‹ L'ouvrier en face de la révolution [microforme]Chapitre 7 sur 13 · PL CUS · texte numérisé non relu

PL CUS

faudrait suspendre dans tout atelier, dans toute fabrique, l’admirable dessin d'Overbeck gravé par la Société de Dusseldorf : Jesus in fabricd Josephi. Le spectacle de l'Enfant divin, poussant le rabot ct aidant son père nourricier à tailler des bois de charrue, donnerait à la fois le précepte et l'exemple. »

Le précepte et l'exemple de Jésus-Christ et de saint Paul ont été suivis par les Pères du désert.

« Un solitaire étranger étant venu trouver l'abbé Sylvain, qui demeurait sur la montagne de Sina, et voyant les frères qui travaillaient, il leur dit: « Pourquoi travaillez-vous ainsi pour une nourriture péris- » sable? Marie! n’a-t-clle pas choisi ja meilleure part?» Le saint vieillard, ayant su cela, dit à Zacharic, son disciple : « Donnez un » livre à ce frère pour l’entrctenir, et mettez-le dans une cellule où il » n’y a rien à manger. » L'heure de none étant venue, ce solitaire étranger regardait si l'abbé ne le ferait point appeler pour aller manger ; ct lorsqu'elle fut passée, il le vint trouver et lui dit : « Mon père, » les frères n'ont-ils point mangé aujourd'hui? — Oui, lui répondit » le saint homme.— Et d'où vient done, ajouta cesolitaire, que vous ne » m'avez pas fait appeler? — Parce que vous, lui répartit le saint, » qui êtes un homme tout spirituel, qui avez choisi la meïileure part » ct qui passez des journées à lire, vous n'avez pas besoin de cette » nourriture périssable ; au lieu que nous, qui sommes charnels, nous » ne pouvons nous passer de manger; ce qui nous oblige à travailler. » Ces paroles ayant fait voir à ce solitaire quelle était sa faute, il en eut regret et dit à Sylvain: « Pardonnez-moi, je vous prie, mon père.» Sur quoi Sylvain lui répondit : « Je suis bien aise que vous connaissiez » que Marie ne saurait se passer de Marthe, et qu'ainsi Marthe a part »* aux louanges qu'on donne à Maric ?, »

«“ Saint Antoine, seul au milieu d’un vaste désert, se sentit violemment troublé par la tristesse, par des pensées impures et par des ténèbres intéricurces. Il dit alors à Dieu : « Seigneur, je désire être sauvé; » mais les pensées qui m’agitent sont un obstacle à mon salut, Que » ferai-je, dans l’afiction qui me désole? Comment serai-je sauvé? » I se lève aussitôt et va dans sa cellule. Il y voit un homme qui travaillait assis et qui se mettait ensuite à prier, ce qu'il fit à diverses reprises,

‘ne s’agit pas ici de la sainte Vierge, mais des deux sœurs de Lazare, Marie est Ia

personnification de la contemplation, comme Marthe est la personnification du travail, 2 Vie des Pères du désert, par Ruflin.

Page 1