bons Irlandais, avec leur foi ardente qui les accompagne partout, sur le sol de leur adoption, comme sur le sol natal!
» Jlest, en Amérique, des professions pratiquées presque exclusivement par cette classe intéressante, celle de cocher entre autres; et je me suis amusé bien souvent de Pair de bonheur qui vient s'épanouir sur leur grossier visage quand, prenant un fiacre, je disais de m" "onduire à telle église ou à tel couvent. La vuc d’un gentleman catholique comblait d’aise mon aulomédon, qui fouettait alors ses chevaux avec enthousiasme; puis, à la porte de l’église, il descendait de son siége pour venir lui-même assister à l'office divin. Il y a quinze jours, une après-midi de dimanche, je faisais quelques visites, Il neigeait avec abondance, et le cocher témoignait une mauvaise humeur que j'attribuais au froid. Enfin, lassé de sa brusquerie, je lui en demande la cause, « Ne voyez-vous pas, me dit-il, qu'il neige trop fort pour que » je lise mes vêpres sur mon siège, en vous attendant? » A Paris, les pareils de mon Irlandais liraient un journal socialiste. Je préfère la lecture du Paroissien, qui leur apprend que Dieu frappe les superbes et élève les pauvres de la poussière, pour les placer dans le ciel avec les princes de son peuple.
» Sans doute, il résulte une certaine gêne de la privation trop minutieuse de toute espèce de distractions. Ainsi, les familles françaises se feraient un serupule de jouer du piano le dimanche, ne voulant pas scandaliser leurs voisins et faire dire aux passants : « Ce sont, évidem- » ment, des Français maudits (damned Frenchmen) qui demeurent là. » Mais la cause de cette abstention de plaisirs n'est-elle pas louable en elle-même? Il y en a si peu d’innocents! La musique amène la danse ; la danse dispose au mal; et quoi de plus contraire à l'esprit de recueillement qui doit régner le jour du repos ?
» Maintenant, dirai-je que le dimanche est religieusement observé par l'universalité des citoyens? Non, sans doute. Il ÿ a en Amérique, comme partout, des vicieux, des indifférents et des impies. I y a sur-
tout beaucoup de paresseux, que la moindre pluie dispense de se rendre au temple. 11 y a des églises où le ministre protestant donne l'exemple, et à la porte desquelles on lit en été une affiche avec ces mots : Fermé pour deux mois, à cause des grandes chaleurs. Mais, si la prière est trop souvent négligée, le repos est toujours observé, et ce repos a, par lui-même, quelque chose de religieux. 11 dispose à la prière et au recueillement ; il donne à l’homme le temps de remplir ses devoirs; il resserre les liens de famille ; il procure aux parents la jouissance de se voir pendant vingt-quatre heures entourés de leurs enfants, et de s’initier à leurs jeux et à leurs progrès. »
Cette lettre de New-York est très explicite. On y voit le respect
nérai des populations américaines pour la loi du dimanche. Ce respect va quelquefois jusqu'à l’exagération. Le fait suivant le prouve.
Lorsque Mgr. Fitz-Patrick !, évêque de Boston, séjournait au collége Saint-Michel à Bruxelles, en 1865 et 1864, nous avons eu l’occasion de l’interroger sur la sanctification du dimanche dans son diocèse. Le prélat a confirmé les détails que nous avions sur la rigueur de cette pratique ; il a même ajouté « qu’elle allait jusqu’au fanatisme. Ainsi, nous disait-il, on ne se permettrait pus d'ouvrir un piano, de jouer ou de chanter un air de musique. Une personne, par irréflexion, en fredonnerait un, qu'aussitôt ceux qui l’entendraient lui imposeraient silence, en lui faisant observer que c’est un jour de dimanche. »
Le même respect pour la loi du dimanche se montre en Angleterre. 1! a subi, il est vrai, une décadence; mais une proclamation de la reine Victoria, en date du 9 juin 1860, a rappelé cette prescription sacrée et ordonné son exécution.
« L'observation si sévère du repos du dimanche n'a point empêché l'Angleterre de s'élever au-dessus de tous les autres peuples par la perfcetion de son agriculture ct le développement de son industrie. Nous qui sommes chrétiens, nous qui savons que Dieu ne laisse pas sans récompense le moindre des actes accomplis pour obéir à sa loi, nous voyons, dans cette observation constante, la véritable cause de cette prospérité inouïe... Sans peut-être s’en rendre bien compte, les classes inférieures le sentent, tandis que les classes qui se regardent comme intelligentes et éclairées, aveuglées par les conséquences funestes de l'hérésie, tombent chaque jour dans une incrédulité plus compiète, et feraient bon marché, si elles l'osaient, de toutes les croyances, de
! Voir sa nécrologie dans les Précis Historiques, 1866, p. 278.
pense de se renint donne l’exeme avec ces mots :
Mais, si la prière vé, et ce repos a, à la prière et au ir ses devoirs; il \ jouissance de se fants, et de s’ini-
y voit le respect imanche. Ce resnt le prouve.
urnait au collége s eu l’occasion de diocèse. Le prélat le cette pratique ; si, nous disait-il, ou de chanter un fredonnerait un, lence, en lui fai-
: en Angleterre.
ation de la reine ription sacrée et
a point empêché uples par la perindustrie. Nous à laisse pas sans r à sa loi, nous e cause de cette
mpte, les classes egardent comme nces funestes de lus compiète, et s croyances, de
toutes les pratiques religieuses... Aussi, les promenades en voiture de l'aristocratie à Hyde-Park commencaient-elles à avoir lieu le dimanche comme les autres jours, lorsque le peuple, ému de cette violation du repos légal, s’est mis à jeter de la boue et des pierres à ces équipages. La majeure partie a compris cette leçon, et le nombre des élégantes voitures a singulièrement diminué le dimanche... On s’étonnera peut-être de voir le peuple de Londres attacher une grande importance à ces promenades en voiture, lorsque lui-même se promène à pied ; mais cette promenade entraine nécessairement un travail, œuvre servile des cochers et des domestiques, et c’est ce travail qu’il blâme, et nous n’oserions lui en faire un tort. »
Il y a quelques années, « une députation, à la tête de laquelle se trouvaient M. Peto, membre du Parlement; M. Cave, M. Horsfall, M. Leslie, M. Kinnaird, M. Somes, M. Abel Smith, M. Lefroy, tous également membres de la Chambre des communes, et composée de délégués, au nombre d’une centaine, des différentes associations formées, sur plusieurs points du royaurze-uni, pour recommander l'observation du dimanche, a eu une entrevue avec lord Palmerston, à Cambridgehouse, afin de présenter à Sa Seigneurie un mémoire ayant pour but d'inviter le gouvernement à combattre les cfforts qui se font, dans plusieurs villes, pour ouvrir des lieux publics d’amusement, le dimanche. Le mémoire demande, en outre, qu’on facilite aux classes ouvrières l’accès du British Museum, de la Galerie nationale et autres institutions du même genre, le soir, de sept à onze heures, deux fois par semaine, » Aucun journal sérieux de Londres n’a songé à s’étonner de cette démarche. Rappelons que, parmi nous, les efforts faits, par les associations libres, pour ramener une observation plus générale du dimanche, n'ont rencontré que mépris et injures de la part des journaux qui se disent les représentants de la civilisation et du progrès modernes.
« La proclamation de la reine, que nous citions plus hant, enjoint à toutes les autorités judiciaires et de police de veiller, avec le soin le plus attentif, à la fermeture des magasins de comestibles, débits de boissons, etc., surtout à l'heure des services religieux. A d’autres heures, leur fermeture est également exigée, sauf les pharmacies, où quelques personnes, chaque jour plus nombreuses, allaient chercher et même boire sur place, dans l’arrière-boutique, de l’eau-de-vie et d’autres boissons alcooliques qui, dans certains cas, pourraient, à la
rigueur, être employées comme remèdes, »
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On lisait dans l'International, en juin 1863 : « La Compagnie générale des omnibus de Londres vient de décider que tous les cochers et conducteurs de la Compagnie pourraient s’exempter du travail du dimanche en en faisant la demande la veille avant midi, « les direc- » teurs, dit l’arrêté de la Compagnie, ne voulant pas contraindre à » travailler le dimanche ceux qui auraient un motif de conscience » pour ne pas le fairc.» Cette résolution a été prise sur la demande de la société instituée pour procurer le repos du dimanche aux cochers de voitures de place et d’omnibus. Le secrétaire de cette société, écrivant aux divers journaux pour leur annoncer cette décision, ajoute : « Nous sera-t-il permis d'inviter le public, par votre organc, à s’asso- » cier à la pensée humaine et élevée des directeurs, en faisant, le » dimanche, le moindre usage possible des omnibus ? »
« Le repos du septième jour, qu'il doit sanctifier, ramène l’ouvrier à la contemplation des choses célestes, et, pendant que son corps se repose, son âme s'occupe et s'efforce de s'élever vers Dieu. Aussi, le travail profanateur du dimanche a le double mauvais vffet d’épuiser promptement l’organisation la plus robuste, et d’abrutir en peu de temps l'intelligence la plus apte à s’élever bien haut. Le dimanche sanctifié comme le veut l'Égiise catholique élève l'intelligence et fortifie le corps.
» Pour ies enfants, c’est une fête, c’est-à-dire un jour de joie et de bonheur, 1ls savent quel est le but de ce repos, ct ils reconnaissent une autorité qui leur enseigne au besoin jusqu’à quelle limite il doit s’étendre !.»
A l’exemple de l'Angleterre et de l'Amérique ajoutons celui de la Prusse. En 1865, on trouvait dans la Gazette de l’Allemagne du Nord une pièce qui mérite de recevoir une grande publicité. C’est une résolution délibérée par l'Association des Compagnons imprimeurs de Berlin contre le travail du dimonche. Elle est conçue en ces termes :
A l’occasion du rétablissement du travail du dimanche dans la plupart de nos imprimerics, l'Association des Compagnons imprimeurs de Berlin a voté la résolution suivante :
Considérant : — {° que le repos corporel et intellectuel constitue, après un travail assidu de six jours, un hesoin urgent pour tout travailleur ; — 2 qu'une activité, interrompue seulement par le sommeil le plus indispensable, affaiblit la force nécessaire au travail, tient le travailleur éloigné de toute tendance morale
1 L'Observateur du dimanche.
pagnie généles cochers ct u travail du , «les direcontraindre à e conscience demande de aux cochers société, écriion, ajoute :
ne, à s’asson faisant, le
ène l’ouvrier son corps se eu. Aussi, le fet d’épuiser * en peu de anche sancet fortifie le
de joie et de naissent une | doit s’éten-
s celui de la ne du Nord st une résours de Berermes :
lupart de nos \ voté la réso-
tue, après un 5 — 2 qu'une le, affaiblit la dance morale
plus élevée et l'en rend incapable; — 3° que le salaire du travail de six jours doit être suffisant pour faire vivre le travailleur, et que l'expérience preuve que la position du travailleur n’est pis meilleure quand il travaille sept jours ; — 4 que l'établissement du travail du dimanche, comme moyen de concurrence, est absolument blämable; — Do que le travailleur libre ne peut et ne veut rester au-dessous des esclaves de l'antiquité ni de ceux du temps actuel ; — l'Association des Compagnons imprimeurs de Berlin déclare que le travail du dimanche cest une mesure préjudiciable à la prospérité matérielle et intellectuelle qui doit être absolument rejetée, au point de vue moral, et invite, en s'en référant aux efforts faits antérieurement dans ce sens, toutes les sociétés de travailleurs, ainsi que tous les patrons bieuveillants, à publier des manifestations analogues et à réagir autant qu'ils le pourront conire la funeste habitude du travail du dimanche dans les ateliers.
Voilà comment !e dimanche s’observe dans le Nouveau-Monde, en Angleterre, en Prusse. Puisse la Belgique imiter ces beaux et utiles
exemples!
Ce que nous venons de dire montre que l’Église catholique, en rappelant sans cesse aux fidèles le précepte de l’observation du dimanche, se montre une bonne ct tendre mère, aussi soucieuse du bien-être physique que du bien-être moral et religieux de ses enfants. La loi du dimanche est done une loi éminemment sociale, parce qu’elle est dans la nature même de l’homme, qu’elle est une loi de liberté, qu’elle donne droit à l'instruction, qu'elle fait travailler pour l’âme, et qu'elle attire les bénédictions du Ciel sur les individus et sur les nations.
La loi du repos est dans la nature même de l’homme : ses forces physiques sont insuffisantes pour supporter sans interruption un rude travai!, S'il s'y livre, il vivra beaucoup en peu de temps, mais il ne vivra pas de longues années. La maladie ou les infirmités assaillent bientôt des travailleurs opiniâtres et imprudents, et une précoce vieillesse les arrache, avant l’âge, à leurs labeurs, pour les réduire à un
repos forcé et souvent à une existence fastidieuse.
La loi du repos est une loi de liberté. Dans les premiers siècles, l'Église, aflligée de la triste vue des esclaves traités impitoyablement par des maîtres sans cœur et sans foi, voulait abolir l'esclavage. Ne le pouvant tout d’un coup, elle défendit le travail aux jours de dimanche et d’un grand nombre de fêtes, De cette manière, les maîtres furent
forcés de laisser au moins un jour de repos à leurs escluves. De là, la dénomination d'œuvres serviles, ou de serfs, d'esclaves, les seules qui suient prohibées ; tandis que les œuvres libérales, ou d'hommes libres, sont permises.
De nos jours encore, comme aux temps de l'esclavage, la loi du repos dominical est une loi de liberté. A l’occasion de la société formée par les Compagnons imprimeurs de Berlin pour obtenir de leurs patrons le repos du dimanche, le Monde disait, en 1865 :
“ L'’ouvrier a le droit de vivre le dimanche sans travailler. Or, sans l’organisation du repos du dimanche, il a le droit de ne pas travailler le dimanche ou tel autre jour que bon lui semblera; mais ce jour-là, il n’a pas le droit de vivre. Ce qu’il veut et ce qui lui est nécessaire, c'est le droit de vivre un jour sur sept sans travailler. 1] n’en coûte ni aux producteurs, ni aux consommateurs de vendre et d'acheter six jours par semaine; l'observation du dimanche ne leur artache aucun bénéfice. Le même travail étant fourni par six jours de travail aussi bien que par sept, il en résulte que le salaire de six jours doit suffire à sept. Chaque corps d'état doit pourvoir à sa sûreté, en limitant l’action du capital sur l’ouvricr. Les patrons ne s’y refuscront pas. Si jusqu’à présent de graves malentendus ont régné et si l'entente n'a pu s'établir, c’est que l’ouvrier, exploité par les passions politiques, n'était pas maître de lui et obéissait à des mots d’ordre venus du dehors. Après maintes expériences, il voit que son sort cst dans ses mains, et que l'utopie est son principal ennemi. Le repos du dimanche n’est pas une utopie, puisque c’est la loi du travail dans la plus grande partic de l’Europe. Deux intérêts sont en présence : les patrons et les ouvriers ; les patrons prennent leur repos à volonté et sans que Île travail en souffre, car c’est un travail d'ensemble et de direction. Le travail de l’ouvrier n’a pas cette intermittence, et c’est sur lui seul que pèse le travail du septième jour, dont il est si facile au patron de s’exempter. Sous des formes adoucies, le patron et l’ouvrier représentent le maître et l’esclave de la société antique. La première conquête du christianisme fut de suspendre cette dure loi dutravail d’un jour sur sept, D’imbéciles philanthropes (car nous n’incriminons pas leurs intentions) ont rétabli en faveur du maître, du patron, du capitaliste, cette loi du travail. L'économie politique (la mauvaise, bien entendu) a favorisé ectte tendance, Armé du droit de coalition, l’ouvricr peut se sous-
ves. De là, la les seules qui ommes libres,
age, la loi du ociété formée leurs patrons
ravailler. Or, de ne pas tra-
lera; mais ce e qui lui cst travailler. 11 de vendre et inche ne leur ir six jours de e de six jours sa sûreté, en s’y refuseront el si l’entente ns politiques, venus du dens ses mains, manche n’est s grande paratrons et les
1s que Île traction. Le tralui seul que u patron de ‘ier représenière conquête d’un jour sur s leurs intentaliste, cette endu) a favopeut se sous-
traire au joug. Par l’organisation du repos, il ressaisit sa liberté, Sans
rence, »
l'institution du dimanche, il cst la proie de l’agiotage et de la concur-
Si l’ouvrier a droit à la liberté, il a droit aussi à l'instruction. L'instruction de l’ouvrier est un besoin social. Nous avons montré combien cette instruction est nécessaire pour faire éviter les désordres sociaux. Or, le travail du dimanche est le grand et implacable ennemi de l’instruction du peuple. Un grand défenseur de l'Église qui vient de mourir, un vrai ami du pauvre et de l’ouvrier, M. le comte de Monialembert, disait, dans son rapport sur l’obervation du dimanche, en 1850 : « 11 y avait pourtant un jour par semaine où le pauvre se sentait et se voyait l’égal du riche, investi des mêmes loisirs et placé au pied des mêmes autels. Il y avait un jour où, par l’ordre de Dieu, il cessait d’être assimilé à une machine qu’on fait fonctionner sans relâche, et où la noblesse de l’âme revendiquait le droit d’échapper au joug des besoins du corps! » Après cette éloquente revendication des droits de la dignité humaine, M. de Montalembert arrivait à cette conclusion : « Savezvous, messieurs, quel est le grand et implacable ennemi de l’instruction du peuple? C’est le travail du dimanche. C’est ce travail sacrilége qui le condamne à l'ignorance, qui lui interdit toute culture sérieuse et féconde de l'esprit et du cœur. »
Le dimanche, l’ouvrier doit travailler pour son âme. « Vous travaillez les jours ouvrables pour les autres ou pour votre corps, disait !e P. lejeune !; travaillez le dimanche pour vous-même et pour votre âme. Vous êtes marchand, vous avez compté toute la semaine avec vos créanciers ; rendez maintenant compte à votre Dieu. Vous êtes tailleur, vous ave: fait des habits aux hommes et aux femmes; faites maintenant des ornements à votre âme. Vous êtes serrurier, vous avez limé et poli le fer; limez et polissez votre cœur. Vous êtes laboureur, vous avez défriché et cultivé la terre; défrichez et cultivez votre conscience, au moins un jour en la semaine... Nous nous plaignons que les années ne sont plus aussi fertiles qu’elles l’étaient il y a quatre-vingts ans, que nous sommes accablés de subsides et accablés de toutes parts; c’est que Dieu nous visite comme nous le servons : on gardait mieux alors les petites fêtes qu’on ne fait en ce temps-ci le jour de Pâques. Un bon vieillard me disait, il y a quelque temps : « Je demeurais, il y a environ
1 Sermons, |, 11, p. 277.
» quatre-vingts ans, chez un laboureur qui était si exaet observateur du » dimanche, qu'il ne voulait pas qu'on parlât aucunement des ouvrages » qu’on ferait les autres jours. » Faites ainsi, et vous prospérerez ainsi qu'ils prospéraient alors; employez bien le temps qui est destiné au service de Dieu, ct Dicu bénira le temps qui est accordé à l’entretien de vos familles; faites les affaires de Dieu les jours de fête, et il fera les vôtres les jours ouvrables. »
Le travail du dimanche n’est pas béni par Dieu. C’est à ce travail que nous pouvons appliquer ces paroles de David : «C'est en vain que
vous vous levez de bonne heure et avant le jour; c’est en vain que vous bâtissez une maison, si Dieu ne la bâtit avec vous; c’est en vain que vous gardez une ville, si Dieu ne la garde. » Loin d’être béni par Dieu, le travail du dimanche augmente l’indigencc. « Vous croyez peut-être, mes amis, disait saint Alphonse de Liguori !, que ce travail que vous vous permettez les jours de fête soulagera votre misère? Détrompezvous, il ne servira qu'à l’augmenter. On cite l'exemple de deux ouvriers, dont l’un vivait à son aise avec toute sa familie, et l’autre mourait de faim, lui et ses enfants, quoiqu'il travaillât même les jours de fête. Celui-ci, se plaignant à l’autre qui observait les fêtes, lui dit : « Comment fais-tu ? Je travaille continuellement, je m'épuise, cet je ne » puis parvenir à vivre, » L'autre lui répond : « J'ai tous les matins » affaire à un ami qui pourvoit à mes besoins. — Faites-moi vite con- » naitre, réplique le premier, ce bon ami. » Son camarade le lui promet. Un matin, il le r1ène à l’église et ils entendent ensemble la messe. Sortis de l'église, le premier demanda : « Mais où est donc l’ami qui a » soin de toi? — Hé! n’as-tu pas vu Jésus-Christ sur l'autel? répond » l’autre. Voilà celui qui pourvoit à mes besoins. » Souvenez-vous donc bien, mes amis, que c’est Dieu qui pourvoit à nos besoins, et non pas le péché; Dieu prend soin de ceux qui observent ses lois; il rejette ceux qui les méprisent. »
On ignore assez généralement que Proudhon est l’auteur d'un mémoire sur l’Utilité de la célébration du dimanche, mémoire soumis au concours ouvert, en 1859, par l'académie de Besançon. M. l'abbé Doney, aujourd’hui évêque de Montauban, déclarait ce travail « parfait sous le rapport des principes religieux, » et prédisait à l’auteur « qu’il occuperait dans la philosophie de la religion et de l’histoire un
1 S, Liguori, {nst, sur les prée. du Décal. et sus les Sacr., p. 95.
bservateur du
des ouvrages spérerez ainsi est destiné au é à l'entretien fête, et il fera
€ travail que
en vain que ain que vous ten vain que éni par Dieu, rez peut-être, ail que vous
Détrompezple de deux lie, et l’autre me les jours êtes, lui dit :
uise, ct je ne 18 les matins moi vite conde le lui proble la messe.
C l'ami qui a itel? répond UVENnEz-vous soins, et non is ; il rejette
ur d’un mée soumis au +. M. l'abbé ravail « part à l’auteur l’histoire un
rang des plus distingués, » Écoutons Proudhon lui-même, qui cependant niait Dieu : « Conservons, restaurons la solennité si éminemment sociale et populaire du dimanche, non comme objet de discipline ecclésiastique, mais comme institution conservatrice des mœurs, source d'esprit publie ct garantie d'ordre et de liberté. Dans la célébration du dimanche est déposé le principe le plus fécond de notre progrès futur ; c'est à la faveur du dimanche que la réforme s’achèvera, »
Dernièrement en France, le ministre du commercé et des travaux publics adressait aux préfets la circulaire suivante, pour leur rappeler les prescriptions antérieures sur l'observation du dimanche dans les ateliers qui dépendent de son département, Le ministre montrait par là que lui aussi regardait l'observation du dimanche « comme une institution conservatrice des mœurs, source d'esprit publie et garantie d'ordre ct de liberté, »
Monsieur le préfet, par une circulaire en date du 20 mars 1849, un de mes prédécesseurs a décidé qu'à l'avenir, et à moins de circonstances exceptionnelles, aucun travail n'aurait lieu dans les ateliers dépendant du ministère des travaux publics, les dimanches et les jours fériés, pour les ouvriers employés à la journée au compte du gouvernement.
Il entrait naturellement dans la pensée qui avait inspiré celte disposition, qu'elle fût étendue aux ouvriers par les entrepreneurs, et une nouvelle cireulaire, en date du 10 novembre 1851, a prescrit à MM. les ingénieurs d'introduire désormais dans les cahiers des charges des adjudications de travaux publies une clause portant interdiction du travail sur les ateliers des entreprises les dimanches et les jours fériés, sauf dans les cas où des circonstances exceptionnelles justifieraient une dérogation à cette règle.
Je ne doute pas, monsieur le préfet, que les prescriptions des circulaires cidessus mentionnées n'aient été jusqu'iciconstamment observées dans votre département. Je crois devoir néanmoins, en présence de plaintes fondées qui se sont produites sur quelques points, les rappeler de nouveau à votre attention et à celle de MM. les ingénieurs des ponts et chaussées, en vous invitant à prendre, s’il y a lieu, des mesures pour assurer leur exécution ponctuelle,
Recevez, monsieur le préfet, l'assurance de ma considération la plus dislinguée.
Le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, AnuanD Bénic.
Terminons ce paragraphe par une charmante pièce de vers, œuvre d'un jeune poëte liégeois de grande espérance, M. François Lemaire, qui se cache modestement sous le pseudonyme de F. de Saint-Maur.
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