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entremélant ainsi successivement la prière et Je travail des mains. Il ne douta point que ce ne fût un ange que Dieu lui envoyait pour lui enseigncr ce qu'il avait à faire, et l’ange lui dit dans le moment même !: « Faites de même et vous serez sauvé, »
Voilà les travailleurs du désert, voilà ces religieux qu'on appelle des fainéants !
Abstraction faite des lois divines et humaines, la paresse et l’oisiveté ont Îles conséquences les plus redoutables pour les individus et pour les nations.
La paresse est une lâcheté, un dégoût qui fait négliger à l’homme les devoirs les plus importants, soit temporels, soit spirituels, plutôt que de se faire violence pour les remplir, « J'ai passé, dit Salomon !, auprès du champ du paresseux et de la vigne de l’indolent; j'ai trouvé que les épines y croissent partout, que les chardons y abondent, que le mur de clôture est renversé. »
Ce sont les conséquences de la paresse. « Voici, continue le Sage ?, que l’indigence arrive aussi vite qu’un coursier, et la pauvreté survient aussi promptement qu’un soldat, »
L'oisiveté ct la paresse sont de grandes sources de maux. Le chrétien, disciple de Jésus-Christ, le sait. L'oisiveté est la mère de tous les vices, et, selon le langage de l’Esprit-Saint, « il n’est point de péché qu’elle n’enseigne. » Le démon, qui n’est jamais oisif, mais qui veille comme un lion guettant sa proic, ne tarde pas d’exciter dans le cœur de l'homme oisif des pensées coupables, des passions meurtrières pour l'âme.
L'ouvrier chrétien sait que l’oisiveté conduit surtout au péché le plus honteux et à l'habitude de ce péché. Persuadé de ces maximes, il ne reste pas à ne rien faire; le démon le trouve toujours occupé, toujours vigilant; et l'ouvrier actif et assidu au travail n’a pas le loisir de faire le mal. « Un chrétien occupé, a-t-on dit, n’a qu’un démon à combattre; un homme oisif en trouve cent acharnés à sa perte; il en est attaqué, ct il en est toujours vaincu. »
Nous avons dit : l’ouvrier actif et assidu au travail. L'activité seule ne suffit pas ; il faut de plus, l’assiduité, c’est-à-dire, un travail assidu. Du moment qu'on se relâche, on s'expose à l'oisiveté, et l’ouvrier le plus chrétien peut devenir oisif et se perdre. David, ce prince si actif,
1 Prov,, XXIV, 50, = 2 Jhid,, 54,
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si religieux, si attaché à Dieu, à la loi, aux cérémonies du culte, reste une année à Jérusalem, au lieu de se mettre en campagne. Le démon le trouve oisif, et le meilleur des rois se rend coupable des plus détestables des crimes !.
Or, à cette paresse, à cette oisiveté, qu'est-ce que l’ouvrier chrétien oppose? L'amour du travail et la volonté de remplir consciencieusement tous ses devoirs, même les plus pénibles. 11 écoute cette parole du Saint-Esprit : « Allez à la fourmi, considérez son travail, et apprenez à être sage. » Fidèle observateur de ce précepte, l'ouvrier chrétien déteste l’oisiveté et la paresse, il aime le travail.
L'ouvrier chrétien et travailleur sait qu’il fait, par son travail, plusieurs actes de vertu. Travaillant pour remplir son devoir et dans la vue de plaire à Dieu, il obéit à un commandement; voilà un acte d’obéissance, Supportant les peines et les fatigues de son travail, il l'offre pour l’expiation de ses péchés; voilà un acte de pénitence et de résignation. Il persévère dans son travail, malgré toutes les fatigues et les peines, afin d'obtenir quelque grâce pour lui même, pour sa femme, pour ses enfants, pour le prochain; voila nn acte de foi, d'espérance, de charité. Que de mérites, que de grâces, que de gloire un ouvrier chrétien peut acquérir chaque jour en ne faisant que ce qu'il fait, mais en le faisant pour Dicu, se soumettant à l’ordre de la Providence, ayant en vue le salut de son âme! Travailler en chrétien, c'est prier.
L'oisiveté et la paresse ont été regardées toujours, non-seulement comme les plus grandes ennemies de l’âine, mais aussi comme les pestes les plus pernicieuses des États et de la société ; et voilà pourquoi la loi religieuse du travail a toujours été en vigueur.
Le travail est donc un devoir chrétien. Tout l’enseignement catholique l’a toujours inculqué, et il ne cesse de l’inculquer encore.
Le 6 février dernier, Pic IX donnait une audience à un grand nombre d'étrangers, Dans une allocution paternelle, simple, touehante, il leur recommanda particulièrement l'éducation et le travail, « Multipliez, disait-il, les bons enseignements, les bons ouvrages; mais, surtout, ayez une attention perpétuelle, ne fermez jamais les yeux. Que votre diligence constante empêche le démon d'approcher de vos maisons, de vos enfants, pour lesquels vous obtiendrez la grâce de Dieu en leur inspirant l'amour de la religion, la fréquentation des sacrements, le
1 JE Regum, 1, 1.
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