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amatur non laboratur; aut, si luboratur, lubor amatur, C'est la pensée de saint Augustin. Oui, s’il y a l'amour du travail, il n’y a point de peine ; ou, si l’on éprouve de la peine, elle n’accable pas, n'attriste pas; cette peine que cause le travail plait au travailleur, le charme,
Or, le chrétien seul peut aimer le travail pour lui-même, indépendamment de l’activité naturelle, de la nécessité, de l'intérêt, par le seul sentiment du devoir religieux. Voyons de quelle manière,
Le travail, pour l'homme de foi, est un devoir de conscience. Dicu condamna à cette peine le genre humain, après le péché de nos premicrs parents: Vous mangerez votre pain, dit-il, à la sueur de votre visage. Jusque-là, la terre produisait d'elle-même tout ce qui était nécessaire à l'entretien, à la subsistance de l’homme. Avant le péché d'Adam, les fruits du paradis terrestre, jardin délicieux, suflisaient à sa nourriture ct répondaient à tous ses goûts. Depuis le péché, l'homme est réduit à se nourrir, comme les plus vils animaux, de froment, de grains, de plantes, de racines, de légumes, en un mot, des productions des champs, qu'il doit cultiver et pour les animaux et pour lui. I doit travailler etsuer pour forcer la terre à produire. Ce passage des Saintes Écritures, ce fait de l’histoire, est une sentence de condamnation ; c’est aussi une espèce de précepte, qui oblige tous les hommes au travail. L'ouvrier chrétien le sait; et voilà pourquoi le travail lui est moins pénible.
La loi primitive du travail a été transmise de siècle en siècle, de peuple à peuple, depuis sa promulgation jusqu’à nos jours.
« L'homme, dit Job ‘, est né pour travailler, comme l'oiseau pour voler. » Il ne peut donc pas se soustraire au travail.
Chez les Juifs, tout le monde travaillait. Les hommes se livraient à l'agriculture et aux autres travaux du dehors; ies femmes, aux occupations domestiques. Ils n'avaient point la distinction des nobles et des roturicrs : les princes et les généraux suspendaient leurs rudes labeurs pour aller à la guerre; et, quand ils en revenaient, ils retournaient aux travaux des champs, comme les simples soldats ?. On a vu la même chose aux beaux temps de la république romaine.
Parmi les obligations essentielles du père de famille, les docteurs juifs mettaient celle de faire apprendre un métier à son enfant. Le rabbin
1 Job, V,7. — ? Voir Fleury, Mœurs des Israëlites,