‹ L'ouvrier en face de la révolution [microforme]Chapitre 11 sur 13 · LE DIMANCHE D'UN BON OUVRIER · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE D'UN BON OUVRIER

Dimanche est arrivé, dimanche est jour de fête! On a quitté, riant, son paisible sommeil ;

Chacun chante ou sourit; la belle enfant s'apprête. Dans le plus petit coin, partout, sur chaque tête, il l'es Par la fenêtre glisse un rayon de soleil ! pour

La

par c

La cloche sonne au loin, on s'appelle, on se presse. ? A Enfin chacun est prêt, on s'achemine au pas. 2 écono Le père écoute, heureux, babiller la jeunesse,

Et l'on arrive enfin triomphant à la messe, , Dis Avec le gros missel de l’aïeul sous le bras. L'ivro

A l'église on se tait, et l'oflice commence, cote

La foule en se pressant est entrée au saint lieu; dans Et bientôt attentive, au milieu du silence, quelq L'âme de l’ouvrier s'agrandit et s'élance ; dessus

Car faibles et puissants sont égaux devant Dieu! souve

La messe terminée, on revient en famille. , L'ouvrier en priant a compris sa valeur. femm N'a-t-il pas son chez-lui, son bon feu qui petille,.… entret Son épouse qu'il aime, et puis sa grande fille ?.… des re L'ouvrier se mesure aux amours de son cœur, le cab Du courage et du cœur, une âme juste et franche, travai De la religion jusque dans ses amours, seine Voilà ce qui lui met du bon pain sur la planche, De la paix tous les jours, du plaisir le dimanche, de pa Et du bonheur, toujours. , l'impa Et puis le lendemain, quand lundi recommence, noté L'ouvrier au travail, heureux, retournera; perdu Car il voit ici-bas que tout n'est pas souffrance, cère, Qu'il est, au bout de tout, une sainte espérance... | ctje: Dimanche reviendra ! femm pas sc Il est donc constaté, par ce paragraphe et le précédent, que l'obser- - ci vation du dimanche ne cause pas des pertes matérielles ; que cette loi pr

est gardée dans les pays les plus commerçants et les plus industriels du > F x - aggra monde, dans les pays protestants; et que d'ailleurs la loi du dimanche ss + +» + . A OL cst une loi éminemment sociale, qui est dans la nature de l’homme; une ee.

Lu gr restée loi de liberté, qui donne droit à l'instruction, fait travailler pour l'âme, ; MAR fe avec | attire les bénédictions du Ciel, 1 En

que l'obserque cetie loi ndustriels du du dimanche homme ; une r pour l'âme,

La troisième cause de la maladie de la société ouvrière est indiquée par ce proverbe : Le chemin du cabaret est le chemin de l'hôpital. Oui, il l'est pour le moral comme pour le physique, pour la société comme pour l'individu.

A celte plaie du cabaret il faut opposer, comme remède, une sage économie, une constante sobriété et l'association catholique.

Disons d’abord un mot de l'habitude invétérée des abus du cabaret. L'ivrognerie est un défaut dont l’ouvricr se corrige difficilement, mais celte correction n’est pas impossible. « Quand il y a encore du cœur dans un homme, dit l'abbé Guillois t, quand il y a un peu de ressort, quelque vieux reste de l'honnète homme, le bien finit par prendre le dessus et le mal déloge. Grâce à Dieu, ce consolant spectacle se voit souvent.

» Un peintre en bâtiments, bon ouvrier d'ailleurs, marié à une femme courageuse et active, pouvait, avec le produit de ses journées, entrelenir l’aisance dans son ménage, en même temps que se préparer des ressources pour l'avenir. Par malheur, notre homme fréquentait le cabaret; et adieu le bien-être, adieu la sécurité, récompense du travail et de Ia conduite régulière { Après une semaine, après une quinzaine de labeurs assidus, il se laissait entrainer ; et c’étaient huit jours de paresse, de fureurs, de désordres. Puis, l'ivresse passée, venaient l’impatience du remords ct de la honte, la conscience de son abaissenient, de sa lâcheté, du scandale qu'il ovait donné; huit jours encore perdus dans le découragement, dans l’abattesnent d’un repentir sincère, mais stérile. Telle fut la vie du malheureux pendant douze ans, ct je vous laisse à penser quelle devait être, auprès de lui, celle de sa femme ct de son enfant; car cette détestäsle passion de l'ivresse n'a pas seulement pour résultat inévitable la dégradation et le malheur de ceux qui s’y livrent, elle fait le tourment de leur famille, victime de l’égoïsme de son chef, qui sacrifie tout à son vice, ct trop souvent encore aggrave par ses brutalités les misères dont il est cause. Il y a un peu plus d’un an, la femme du peintre recucillit une pauvre sœur à elle, restée veuve sans ressource aucune, et qui sc mourait de la poitrine avec la pensée douloureuse qu'elle laisserait orpheline une petite fille

1 Encyclopédie, au mot : Défaut.

de onze ans. Elle n’osait dire à sa sœur : Prends ma fille et sers-lui de mère quand je n’y serai plus. C'était imposer à sa sœur une charge nouvelle, et peut-être exposer l'enfant aux reproches comme aux emportements du mari, alors qu’il rentrerait la tête exaltée par le vin ou l’humeu: aigrie, après avoir dissipé en libations coupables le pain de toute une semaine. Mais les prières de l’infortunée, unies à ses souffrances, devaient attirer les bénédictions de Dieu sur cette famille, où, dans sa détresse, elle avait trouvé unc hospitalité cordiale de la part de son beau-frère lui-même. Oui, malgré ses égarements, il y avait du bon chez cet homme : il se montra compatissant pour la malade, et il accueillit avec bienveillance et respect le saint prêtre qui venait apporter à la mourante les consolations de la religion. Un jour même que la pauvre mère serrait sa fille dans ses bras et semblait lui dire, en la couvrant de baisers et de larmes, un adicu plein d’anxiété, l’ouvrier lui prit la main, et d’une voix attendrie il lui dit : « Louise, ne vous » chagrinez pas pour l'avenir de la petite; ma femme ct moi nous en » prendrons soin, nous l’adoptons par avance; et, tenez, je vous le » jure ici, je renonce à jamais à la boisson; l’argent que je perdais à » m'enivrer suffira, et au delà, pour nourrir l'enfant. — Merci, frère, » dit la mourante, merci pour cette bonne parole qui, je le vois à vos » regards, est sérieuse. A présent, je mourrai tranquille. Que Dieu » vous bénisse et vous récompense! ma dernière prière sera pour » vous, » Quelques jours après, le lit était vide, l’enfant pleurait après avoir vu le cercueil sortir de la mansarde. Sa tante l’attira sur son cœur, en lui disant : « Du courage, chère petite! Oh! va, je l’aimerai » pour deux, Et le père aussi; n'est-ce pas, mon ami? — Oui! oui! » répondit celui-ci en cssuyant de grosses larmes; je l’ai dit, femme, » ct je ne m'en dédis pas. Arrière la bouteille! Je l'ai juré à la défunte » comme au prêtre, » En effet, lorsque l’ecclésiastique était venu pour assister la malade, l’ouvrier avait voulu renouveler devant lui son serment, « Je vous donne tout pouvoir sur moi, avait-il dit, monsieur » l'abbé; si vous apprenez jamais que je suis retombé dans mes an- » ciennes fautes, faites-moi venir et grondez-moi sévèrement, » Mais, grâce à Dieu, jusqu'ici il n’a pas été besoin de rappeler au brave ouvrier sa promesse, Depuis plus d’une année, il donne l’exemple de la sobriété comme de l’assiduité au travaii. Il a rayé définitivement le lundi de ses jours fériés; en un mot, il est corrigé. Sa femme aujourd’hui, en se rappelant les jours passés, qui lui semblent comme un mauvais rêve,

Ur donc lhab ait d senti sobr«

Ur la co est ui ct 60:

prud, cimo:

qu'av parti voyai ner ] voyal

La écon dépe voya le fr et l’ santé de l sobre l'extr robu et pc

ille et sers-lui de sœur une charge comme aux emtée par le vin ou pables le pain de unies à ses soufette famille, où, srdiale de la part nts, il y avait du r la malade, et il qui venait apporjour même que la it lui dire, en la inxiété, l’ouvrier Louise, ne vous e et moi nous en lenez, je vous le que je perdais à — Merci, frère, i, je le vois à vos quille. Que Dieu prière sera pour ant pleurait après e l’attira sur son ! va, je l'aimerai 1? — Oui! oui!

e lai dit, femme, juré à la défunte je était venu pour evant lui son ser- -il dit, monsieur bé dans mes anèrement. » Mais, au brave ouvrier iple de la sobriété nt le lundi de ses ujourd'hui, en se

in mauvais rêve,

goûte doublement son bonheur. Le mari non plus ne se trouve plus à plaindre : tous les jours, au contraire, il se félicite et ne se lasse pas de répéter à sa femme attendrie : « Et moi qui pensais faire un sacrifice » en renonçant au cabaret ! Quel dommage seulement d’avoir à regret- » ter tant d'années perdues! Ah! chère femme, combien faut-il que je » l'aime à présent pour te dédommager du passé! Et toi, petite fille, » viens que je l’embrasse pour ta pauvre mère qui nous voit, j'espère, » de là-haut. »

Un ouvrier qui a l'habitude de faire des excès dans la boisson peut donc se corriger et redevenir un bon et brave homme, alors même que l'habitude semblait invétérée. Que faut-il pour cela? Que cet ouvrier ait du cœur, qu'il lui reste quelque chose de l’honnète homme et du sentiment de famille; avec ces dispositions, il deviendra économe ct sobre; il sera heureux s’il est bon chrétien.

Une sage économie consiste dans l’ordre, la règle qu'on apporte dans la conduite d’un ménage, dans la dépense. Elle n'est pas l’avarice, qui est une économie excessive et déraisonnable, un attachement excessif ct sordide à ce que l’on possède. La sage économie se manifeste par une prudente épargne et une constante prévoyance. Cette épargne ou parcimonie consiste à user de ménagement dans la dépense, à n’employcer qu'avec réserve l'argent dont on dissose. Une honnête épargne fait partie de la prudence; une épargne outrée est de l’avarice, La prévoyance fait prendre des précautions pour l'avenir. Elle aide à détourner la misère, à faire réussir le travail et le gain. Une constante prévoyance n’entraine pas l'inquiétude; elle la prévient.

La sobriété accompagne ordinairement l’économie. Oui, un ouvrier économe sera aussi un ouvricr sobre. Usant de ménagement dans la dépense, n’employant qu'avec réserve l'argent dont il dispose, prévoyant la misère possible dans l'avenir, il ne portera pas au cabaret le fruit de ses labeurs : il sera tempérant, il évitera la gourmandise et l'ivrognerie, ces vices qui ruinent à la fois le corps et l'âme, la santé et la raison, tandis que la sobriété est la gardienne de l’une ct de l'autre. On voit des hommes d’un tempérament délicat, mais sobres, blanchir dans le travail et conserver des forces viriles jusqu’à l'extrême vieillesse; tandis qu'on en voit d’autres, d'une constitution robuste, s’affaiblir à la fleur de l’âge, tomber dans une molle indolence et périr avant le temps.

L'amour du travail ct la sanctification du dimanche, dont nous d

à avons parlé, contribucront beaucoup à la sobriété et à l'économie, parce neuf , que l’ouvrier religieux sera rendu meilleur sous tous les rapports. sera! Cette assertion n’a pas besoin de preuves. La sobriété et l’économie fre dans l’ouvrier chrétien seront basées sur des principes de morale et cübier de religion. Où, micux qu’à l'église le dimanche, l’ouvrier peut-il S " apprendre celte sobriété et cette économie? Dans les clubs, on lui ouvri parle de ses droits; à l'église, on lui prêche ses devoirs. L'ouvrier selon l'ouv la libre pensée a le droit de dépenser et de s’enivrer, et il ne le sait par | que trop; l'ouvrier selon l’évangile a le devoir d'être sobre et économe. faire L'association, procurant à l'ouvrir, avec d’autres avantages, une Je bn: bonne société et d'honnètes amusements, contribue également à lui qu'ils faire éviter les abus du cabaret. Nous le verrons avec plus de détails maté dans un paragraphe suivant. dima « Le but de ces associations ouvrières, disait M. Bivort au Congrès repos de Malines, en 1867 !, vous l'avez déjà compris, messieurs, c'est de de se moraliser, d’instruire l’ouvrier en le divertissant, et de lui permettre nique de passer l'après-midi du dimanche d ‘ne manière honnête et amu- ardet sante. Le jeune homme échappe ainsi aux abus du cabaret, On ramène “ la journée du dimanche à ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, appré c’est-à-dire, un jour de repos, un jour consacré au Seigneur; on n’en je de

l'ouv caba font

fait plus un jour de débauche, de fatigue et de démoralisation, comme cela n’a licu malheureusement que trop souvent dans nos localités

industrielies.

» Ces associations offrent de grandes ressources, même au point de vue récréatif : elles ont leur musique ou leur société de chant, leur chansonnier comique, même leurs orateurs et leurs poëtes. Rien ne manque dans ces belles réunions ouvrières : on y boit, mais modérément; jamais de vin ni de liqueurs; on y mange même quelquefois; on y fume, on y joue, mais pas pour de l'argent, on y tire des tombolas, etc.

» Tous ces divertissements, qui récréent et reposent l’ouvrier, sont entrecoupés de quelques lectures instructives et édifiantes, ou de quelques paroles adressées par l’un ou l’autre membre protecteur de l’œuvre, paroles qui sont toujours accueillies avec enthousiasme par l'ouvrier,

pour financ

jeure que d 5 fra lundi pour un cl

! Voir le compte vendu : Assemblée générale des catholiques en Belgique. Troisième session à Malines, 2-7 septembre 1867, Première partie, page 181.

che, dont nous ‘économie, parce us les rapports.

é et l’économie pes de morale et ’ouvrier peut-il es clubs, on lui . L'ouvrier selon , etil ne le sait bre et économe.

avantages, une également à Jui € plus de détails

ivort au Congrès essieurs, c’est de de lui permettre honnête et amuaret. On ramène dù cesser d’être, cigneur ; on n’en alisation, comme ans nos localités

ème au point de té de chant, leur poëtes. Rien ne it, mais modéréime quelquefois ; y tire des tom-

nt l’ouvrier, sont ntes, ou de quelbtecteur de l’œuthousiasme par

gique. Troisième ses-

» Enfin, messieurs, l’ouvrier passe dans ces réunions, de quatre à neuf heures du soir, les heures les plus agréables, et cela sans dépenser au delà de 50 à 60 centimes chaque dimanche, au lieu de jeter 4 ct 5 francs, et quelquefois même 8 et 10 francs, dans les orgies du cabaret.

» Gui, messicurs, si aux bienfaits moraux ct religieux de ces sociétés ouvrières, vous ajoutez les avantages matériels qui en résultent pour l’ouvrier, vous serez cffrayés du mal qui se fait par la fréquentation, par l’abus des cabarets, ct, par conséquent, encouragés pour le bien à faire par l'établissement des sociétés ouvrières que nous préconisons. Je vous demande pardon d'entrer dans tous ces détails, mais je pense qu'ils offrent assez d'intérêt pour vous être présentés. Les avantages matériels sont incontestables : l'ouvrier, qui a passé sa journée du dimanche comme nous venons de l'indiquer. rentre le soir chez lui reposé, délassé, content, et toute la famil,: 5e ressent heureusement de ses bonnes dispositions. L’ouvrier, dans de telles conditions hygiéniques, peut reprendre, le lundi, son travail avec une nouvelle ardeur.

» Voilà pour sa santé et pour sa famille; et ici encore, pour apprécier à leur iuste valeur les avantages que je viens de signaler, je devrais vous dépeindre, messieurs, la rentrée dans sa famille de l'ouvricr qui a passé une grande partie de la journée ct de la nuit au cabaret. Sa femme ct ses petits enfants (car, lorsqu'ils sont grands, ils font comme leur père), qui l'ont attendu jusqu’à une ou deux heures du malin, sont, à son retour, l'objet des brutalités les plus ignobles. Le malheureux ouvrier, à qui le froid de la nuit a rendu une partie de sa raison, rentre chez lui abimé de fatigue, malade, la bourse vide, le désespoir dans le cœur.

» Laissez-moi, messieurs, jeter le voile sur ces scènes désolantes pour la famille et pour la société, et voyons seulement le résultat financier,

» Comme je viens de le dire, l’ouvrier qui a passé au cabaret la majeure partie du dimanche et souvent une partie de la nuit (je ne parle que de l’ouvrier qui abuse du cabaret), y a dépensé au minimum 4 à 5 francs, Si, à cette dépense, vous ajoutez la perte de la journée du lundi, la dépense qu'il fait encore ce jour-là, l’amende qu’il encourt pour manquer ou pour arriver trop tard à son travail, vous arrivez à un chiffre vraiment désolant.

» L'abus du cabaret, messieurs, c'est la plaie de la classe ouvrière dans nos localités industrielles. D’après les derniers relevés officiels, la Belgique est dotée aujourd’hui de 95,000 cabarets. Supposons que l’on ue dépense chaque dimanche que 10 francs en moyenne par .abaret, ee qui est malheureusement beaucoup au-dessous de la réalité, je connais beaucoup de cabarets où l’on dépense chaque dimanche plus de 400 franes et 400 à 500 francs les jours de fêtes. Or, en admettant seulement ce chiffre de 10 francs par cabaret, cela représente une somme de 950,000 francs, soit un chiffre rond de 1,000,000 de francs, qui est enlevé par le cabaret, chaque dimanche, à l'alimentation de la classe ouvrière.

» Et dire que nous ne protcsterions pas? Non, c’est impossible, ct dussé-je être seul, comme industriel, je protesterai hautement contre de semblables abus, dont nous sommes tous les jours les témoins. »

A tous les maux réunis que nous avons signalés dans la classe ouvrière et qui proviennent de l'ignorance, des kermesses, des chômages, du cabaret; à tous ces symptômes de la maladie de la société, il faut opposer, comme remède général, l'association catholique.

Nous montrerons, dans ce paragraphe, que l’association catholique moralise l’ouvrier, et fait de lui un bon ct paisible citoyen; et nous montrerons, dans le paragraphe suivant, qu’elle élève l'esprit et le cœur de l’ouvrier au-dessus de sa triste condition, et fait fraterniser les ouvriers entre eux, et les riches avec les ouvriers.

« Le régime des corporations, des maitrises et des jurandes, disait, en 1869, M. Dubois-Thorn, gouverneur du Brabant !, avait été renversé à la fin dn siècle dernier; mais, si les associations imposées étaient abolies, les associations volontaires restaient proscrites. On n'avait plus la servitude, on n'avait pas la liberté.

» Aujourd’hui le droit d'association est partout reconnu plus ou moins. Chez nous, il est inscrit, avec le droit de réunion qui en est l’auxiliaire, au rang des dogmes constitutionnels. La coalition ellemême a cessé d’être un délit, Les ouvriers ne peuvent donc plus se dire asservis et victimes ; de faibles qu'ils étaient individuellement, ils sont

1 Travail-Épargne. Discours prononcé le 6 juillet 1869, à l'ouverture de la session ordinaire du Conseil provincial,

deve faire

sero qu'a

Loge ciati n’élé ditia viole l'Ég de n volo l’éco proc

N oui ciati

a classe ouvrière evés officiels, la pposons que l’on ne par abaret, a réalité, je cundimanche plus r, en admettant

représente une 0,000 de francs, imentation de la

st impossible, ct autement contre es témoins. »

lans la classe ounesses, des chôlie de la société, atholique.

iation catholique citoyen; et nous ève l'esprit ct le t fait fraterniser

jurandes, disait, 1, avait été reniations imposées t proscrites. On

reconnu plus ou éunion qui en est La coalition ellelonc plus se dire ellement, ils sont

verture de la session

su FE à

devenus forts par l'association ; ils peuvent se grouper, se concerter, faire grève; la violence seule leur est interdite. C’est l’affranchissement le plus complet du travail manuel. »

Or, les ouvriers, ajouterons-nous, s’interdiront la violence, ils seront forts par l'association, si cette association est religieuse. C’est ce qu’a senti notre siècle et c’est ce que prouvent les faits,

En Belgique, le droit d'association appartient à l’Église comme à la Loge. Il y a des associations catholiques, et aucun autre genre d'association ne rappelle mieux nos anciens corps de métiers, aucun autre n’élève plus l’ouvrier au-dessus de l’asservissement et de la triste cendition de victime, aucun autre ne le rend à la fois et plus fort et moins violent. En effet, quel est le but des associations ouvrières dans l'Église? C’est la moralisation par l’évangile. Et quels sont les moyens de moralisation qu’elles emploient ? C’est l'instruction et l'éducation, la volonté et l'énergie, l'amour du travaii et l'observation du dimanche, l'économie et la sobriété, outre les amusements que les associations procurent à leurs membres.

Nous avons donc raison de dire que tous les maux de la classe ouvrière trouveront leur remède général dans l’association, mais l’association catholique.

À l’époque de l’ouverture de l'Exposition universelle de Paris, M. Jules Simon a publié un livre sous ce titre : L'Ouvrier de huit ans. Le péril y est signalé d’une manière précise, et l’état des populations courbées de bonne heure sous le travail y est peint avec vivacité. Mais l’auteur est dans l’erreur en cherchant encore le remède, qui est trouvé depuis longtemps. « Malheureusement, a-t-on dit avec justesse, M. Jules Simon, qui signale si bien la situation douloureuse de la société, est hors d'état d'indiquer le remède qui doit la guérir. Il cherche ; mais on dirait qu’il a la conviction de ne pas trouver. Il déplore que les pères, les patrons, les jeunes filles, les mères et les ouvriers ne soient plus dans les conditions qui pourraient les diriger vers le même résultat, en les inspirant d'un même désir. » L'auteur dit à la fin de son livre : « Où est le temps où saint Vincent de Paul » rassemblait quelques femmes et leur mettait dans les bras les enfants » trouvés? »

L'excellente Revue catholique d’Alby a fait, sur ce passage, la réflexion suivante : « Si M, Jules Simon voulait regarder un peu autour

La D —

de Jui, il n’asrait pas de peine à s'assurer par lui-même des efforts tentés par le clergé et par les laïques qui marchent d’accord avec le clergé et sous son inspiration, en faveur des familles ct des individus pour qui il plaide, et dont il trace la douloureuse situation morale. Pourquoi ne le fait-il pas? Pourquoi s’obstine-t-il à regarder comme non avenu tout ce qui se fait au nom de la religion catholique? Il a la prétention d'apprécier chacun selon ses œuvres, et c’est son devoir de philosophe. Pourquoi est-il si complètement aveugle, et, dès lors, si injuste à l'égard de l'Église? Il y a là vraisscrt un prodige. Est-ce que l'on mettrait l'Église hors de la justice, comme, dans le temps dont le souvenir seul fait horreur, on mettait hors de la loi les suspects, c’està-dire ceux qui étaient juste: ! mor : :?»

De nos jours encore. non-sc:: : : 2: des Vincent de Paul rassemblent quelques femmes et leur mette “#8 bras des enfants trouvés, mais il y a des associations cathoisques pui: ‘ous les besoins ct pour toutes les douleurs; et c’est ce qu’on ne trouve pas en dehors de la sainte Église, catholique, apostolique et romaine.

« Interrogez, disait M. Bivort aux ouvriers !, tous les hommes de la libre pensée, ces gens qui vous sont inconuus, qui n’ont jamais rien fait pour vous et qui viennent vous faire sonner bien haut les mots d'égalité, de fraternité, en vous conseillant l'émeute et le pillage; ‘demandez-leur, à eux et à leurs devanciers, car ces aberrations ne sont pas nouvelles, demandez-leur, dis-je, de vous citer, de vous indiquer les institutions qu'ils ont fondées en faveur des pauvres ou des travailleurs ?

» Et en regard des rares tentatives, bientôt suivies d’insuccès, qu'ils ont faites avec l'argent d'autrui, mettez les innombrables bienfaits dont la religion catholique a couvert le monde. Comptez, si vous le pouvez, et les crèches pour l'enfance et les milliers d’écoles où l'enfant de l’ouvrier et du pauvre reçoit l'instruction gratuite ; comptez tous les hôpitaux pour les malades, les orphelinats, les hospices pour les vieillirds, etc. Enfin, mes amis, il suffit d'ouvrir les yeux pour constater ici encore que la religion, comme une bonne mère, a su trouver un remède à tous nos maux, mettre un baume sur toutes les plaies sociales, enfin trouver des consolations pour toutes les peines.

» Restons-lui donc attachés et dévoués de corps et d'âme, à cette religion de nos pères !

1 Revue générale, mars 1870, p. 266.

ne des cfforts accord avec le des individus ation morale.

xarder comme olique? Il a la son devoir de et, dès lors, si ge. Est-ce que temps dont le uspects, c’est-

ul rassemblent fants trouvés, esoins et pour 1 dehors de la

cs hommes de ont jamais rien haut les mots ct le pillage; aberrations ne , de vous indipauvres ou des

nsuccès, qu'ils bienfaits dont pus le pouvez, nfant de l’outous les hôpiour les vieilour constater su trouver un plaies sociales,

d'âme, à cette

» Nos associations ouvrières comptent aujourd'hui en Belgique plus de 50,000 membres; demain, si vous le voulez, nous serons 70,000 et après demain 100,000.

» Cent mille ouvriers qui se déclareront franchement et publiquement les défenseurs de la religion et de l’ordre social, cent mille ouvriers qui jouiront, eux et leurs familles, des bienfaits de la religion, et qui passeront paisiblement en bonne société la journée du dimanche, avec vingt-cinq. ou trente centimes, au lieu de dépenser quatre, cinq ct six francs dans des cabarets, où nalheureusement tant de nos travailleurs perdent avec leur argent leur honneur ct leur santé.

» Savez-vous, mes amis, ce que représente cette éronomie pour vous et vos familles? J’en ai fait le calcul : c’est une somme annuelle de plus de deux millions de francs.

» Voilà, messieurs, voilà, mes amis, l’un des grands remèdes aux maux et au ,nalaisc qui agitent nos populations ouvrières.

» Unissons donc nos efforts pour atteindre ce bnt, nous aurons fait une œuvre méritoire devant Dieu et devant la société tout entière; nous aurons prouvé une fois de plus que la religion seule pent résoudre ce grand problème social : la réconciliation du pauvre et du riche, l'harmonie entre le maître et l'ouvricr, entre celui qui possède et celui qui ne possède pas. »

Ainsi, ailleurs que dans l’Église catholique, on ne trouve pas l'eficacité de l’association pour assurer le bonheur de l’ouvrier.

Si les grévistes, au lieu de faire partie de l’Znternationale ou d'écouter ses circulaires ct ses orateurs, avaient été membres de la Sainte- Fumille, de l'Association de Saint-Joseph, de la Société de Saint-Jean- Baptiste, de l'Association de Saint-François-Xavier ou de quelque autre association catholique et active, se scraient-ils soulevés? N’auraient-ils pas trouvé ce qu'on cherche vainement en dehors de l'Église ?

Voyez ce qui se passait le 25 août 1868, à Charleroi. Les associations ouvrières de Saint-Joseph et de Saint-François-Xavier avaient leur réunion générale et annuelle. Il se trouvait là plus de mille hommes, venus d’Aiseau, de Binche, de Châtelet, de Dampremy, de Gilly, de Thuin et d’ailleurs, tous ouvriers. Quelques ecclésiastiques, quelques hommes de l'aristocratie industrielle de France et de Belgique, et quelques autres des plus honorables étaient venus s'associer à cette modeste fête de famille ouvrière et chrétienne. Ces ouvriers, c'étaient des frères. Or, on l'a hautement proclamé, dans ectte réunion même,

se FE

« pas un des membres de ces assucialions ne s’est trouvé compromis dans les troubles de mars et avril, pas un seuln'y a pris part. Les émeutiers, disait-on avec vérité, il faut les chercher au sein d’autres associations, qui s'étendent aussi tous les jours et qui ne prospèrent malheureusement que trop dans l’arrondissement de Charleroi. La lutte est établie aujourd’hui sur une vaste échelle entre le bien et le mal. La classe ouvrière est le champ où le combat se livre. L'industrie tombera, dans notre bassin, ov bien elle se relèvera, selon que l’un ou l’autre aura remporté la victoire. »

Citons un autre fait. Le dimanche 25 octobre 1869, les affiliés de l'Internationale traversaient les rues de Charleroi, pour aller à la station recevoir les orateurs belges du congrès de Bâle, qui devaient venir communiquer aux ouvriers leurs doctrines subversives. L’administration communale avait pris des mesures pour empêcher des troubles. L'après-midi, vers trois heures, un autre cortége d'ouvriers traversait également la ville de Charleroi. Là, il ne fallait pas de police; l’ordre public n’avait rien à craindre. C’étaient de rudes travailleurs qui se rendaient au local de la société ouvrière de Saint-Joseph, pour la réunion générale des sociétés de l’arrondissement. Ces ouvriers chrétiens, de Charleroi, de Châtelet, de Farciennes, de Goyssart, de Dampremy, de Thuin, avec des noms divers de sociétés, marchaient sous les bannières de saint Joseph, de saint Roch, de saint Maurice, de saint François Xavier. Ils venaient s'entendre sur les moyens de pourvoir aux besoins spirituels de l’âme. A cette séance assistaient des amis véritables de la classe ouvrière, tels que M. le comte d'Oultremont de Presles, MM. Houtart et Bivort, et bien d’autres laïques ct ecclésiastiques. Des rapports furent lus, des chœurs exécutés, des chansonnettes comiques chantées, des allocutions prononcées.

« Il y a cinq ou six ans, il n'existait dans Île pays de Charleroi qu’une seule société ouvrière, celle du chef-lieu d’arrondissement, ayant 150 à 200 membres, et fondée par des chrétiens qu'on est toujours sûr de rencontrer là où il y a du bien à faire : MM. Desart, Cliquet, Boens et Ch. de Gerlache; aujourd’hui, des sociétés identiques ont été créées dans toutes les localités environnantes, et elles comptent 2,000 à 2,300 membres.

On écrivait de Charleroi : « Le 50 janvier 1870, a eu lieu à Dampremy une touchante cérémonie : on a procédé à l'installation dans cette localité populeuse de l'Association de Saint-François-Xavier. Près

vé compromis art. Les émeud’autres assoospèrent malleroi. La lutte ien et le mal.

industrie tomn que l’un ou

, les affiliés de

aller à la stadevaient venir

L’administrar des troubles.

riers traversait police; l’ordre ailleurs qui se oseph, pour la ouvriers chréart, de Damparchaient sous urice, de saint ns de pourvoir t des amis véri- Dultremont de s ct ecclésias- , des chanson-

rarleroi qu’une nt, ayant 150 à pujours sûr de quet, Boens et ont été créées 2,000 à 2,300

lieu à Dampstallation dans s-Xavier. Près

PS

de deux cents travailleurs ont répondu à l'appel et sont venus recevoir leur médaille. Après la cérémonie religieuse, les nouveaux membres se réunirent dans le local de l’école communale, que M. le bourgmestre avait bien voulu prêter pour cette circonstance. Un grand nombre des associés de Goyssart et des ouvriers de Monceau, désireux de posséder, eux aussi, dans leur commune une association de ce genre, complétèrent l'assemblée. Là, MM. Jules Houtart et Clément Bivort, ces industriels qui se montrent véritablement les amis de la classe laborieuse, adressèrent à l'auditoire une allocution remplie d’excellents conseils et qui fut irès favorablement accucillie. L'établissement à Dampremy de l'Association de Saint-François-Xavier est un fait d'autant plus seureux que c’est dans cette localité que l'agitation fut la plus vive, lors de la récente grève des ouvriers mineurs. »

Aux associations d'ouvriers catholiques dont nous venons de parler, et qui sont très répandues en Belgique, il faut joindre une société nouvelle et moins connue, qui s’est formée récemment, grâce à l'initiative et au zèle d’un seul homme, mais d’un homme courageux ; société qui mérite de servir de modèle, C’est dans la petite ville de Dinant que M. André Sodar l’a établie en faveur des apprentis et des jeunes ouvriers.

« Frappé de l’envahissement de l'esprit du mal, disait-il au Congrès de Malines, en 1867 !, effrayé des progrès du respect humain dans ma petite ville parmi les jeunes ouvriers ; révolté par les maximes délétères des atelierset par les excès du cabaret, où ces intéressants et inexpérimentés jeunes gens vont s’étioler et perdre les restes des semences religieuses qu’on a déposées à grand’peine dans leur cœur par la première communion ; persuadé, d’un autre côté, que l’ouvrier a besoin, comme tout homme, du contact de ses semblables, et que l'isolement dans lequel on le laisse est une des causes les plus puissantes de ses désordres; j'ai établi, à Dinant, au mois d’avril 1866, avec un groupe de jeunes ouvriers qui fréquentaient l’école du soir, l’œuvre qui porte le nom de Société des jeunes ouvriers dinantais. Je fus bientôt convaincu de l'opportunité de cette réunion fraternelle par le nombre des jeunes hommes qui vinrent solliciter le bonheur d'en faire partie. À Dinant, messieurs, aucune distraction n’est offerte à l’ouvrier le dimanche, sinon le cabaret; par ennui, il y va; par ennui, il y séjourne; par ennui encore, il y contracte la funeste habitude de l’ivrognerie, qui est suivie d’un long cortége de misères et de hontes.

1 Voir le compte rendu, p. 280.

n L'apprenti, le jeuue ouvrier ainsi livré à lui-même, sans guide et sans protecteur, au moment de l'éveil des passions, doit presque infailliblement faire naufrage, surtout dans une petite ville où le respect humain règne en maître. Vous le savez, messieurs, telle jeunesse, telle vicillesse, Et l'éducation des enfants, et l’union des familles, et tous les devoirs du chrétien, sont livrés sans défense à tous les dévergondages ct au néant par une jeunesse sans principes.

« Ce qui perd l’ouvrier, disait le vénérable chanoine Külping, le père

des compagnons allemands, c’est qu’il n’a ni soutien moral, ni un

lieu de refuge qui ne soit plus l'atelier et qui ne soit pas le cabaret ;

il lui faut des entretiens qui l'élèvent, le fortifient et le réjouissent;

il Jui faut une instruction religieuse qui l’attache à sa foi et le rende

fier ; il lui faut surtout une activité de cœur qui puisse s'exercer avec

tous les autres. Donnez-lui tout cela, ajoutait-il, et vous verrez quel bien en surgira. »

» C'est pour atteindre ce but, messieurs, que j'ai rassemblé cette poignée de jeunes ouvriers, qui bientôt devait se multiplier et dépasser la centaine; que je lui ai donné un règlement, des diplômes, des livres, des jeux, des conférences, des exercices du corps et des excrcices religieux, dans le local que les Frères des Écoles chrétiennes oni bien voulu mettre à ma disposition.

» Le but de la Société est de se perfectionner en sc récréant, de rassembler les forces éparses ct de les unir par le seul lien puissant, la religion ; en un mot, de faire de bons chrétiens et d’habiles ouvriers. Dans les réunions Jominicales, les membres se divertissent à divers jeux, tels que le billard, les quilles, les cartes, etc. ; on leur fait des lectures et des instructions sur les connaissances usuelles; on examine ce qu’on fait, on combine ce qu’on a à faire; vient ensuite le salut; enfin, la soirée se termine par des dialogues, de la déclamation, de la musique, etc. De temps en temps, une personne étrangère vient donner une confc-ence. Lorsque l’un des membres tombe malade, il est visité par le directeur, le chef de section ou un ami particulier; on lui accorde des secours, s'il y a lieu, payés par la caisse de secours mutuels rattachée à l’associalion. Quand un membre meurt, les confrères portent le corps et font célébrer un service funèbre pour le repos de son âme, I] y a des prières spéciales pour les parents et les protecteurs de l’œuvre, lors de leur décès. Chaque année, les membres suivent une rctraite pascale...

sans guide et resque infailoù le respect eunesse, telle s, et tous les évergondages

Iping, le père moral, ni un as le cabaret ; e réjouissent ; oi et le rende exercer avec 1s verrez quel

semblé cette lier et dépasiplômes, des et des excrrétiennes oni

récréant, de 1 puissant, la s ouvriers...

sent à divers leur fait des on examine ite le salut; ation, de la re vient donalade, il est ulicr; on lui secours mules confrères r le repos de s protecteurs s suivent une

»“ En reliant toutes les sociétés du même genre, on parviendrait à former une vaste association ouvrière, qui est appelée à de grandes destinées. Le Christ a conquis le monde par la classe ouvrière; à son exemple, régénérons-le par le même moyen, »

A l'occasion d’un paysage fait par un artiste chrétien, le soldat poëte dont la Belgique s’enorgucillit, M. le major Auguste Daufresne écrivait, dans un journal, les paroles ct les vers que nous allons reproduire.

«Plus d’une fois déjà les œuvres de notre ami ont été louangécs aux dernières expositions, notamment à Paris, Mais, si réel et si complet que nous semble le talent de M. Sodar, ce n'est pas précisément pour cela que toute notre estime lui est acquise ; nous avons un motif de plus, c'est,comme me disait, un jour, le vaillant rédacteur de la Voix du Luxembourg, un chrétien des anciens jours; « c’est un de ces cœurs » Chauds et généreux qui comprennent toute la douceur de la grande » Joi du sacrifice et qui ne vivent que pour les autres. »

Seul, avec peu de ressources, M. André Sodar est parvenu à fonder une société ouvrière qui se compose de 125 membres, tous jeunes gens de 44% à 25 ans. Ces jeuncs gens reçoivent tous les jours l'instruction religieuse ; ils apprennent à lire, à écrire, à calculer, à connaitre l’histoire de leur pays, etc. Les résultats scientifiques et moraux obtenus jusqu’à ce jour prouvent l'excellence de l’enseignement et le mérite des professeurs.

Par un miracle de foi et de charité, M. Sodar a fait en sorte de trouver un local spacieux et agréable pour la société des ouvriers. Il a cru, avec raison, pouvoir compter sur l'appui et sur l'influence des catho: liques pour l’aider dans une bonne et grande œuvre, destinée non-seulement à régénérer Dinant, mais encore à s'étendre et à faire du bien en Belgique; car, en fondant une société de ce genre, nous croyons que M. André Sodar a touché à l’un des plus grands problèmes de notre époque : l'émancipation chrétienne de la classe ouvrière sans crainte à concevoir pour l’ordre des choses établi. C’est aux catholiques à l'aider dans la tâche entreprise.

Page 1