‹ L'ouvrier en face de la révolution [microforme]Chapitre 6 sur 13 · SO PE MS RÉ SEE · texte numérisé non relu

SO PE MS RÉ SEE

Juda disait: « Le père qui ne fait pas apprendre un métier à son enfant fait de mème que s'il lui apprenait à voler »

Parmi les Juifs, ceux qui se livraient le plus assidûment aux travaux intellectuels, qui étaient les plus versés dans la loi, les plus occupés à l'instruction, ne se dispensaient pas du travail des mains, quand leurs occupations leur en laissaient le loisir,

Ce n'étail pas seulement chez les Juifs, c'était aussi chez les païens que les lois de l'État ordonnaient le travail.

Les anciens législateurs païens ont décrété des peines contre les personnes que l'oisiveté et la paresse rendaient inutiles.

Les Égyptiens étaient obligés de venir déclarer devant le magistrat quel était leur métier, comment ils gagnaient leur vie. S'ils n'avaient pas de métier, on les condamnait à mort f.

Le grand archonte ct législateur d'Athènes, Dracon, avait aussi ordonné la peine de mort contre ceux qui seraient convaincus de mener une vie oisive.

Solon, autre législateur d'Athènes et l’un des sept sages de la Grèce, qui avait reçu du peuple la grande mission de donner de nouvelles lois à la république, abolit celles de Dracon, et y substitua un code moins rigoureux, plus humain. Toutefois, il permettait d’accuser en justice les fainéants, et la loi déclarait infâmes ceux dont la fainéantise était ainsi constatée ?,

Les lois romaines permettaient d'intenter une action judiciaire à ceux qui, ayant encore assez de force pour travailler, aimaient mieux vivre dans la paresse et la misère, à charge au public, inutiles à eux-mêmes, que de gagner Îcur vie par un travail honnète 5.

Voilà pour la loi ancienne, Voyons les temps de la loi nouvelle.

La loi divine du travail, promulguée dans le paradis terrestre comme un châtiment du péché, et qui a passé dans le code chrétien, a été observée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui a voulu prendre sur lui les péchés de tous les hommes; cette loi primordiale et chrétienne a été, depuis, partout en vigueur chez les chrétiens.

Saint Paul, cette intelligence si élevée et si belle, avait appris le métier de faire des tentes. Étant parti d'Athènes, il se rendit à Corinthe, et, ayant trouvé un Juif, nommé Aquilas, qui était nouvellement venu

! Hérodote, In Euterp. et Diod., 1. 1. — 2 Diogène Lacrte, In Solone. — 3 Codex de Mendicantibus validis ; et Justiniant Novella LXXX.

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cr à son enfant d'Itaïic, avec sa femme Priscille, paree que l'empereur Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome, il se joignit à eux; et, parce

que leur métier était de faire des tentes, et que c'était aussi le sien,

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ot aux travaux pius occupés à Is, quand leurs

il demeura chez eux ct y travailla !, UN écrivait aux Thessaloniciens « qu'il travaillait jour et nuit pour n'être à charge à aucun d'eux ?; qu’il n'a mangé gratuitement le pain de personne, mais qu’il a travaillé avec peine et fatigue 5. » Ses prédications ne lui firent pas entièrement cesser ce travail : il travaillait pour gagner sa vie, et il pouvait dire : « Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. Nous apprenons qu'il y en a parmi vous qui se conduisent d’une manière déréglée, qui ne travaillent point... Or, nous ordonnons à ces personnes, et nous

hez les païens

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it le magistrat S'ils n'avaient

les conjurons par Notre Seigneur Jésus-Christ, de manger leur pain en travaillant en silence #, »

Jésus-Christ est allé plus loin que saint Paul, en disant : « Jetez ce

1, avait aussi neus de mener

serviteur inutile dans les ténèbres cxtéricures Ÿ, » c'est-h-dire dans

l'enfer.

s de la Grèce, nouvelles lois in code moins ser en justice néantise était

L'ouvrier chrétien sait que le travail est non-seulement une loi, un

devoir; mais que le Fils de Dieu, qui avait pour père nourricier un travailleur, a joint lui-même l'exemple au précepte ; et voilà pourquoi

l'ouvrier chrétien aime le travail.

D’après la tradition, Jésus-Christ lui-même travaillait dans l'atelier de Joseph, et il était connu comme fils d'un artisan, puisque les Juifs disaient : « N'est-ce pas là le fils d’un charpentier? »

Dans une séance du Congrès de Malines de 1867, M. Anicet Digard, membre de la Société d'économie charitable de Paris, présentait, au

liciaire à ceux , mieux vivre | cux-mémcs,

nom de la 2 section, le rapport sur la question ouvrière, « Le travail,

disait-il 5, pour nous, catholiques, est une loi que Dieu lui-même nous impose; et l'effort de notre esprit, s’alliant à l'effort de nos membres

nouvelle,

hs terrestre e chrétien, a , qui a voulu rimordiale et liens.

ippris le mé- Corinthe, et, lement venu

dans une proportion variable, n’en manifeste pas moins toujours et

partout le génie de l'homme. Mais, disons-le, à forec d’exalter, de flat-

ter ou de plaindre ecux qui vivent du travail de leurs mains, de leur

parler de leurs droits sans leur parler de leurs devoirs, de les pousser

vers ce qu'on appelle leurs destinées nouvelles, on risque fort de les

distraire de ee travail en leur faisant perdre le sentiment de sa gran-

deur, de sa dignité, Comme il faut aller vite, procédons par image. I

1 Act. Apost., XVII, 1,2 et 5. —2 ad Thessal., I, 9. — 5 Il ad Thessal., M, 8. 4 ITad Thessal., I, 10. — 5 Hatth., XXN, 50.

6 Assemblée générale des catholiques en Belgique, éinquième séance, p. 165.

— 3 Codex de

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