‹ L'ouvrier en face de la révolution [microforme]Chapitre 12 sur 13 · A LA SOCIÉTÉ DES JEUNES OUVRIERS DINANTAIS · texte numérisé non relu

A LA SOCIÉTÉ DES JEUNES OUVRIERS DINANTAIS

Ain : de la Swinte Alliance.

Sous le drapeau de l'amétié chrétienne, Dinant a vu s'unir des ouvriers.

Tout leur sourit : il faut que Dieu soutienne Ces mâles cœurs prosternés à ses nieils

AR, Grandissez donc, phalange travailleuse, ; De l'union recueillez les bienfaits. chi Formez toujours une famille heureuse, œul Ouvriers dinantais. sain Près de la Croix serrez-vous, jeunes hommes, É De ce grand livre écoutez les leçons :

Il vous dira ce que vraiment nous sommes, Gos D'où vient notre âme et pour qui nous naissons, soc Près de la Croix, on apprend la prière, à pou Et du travail on porte mieux le faix. :

La Caix est tout : amour, bonheur, lumière, tior Ouvriers dinantais.

leu:

Le front levé, sans haine et sans envie, fut Du joug du Christ vous portez le fardeau, leu:

Vous traversez cette orageuse vie d A u.

Voyant le Ciel au delà du tombeau. ; Votre travail, que la foi transfigure, Mai A pour vos cœurs de glorieux attraits. dan Dieu vient en aide à l'âme ardente et pure, l'au Ouvriers dinan‘ais, d'ol Tressez encor, tressez une couronne crif A l'amitié qui semble vous bénir. uéc Au loin déjà votre cercle rayonne, n Dieu lui promet un heureux avenir. mé Et c'est Sodur, qui, malgré vos misères, éer

fait de ous des ouvriers parfaits :

Amour à lui! c'est le meilleur des frères, .

Ouvriers dinantais. séal Le major Aucusre Daurnesne, en Bruges, © février 1869. den Il est done vrai qu'aucune association ne contribue autant que l’asso- ‘ p re P : , i : : Es Sail

ciation catholique à moraliser l’ouvrier, à faire de lui un bon et paisi- l' ble citoyen. " " AV pas Nous venons de montrer, pa: des raisonnements et par des faits, que dir l’associa\ion catholique est un remède générai aux maux réunis de ln c'es classe ouvrière, parce qu'elle moralise l’ouvrier, et fait de lui un bon AP et paisible citoyen. tres Ajoutons que l'association catholique seule est capable d'élever l’es- on prit et le cœur de l’ouvrier au-dessus de sa triste condition, de l'affran- .

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nt que l’assobon et paisi-

des faits, que réunis de la de lui un bon

d'élever l'es- , de l'affran-

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chir du servilisme matériel, en lui mettant sous les yeux les grandes œuvres qu’il peut accompiir, le degré d'honneur même, de gloire et de sainteté auquel il peut attcindre.

Écoutons le récit d’un fait particulier que relatait dernièrement le Constitutionnel du Limbourg, et qui montre l'influence qu’exerce l’association religieuse sur l’ouvricr, pour élever son esprit et son cœur, pour l’attacher à l’Église et lui faire abhorrer la Révolution.

« L'an dernier, disait le Courrier en 1869, au jour béni de l’Annonciation, des ouvriers cathcliques liégeois adressèrentaux plus honorables de leurs concitoyens, leurs frères dans la famille chrétienne, un appel qui fut volontiers entendu. La question était pour ces ouvricrs de prendre leur part à la manifestation universelle qui se produisit alors, à l'occasion du Jubilé sacerdotal de Pie IX, le Pape tou: :urs glorieusement régnant. Mais, en dépit de leur dénûment, ces ouvriers n’entendaient point, dans l’allégresse de leur cœur, que leurs mains restassent vides devant l'auguste misère de leur Père, le Vicaire de Christ-Jésus, A l'effet donc d'observer ce devoir de piété filiale, ils donnèrent des soirées par souscription, afin d’en affecter l'argent à l’une ou l’autre des pressantes nécessités du Saint-Siége.

» Dans l’intervalle, par une faveur insigne, Sa Sainteté daigna ellemême encourager leur entreprise en leur envoyant sa bénédiction, écrite de sa main vénérée en marge de leur humble supplique.

» Une somme assez ronde ayant élé ramassée à la suite de ces séances, il fut résolu par ces ouvriers qu’elle serait employée à l’acquisition de douze carabines à l'usage de la garde noble romaine. Le lendemain du jour où cette détermination fut prise, l'argent était encaissé, à titre d’à-compte, par les soins du comité diocésain pour la défense du Saint-Siége. Inutile de dire que le comité acquiesça gracieusement à l'intention marquée par les ouvriers catholiques liégeois.

» Pourquoi ceux-ci voulaient faire don de douze carabines, et non pas un don moindre ni supérieur, ni d’un autre genre, ils vont vous le dire. Une raison spéciale les a portés à s'arrêter à ce chiffre de douze; c'est qu'ils tenaient à consacrer chacune de ces armes à l'un des saints Apôtres; et ils tenaient à faire cette dédicace par le motif que les Apôtres, su temps où le Sauveur décida de leur vocation, appartenaient comme eux, les signataires, au petit peuple, à la race ouvrière,

» Mais ce n'est pas tout, S'il conste de ce fait que l'Église militante à

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débuté par ces douze ouvriers, n'est-ce point aussi par eux qu'elle verra terminer ses luttes ici-bas, lorsque, à la consommation des siècles, ces douze ouvriers siégeront pour juger les peuples et les princes? C’es donc que de l'ouvrier, qui était une faiblesse, l'Église, et l’Église seule, a osé faire une force, sans craindre d’être renversée par lui. En quelque sorte, l'Église a tout fait par l'ouvrier et pour l’ouvrier, Il n’est pas même besoin, pour s’en convaincre, de recourir aux deux extrêmes de l'existence terrestre de notre Mère; l'événement contemporain y suffit amplement. Nous n'avons, pour cela, qu’une toute simple demande à formuler, celle-ci : Sur quel tombeau, à l’heure présente, vont se prosterner les Pères du Concile, appelés à Rome de tous les points du globe ? N'est-ce pas sur le tombeau de deux ouvriers, de Pierre, le batclier; de Paul, le faiseur de tentes ?

» En dehors de l’Église, quelle puissance de ce monde pourrait élever l'ouvrier à ce degré d'honneur, à ce faite de gloire et, ce qui plus est, à ce comble de sainteté? Nulle, oh! nulle, pas même la Révolution qui s'épuise à courtiser l’ouvrier, afin de le perdre misérablement, bien loin de le sauver. En définitive, il n’y a que l'Église qui ait des moyens de salut efficaces. Et cependant, cette Révolution ne veut principalement qu’une chose : c'est que l'ouvrier cessât d'aimer l'Église, sa Mère, et en vint à la détester, comme si elle était l’ennemie de l'humanité. Ah! ce ne sera point nous, les ouvriers catholiques, les enfants de cette Mère, que la Révolution corrompra jamais pour aider à son cxécrable projet !

» Au reste, qu'a-t-clle fait, cette Révolution, à l'égard de l’ouvrier ? Après l'avoir enivré avec de fausses paroles d'égalité ou de justice, elle l'a rué contre toute autorité, En ce moment, l'Europe n'est-elle pas sur le point d'être ébranlée par l'agitation ouvrière? Faut-il, à ce propos, rappeler ces récents jours d'alarme, où tout proche de nous, par le fait de la Révolution, nos frères de Seraing et des environs devinrent de vrais émeutiers? Écartons, écartons ces sinistres souvenirs!

» Aussi, combien nous, ouvriers catholiques, l'en abhorrons davantage, celle Révolution ! Maudite soit-elle!

» Il vous sera dès lors aisé de comprendre, messieurs, qu'outre ce que nous avons voulu dédier nos douze armes aux saints Apôtres, qui furent des ouvriers, nous avons voulu également qu'elles fussent destinées aux gardes nobles, les vigilantes sentinelles du Sacré-Palais.

» Sans doute, la circonstance ne s’est pas encore rencontrée où l'on

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ait vu des ouvriers fournir des armes à des soldats de qualité en vue de soutenir le droit et la justice. C’est que non plus ces armes devaient témoigner, comme entre les mains si fières des gardes nobles, de la fraternité chrétienne qui confond dans une même affection toutes les classes en l’Église de Dieu, depuis les plus hautes jusqu'aux plus basses, desquelles nous sommes heureusement. Et non plus ces armes devaient surtout servir, comme entre les mains si loyales des gardes nobles, à tenir en respect la Révolution, qui est la même là-bas qu'ici, puisqu’elle enveloppe dans une haine égale n'importe quelle autorité, aussi bien la divine autorité de l'Église que l’infime autorité du moindre de nos patrons.

» Voilà, messieurs, quelles sont les raisons qui nous ont poussés à prendre la résolution que nous vous exposions tantôt, Certes, vous saurez les agréer. Partant, ct furts de cette approbation, nous vous demanderons de faire plus, c'est-à-dire de nous apporter votre concours, afin que notre dessein puisse être réalisé entièrement.

» Quoique fructueuse, la recette des deux soirées orgnnisées par nous en avril dernicr n'a pas atteint le chiffre de la somn: ; qu'exigeait la fabrication de nos douze carabines, Dans cette situation, il ne nous reste donc plus qu’à répéter l'heureuse tentative d'alors : donner par souscription une séance dramatique et musicale, pour la réussite de laquelle nous mettrons en œuvre toutes les ressources de nos minces talents d'ouvriers. Autant vous avouer que nous restons persuadés que votre générosité n’aura pas diminué depuis lors, ou plutôt qu'elle aura augmenté par l'exercice habituel de cette admirable vertu, l’antipode de l'égoïsme dans lequel s’est absorbé natre siècle. Il nous est même interdit de ne pas croire fermement à ce surcroît d'expansion chez vous, messieurs, maintenant qu’il s’agit pour nous, honnêtes travailleurs, de remplir une obligation rendue publique par une circulaire émanant du Comité pour la défense du Saint-Siége. Voici en quels termes trop flatteurs, cette pièce, datée du 11 mai 1869, constatait l'engagement que nous avions pris :

«“ Spontanément, sans invitation de notre part, une association d'ou- » vriers catholiques nous a fait demander de lui réserver douze cara- » bines, afin d'en offrir une au nom de chacun des Apôtres. Nous » livrons le fait, sans commentaire, aux réflexions des personnes favo- » riséss de la fortune. »

» Vous-mêmes jugerez, messicure, que force nous est bien de pour-

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