‹ L'ouvrier en face de la révolution [microforme]Chapitre 4 sur 13 · IX · texte numérisé non relu

IX

Nous avons vu que l'instruction, accompagnée d'éducation catholique, de volonté et d'énergie, est le remède à l'ignorance des masses.

Mais, à côté de l’ignorance, il y a une autre cause de maladie : les kermesses trop fréquentes ct trop prolongées, et les chômages.

On connaît le proverbe : Un jour perdu est souvent une semaine de travail.

Le Courrier de l’Escaut disnit dernièrement au sujet du chômage du

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lundi : « Le tort que se font les ouvriers en chômant le lundi est très considérable. La plupart de ceux qui ne travaillent pas ce jour n’en connaissent pas l'étendue, et ce serait peut-être leur rendre un service que d'appeler leur attention sur cet objet.

» Nous établirons les choses au plus bas. L'ouvrier qui gagne nc füt-ce que 1 franc 50 centimes par jour, perd 52 lundis qui auraient TU IMÉ REDOUTE 01 nr pe ne di TER

» Si l’on ajoute à cette somme la dépense extraordinaire

qu’il fait le lundi, et qui peut être évaluée au moins à la moitié GOUT AUMMES re MER DE MR M or:

» On trouvera une perte annuelle de . . . . . . 117 fr.

» Mais cela ne se borne pas là : la perte des effets et les excès élèvent la dépense.

» Cette somme ne concerne que les célibataires. Les pères de famille

perdent bien davantage, parce que leur absence de la maison fait naître quelquefois chez eux des désordres dont les suites sont incaleulables. » Si ceux qui consacrent le lundi à un repos dont ils n’ont pas

besoin, voulaient travailler ce jour et mettre à la caisse d'épargne la

somme qu'ils gagneraient et celle qu’ils auraient dépensée, ils verraient

bientôt qu’ils peuvent trouver, au bout de quelques années, une somme suffisante pour doter une fille ou pour exempter du service militaire le

fils qui est destiné à devenir leur soutien.

» En estimant seulement à 500,000, pour toute la Belgique, le nombre d'ouvriers qui chôment le lundi, et en réduisant pour chacun d'eux à 100 francs la perte annuelle qui résulte de cet usage, on aura une perte totale de 50,000,000 de franes. Cette perte paraitra plus grande encore si l’on songe que la totalité des fonds des bureaux de bienfaisance et des hospices, destinés au soulagement de tous les indigents du pays, n'excède pas 20,000,000 ; et que le montant des sommes prétées par {es monts-de-piété se réduit à 7,000,000 de francs.

» Il est évident qu'avec un esprit d'économie mieux entendu, la classe ouvrière parviendrait, non-seulement à s'affranchir de la tutelle des établissements de charité, mais acquerrail encore des moyens d’indépendance et de bien-être qui lui manquent trop souvent aujourd’hui, »

Supposons maintenant que l’ouvrier chôme encore le mardi, il faudra doubler la somme de ces pertes, sauf à y joindre encore celles qui

proviennent des kcrmesses.

Tel est le bilan des pertes financières causées par les chômages. Que dire du bilan des pertes morales?

Si à l'ignorance il faut opposer l'instruction, quel remède faut-il opposer aux kermesses, aux chômages ?

La police estimpuissante pour empêcher ces causes de démoralisation. En cffet, « la coalition elle-même a cessé d'être un délit, » Si les ouvriers peuvent s'entendre pour des grèves indéfinies, ils le peuvent également pour des grèves temporaires. Or, les kermesses, les chômages du Jandi et du mardi que sont-ce, si ce n’est de petites grèves? Et, si Ja police ne peut faire travailler les masses, moins encore peutelle faire travailler les individus.

La religion seule est capable de porter remède aux chômages excessifs, en inspirant à l'ouvrier l'amour du travail et en le portant à l’observation du dimanche. Nous allons exposer ces deux remèdes,

A l'amour outré du repos et des amusements, aux chômages, il faut opposer l'amour du travail.

Quatre mobiles surtout peuvent porter l’ouvrier au travail : Pactivité naturelle, la nécessité, l'intérêt, l’idée du devoir.

L'activité naturelle consiste dans une certaine ardeur, une certaine force pour agir. L'ouvrier actif sent le besoin d'exercer son activité, il a de la promptitude dans l’entreprise, de la diligence et de la constance dans l’action.

La nécessité de travailler pour se nourrir, se vêtir, se loger force l'ouvrier de n’épargaer ni sueurs, ni fatigues pour subvenir à sa propre subsistance, à celle de sa femme, de ses enfants,

L'intérêt aussi fait travailler l’ouvrier, en vue du profit qu'il retire de son travail pour thésauriser,

Enfin, l’idée du devoir parle à la raison, à la conscience, à l'honneur de l’ouvrier.

Mais l’activité naturelle, si cile n'est soutenue par la foi, sc ralentit nécessairement par l’âge et par la monotonie de la coutume; la nécessité, sans la résignation chrétienne, rend le travail dur et démoralisant ; l'intérêt, sans le frein de la charité, pousse à l'avarice, à l’égoïsme, au vol; l'idée du devoir, si elle n’est religicuse, ne suffit pas pour donner de la constance et de la joie à une vie laborieuse.

Et nous ne parlons pas du travail seulement, mais de l'amour du travail. Le travail n’est plus pénible, il est doux à ceux qui l’aiment : Ubi

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