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Common lodging houses ad

126 nLATURBS ET TISSAGES BfÉCANIQUBS,

De même, pour la bonne condition de Touvrier dans rintérieur de la fabrique, il suffit que le mattre veuille ; avec le temps, il est certain de réussir.

Cependant il est une autre volonté qui importe plus au bien-être de l'ouvrier que celle du patron, et c'est la volonté de l'ouvrier lui-même. Il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à jeter les yeux sur la feuille des salaires dans une fabrique* Un ouvrier attentif, habile, fait nécessairement en un temps donné bien plus d'ouvrage qu'un travailleur ordinaire. Cette simple observation a de l'importance, parce qu'elle peut devenir un argument contre les journées trop prolongées ; il est toujours avantageux pour l'industrie de produire beaucoup en peu de temps, à cause du prix considérable des forces motrices. Voici des chiffres relevés, au mois d'avril 1860, sur les livres d'un tissage mécanique à Saint-Quentin. Un ouvrier tisseur, en douze jours, avait gagné 54 francs 70 centimes; un autre, pour le même temps, dans les mêmes conditions de santé et de travail, 25 francs. Le mari et la femme, conduisant ensemble six métiers mécaniques, avaient gagné 84 francs en douze jours; un père de famille, avec son âls âgé de quatorze ans et sa fille âgée de seize ans, avait gagné en douze jours 87 francs 50 centimes; le salaire de la fille était le plus élevé, il montait à 33 francs 9i> centimes. La plupart de ses compagnes, en donnant le même temps à Tatelier, arrivaient difficile-

ment à 18 francs. Il est juste de reconnaître qu'il y a, dans un même atelier, des genres d*ouvrage plus avantageux les uns que les autres, mais ce n'était pas le cas pour la jeune fille dont nous parlons, et d'ailleurs cette circonstance ne saurait à elle seule motiver des écarts aussi considérables. Des différences toutes pareilles ont été constatées dans un grand nombre d'ateliers, à Mulhouse et à Reims. Il ne faut pas les attribuer à la supériorité de- la vigueur physique chez les ouvriers les mieux payés, puisque les femmes gagnent autant que les hommes; non, c'est la force de la volonté, plus que toute autre cause, qui fait le bon ouvrier.

On peut faire des observations analogues de peuple à peuple. En général, l'ouvrier anglais est plus fort que l'ouvrier français, peut-être parce qu'il est mieux nourri ; en revanche, l'ouvrier français est plus ingénieux et plus adroit. La supériorité de force peut donner l'avantage à l'ouvrier anglais pour les grands travaux de construction ; mais pourquoi gagne-t-il de meilleures journées dans un atelier de tissage, où la force musculaire ne compte pour rien? Il faut répondre simplement que c'est parce qu'il le veut, et il faut se hâter d'apprendre à nos hommes à vouloir, ne fût-ce que par patriotisme, car la race supérieure est toujours celle qui sait vouloir.

Ce n'est pas seulement par la direction du travail que % sort de l'ouvrier dépend de lui-même , c'est

bien plus encore par le gouvernement de sa propre vie. La misère est certainement affreuse dans la plupart des centres industriels. Le nombre des ouvriers qui sont convenablement logés et nourris, qui peuvent donner quoique éducation à leurs enfants et les soigner dans leurs maladies, est déplorablement restreint. On en devrait conclure que le travail est rare, que les salaires sont minimes ; nullement : presque partout on demande des bras, et si la maind'œuvre n*est pas payée à un très-haut prix, on peut dire au moins que les salaires n'ont pas cessé de s'accroître depuis dix ans, qu'il sont constamment plus élevés dans la grande industrie que dans la petite. D'où vient donc l'état de malaise de la plupart des ouvriers? On est bien forcé de s'avouer qu'il vient d'eux-mêmes.

Pour rendre la démonstration évidente, il faudrait pouvoir faire connaître en détail le taux des salaires, tâche en vérilé presque impossible, puisque, indépendamment àas fluctuations occasionnées par la situation générale de l'industrie, ils varient pour chaque place, pour chaque corps d'état, et en quelque sorte pour chaque ouvrier. Quelques chiffres pris au hasard suffiront pour montrer qu'un ouvrier laborieux peut aisément gagner sa vie et celle de sa famille. On cite à Saint-Quenlin des tisserands qui gagnent des journées de 6 ou 7 francs. Ce n'est point exagérer que de porter à 4 francs la moyenne

du salaire d'un ouvrier tisseur et d'un ouvrier fileur dans la plupart des centres industriels. A Mulhouse, où le taux n'est pas très-élevé, on l'évalue à 3 francs 33 centimes. Il y a très-peu de tisseurs à Mulhouse; 9 métiers sur 12 sont tenus par des femmesy qui gagnent 2 francs environ. Dans la fabrique de Sedan, les tondeurs chargés de deux machines, les presseurs, les foulons et les décatisseurs gagnent 3 francs. Les femmes mêmes, si maltraitées dans rindustrie privée, trouvent des ressources très-supérieures dans les manufactures. La moyenne de la journée d'une tisseuse est, dans plusieurs places, de 3 francs 50 centimes; il y en a qui gagnent 5 francs et même 6 francs, et les bénéfices obtenus dans ce corps d'état tendent à faire hausser le salaire dans presque tous les autres. Les ourdisseuses peuvent ourdir jusqu'à deux chaînes par jour; on leur paye à Ëibeuf i franc 75 centimes ou 2 francs par chaîne, ce qui porte leurs journées à 3 francs et à 4 francs. Les rentrayeuses gagnent en général 2 francs pour des journées de dix heures. Quand la journée est prolongée, ce qui arrive fréquemment en hiver, parce que l'étoffe est plus défectueuse à cause de la diminution de la lumière, et demande un plus grand nombre de reprises, on leur paye chaque heure supplémentaire à raison de 20 centimes à Elbeuf et à Sedan. Dans cette dernière

ville, l'usage est de compter tous les salaires par

heure ; le minimum est de 15 centimes ; les salaires de 20 centimes pour les femmes, de 25 centimes pour les hommes sont très-communs; ce sont en quelque sorte les prix courants. tJne journée de douze heures à 20 centimes représente 2 fi'ancs 40 centimes. Le minimum de la journée pour les femmes de préparation et les soigneuses de carderie est de 1 franc 15 centimes à Mulhouse, 1 franc 25 centimes à Lille, 1 franc 40 centimes à Reims, 1 franc 50 centimes i Sedan et à Déville, près Rouen. Dans toutes ces villes, le salaire des femmes peut s'élever jusqu'à 1 franc 75 centimes ou 2 francs. Il en est de même des nopenses ou épinceteuses et des rentreuses ou imprimeuses de seconde main dans les indiennages de Mulhouse. Le salaire n'est vraiment déplorable que pour l'ouvrage fait à domicile par quelques pauvres femmes qui n'appartiennent à aucun corps d'état proprement dit; les couturières de sacs à Amiens, lés couturières de tricot à Troyes, les sarrautières (couturières de sarraux) à Lille, les bobineuses dans plusieurs villes de fabrique ne gagnent que 5 centimes pour le travail d'une heure.

Le bobinage est ordinairement abandonné aux jeunes enfants, aux vieillards et aux infirmes ; il ne serait donc pas juste de le faire entrer en ligne de compte ^ Cette remarque faite, ceux qui savent quel

1. A Elbeuf^ on évalue le salaire deg» bahineufiesà 15 centimes VitJ* heure.

est le prix courant du travail manuel en France conviendront facilement que les salaires sont plus élevés dans la grande industrie que dans la petite. L'administration a fait faire des recherches sur les salaires dans la ville d'Amiens ar .lOis de mars 1860; il en résuV>e que les brodeuseti^ les couturières de robes et es culottières gagnent en moyenne 1 franc 25 centimes par journée; les dentellières et les modistes, 1 franc, les giletières et les lingères 75 centimes. Les femmes employées aux manufactures dans la même ville gagnent en moyenne 1 franc dans les filatures de coton, 1 franc 25 centimes dans les filatures de laine, 1 franc 10 centimes dans les filatures de soie, 1 franc 50 centimes dans les fila-* tures de lin. Les tisseuses gagnent un peu plus. Ces salaires sont évidemment très-inférieurs à ceux que paye ailleurs la grande industrie; la ville d'Amiens subissait une crise assez grave à l'époque où ces recherches ont eu lieu, et les salaires y sont en tout temps tenus assez bas. Tels qu'ils sont néanmoins, ils l'emportent encore sur les salaires de l'industrie privée. La différence serait beaucoup plus sensible, si Ton faisait la même comparaison à Lille, à Saint-Quentin, à Rouen, à Mulhouse.

Quand on demande aux fabricants si l'élévation des salaires a une influence favorable sur la moralité dçs ouvriers, ils répondent presque tous que

le contraire est précisément le vrai , et que les ouvriers les mieux payés sont aussi les plus adonnés àTivrognerie*. Cette opinion, qui a quelque chose de révoltant , est générale, mais seulement dans les centres industriels où la destruction de la vie de famille est un fait presque accompli. On n'entendra soutenir rien de semblable à Wesserling, à Sedan, à Mulhouse. Ici, Fouvrier qui voit augmenter ses ressources songe d*abord au bien-être de ceux qu'il aime, il prend de loin ses mesures pour racheter son fils du service militaire ; il met de l'argent en réserve pour la maladie, pour la vieillesse. Jamais l'augmentation des salaires ne sera un danger pour les mœurs dans une ville où il y a des mœurs ; mais quand l'ouvrier manque de force morale, ce

1. M. Villermé (t. II, p. ?3} a fait la même remarque : « On croit communément que de forts salaires sont une garantie de moralité, cependant les ouvriers les mieux rétribués ne sont pas les plus moraux. Aussi certaines personnes ne craignent-elles pas d'affirmer que si le vice abonde dans les villes, et y tient école, table et lit ouverts, c^est en grande partie parce que le taux des salaires y est plus élevé qu'ailleurs. Et on le conçoit, car plus les ouvriers gagnent , plus ils peuvent aisément satisfaire leurs goûts de débauche. » Les commissaires de la chambre de commerce de Paris « ont constaté souvent, et à regret, dans le cours de Tenquôte, que les ouvriers qui gagnent les plus forts salaires sont ceux qui font le moins d'économies; non- seulement ils s'absentent du travail le lundi, mais souvent ils ne reviennent à Tatelier qu'après deux ou trois jours d'absence, et lorsqu'ils sont à bout de ressources. » Statistique de Vindustrie de Paris, 1851, l^ parUe, p. 71.

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qui devrait améliorer sa situation ne fait au contraire que l'empirer. Les habitudes de dissipation et l'ivrognerie sont telles dans plusieurs villes de fabrique, et elles entraînent une telle misère , que l'ouvrier est absolument incapable de songer à l'avenir. Le jour de paye, on lui donne en bloc l'argent de sa semaine ou de sa quinzaine* Il n'attend même pas le lendemain , si c'est un samedi, il se jette le soir dans les cabarets ; il y reste le dimanche, quelquefois encore le lundi. Après la paye, tous ces repaires de la débauche regorgent de buveurs* Les cartes, quelque jeu de quilles leur servent à tuer le temps entre deux bouteilles. La pipe ne quitte pas leurs lèvres ; l'atmosphère s'épaissit et devient à peine respirable. Parmi les chocs des verres on distingue des cris inarticulés, des chansons obscènes, des propos licencieux, des provocations. Chaque pays a ses coutumes : à Lille, à Mulhouse, on chante ; à Rouen, on boit sérieusement, solitairement, jusqu'à ce qu'on soit appesanti et abêti. L'argent s'épuise vite. Bientôt il ne reste plus que les deux tiers ou la moitié de ce salaire si péniblement gagné. Il faudra manger pourtant. Que deviendra la femme pendant la quinzaine qui va suivre? Elle est là, à la porte, toute pâle et gémissante, songeant au propriétaire qui menace, aux enfants qui ont faim. Vers le soir, on voit stationner devant les cabarets des troupeaux de ces mal-

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heureuses qui essayent de saisir leur mari, si elles peuvent TentreToir, ou qui attendent l'ivrogne pour le soutenir quand le cabaretier le chassera, et qu'un invincible besoin de sommeil le ramènera chez lui.

Où sont allés, depuis l'agrandissement de Paris, ces cabarets tristement célèbres qu*en langage dV telier on appelait la barrière ? Quand on suivait, pendant la semaine, l'interminable ligne des boulevards extérieurs, bordée du côté de la ville par le mur d'octroi, et de l'autre côté par quelques chétives maisons presque abandonnées, on se serait cru dans un désert. Il fallait un effort d'imagination pour se rappeler qu'à trois pas de là, derrière cette muraille, étaient les faubourgs de Paris avec leurs grands ateliers et leur population grouillante. Ce désert se transformait le samedi comme par enchantement. Dès le matin, des baquets apportaient les provisions, les verres, les assiettes ; on jetait dans les salles des charretées de sable ; on portait à rentrée quelques arbustes dans leurs caisses ; on suspendait des lanternes de toutes couleurs pour servir, le soir, aux fêtes vénitiennes. Une nuée de garçons de café et d'estaminet sans emploi accourait de tous les coins de la ville ; les violons et les clarinettes, les rôdeurs de barrière, les filles de joie, arrivaient aussi, tout prêts chacun pour leur métier. La bande des ouvriers n'apparaissait que le

IVROGNËRIB BT LIBERTINAGE. 19b

soir, après la paye, suivie A distance par quelques malheureuses femmes qui essayaient en vain d'attendrir leurs maris. Ils venaient là« fous les samedis, à la même heure, avec la régularité du flot qui couvre diaque jour le rivage. Aussitôt tout était en combustion sur les boulevards ; le vin coulait à torren&; la musique faisait entendre ses sons criards ; on buvait, on dansait et on se battait tout» la nuit. Ceux que la police n'entraînait pas au violon, sortaient de là» après deux jours, ruinés; abrutis, avilis, souffrant des reins et de la tète, n'osant plus se montrer ni k l'atelier ni chez leurs femmes, objet d'horreur et de dégoût pour les ouvriers honnêtes. Si l'on trouvait dans les ateliers tant d'ouvriers dont la main tremblait, dont la vue était trouble, dont le bras succombait sous le poids du marteau, quelle en était la cause î Élait-€e le feu de la fiu*ge, et le fer incessamment frappé sur Yen-clume ? Non, te travail fortifie ; c'-est la débauche qui tue: c'est elle qui fait les invalides, <pit peuple les rues de mendiants et les hôpitaux d'incurables. Et si Ton se glissait, le jour, dans les mansardes des faubourgs, pourquoi ce poêle éteint, ce lit sans matelas et sans couverture, cette armoire vide, ces enfants mourant moitiéde phthisie, moitié de faim? Y a*t-ii eu une crise industrielle ? Les ateliers refusent 41s de l'ouvrage? Le père ne sait41 que foire de sa volonté et de ses bras I Non, non ; sa femme

et ses enfants vivraient, s'il voulait; c'est lui qui leur vole leur lit et leurs vêtements, lui qui les condamne au froid, à la faim, à la mort, lui, le lâche, qui a mangé leur substance au cabaret !

A Saint-Quentin, la perte occasionnée par le chômage du lundi est toujours prévue dans les calculs des fabricants : il n'y a point en eflfet ces jours-là dans les ateliers assez de bras ni, par conséquent, assez de travail réalisé pour compenser les frais fixes. Ainsi la débauche des ouvriers compromet les intérêts de l'industrie en même temps qu'elle les ruine, eux et leurs familles. Beaucoup prolongent leur chômage volontaire jusqu'au mardi et même jusqu'au mercredi. Quand ce sont des fileurs, ils condamnent du même coup à l'oisiveté les rattacheurs, qui ne peuvent travailler qu'avec eux et sur le même métier ; quelquefois ils les emmènent malgré leur jeunesse pour les initier aux mystères du cabaret et leur donner les premières leçons du vice. Il se consomme à Amiens 80000 petits verres d'eau-de-vie par jour ; on a calculé que c'était une valeur de 4000 trancs représentant 3500 kilos de viande ou 12 121 kilos de pain. A Rouen, le cidre ayant manqué ces dernières années et le vin étant hors de prix, les ouvriers ont bu de l'eau-de-vie. C'est le plus souvent de l'eau-de-vie de grain, dans laquelle on met des substances pimentées ; ils appellent cette boisson la cruelle. Il s'est débité à

Rouen, dans l'espace d'une année, cinq millions de litres d'eau-de*vie, outre le cidre, le vin et la bière.

Ces chômages périodiques n'empêchent pas les ouvriers d'avoir, chaque année, ce qu'ils appellent Jeur fête. La fête de Lille s'appelle le BroguektK Ce n'était d'abord que la fête des dentellières, adoptée depuis par les flltiers, les fiieurs, les tisseurs, et enfin par tous les ouvriers de la ville. Elle tombe le lundi qui suit la Saint-*Nicolas d'été, c'est-à-dire le 9 mai, et ne dure pas moins de trois jours. S'il reste quelque chose dans la maison quand vient le Broguelet, on ne manque pas de le boire ; c'est comme le carnaval des Parisiens. Les ouvriers vont dès la veille demander à leurs patrons le produit des amendes de l'année ; presque tous les patrons ont la faiblesse de le leur donner, sous prétexte de montrer qu^en infligeant des amendes, ils ne songent qu'à maintenir la discipline, et non à augmenter leurs profits. Cet argent est bu le lendemain, car c'est un principe des ouvriers lillois, de ne pas perniellre à une année d'empiéter sur l'autre. C'est dans le même esprit que leurs sociétés de malades consomment tous les ans leur reliquat le jour de leur fête : ils ont érigé l'insouciance en système;

1 . De Tespagnol Broquekte, petit bouclier, appui ; par extension, carreau de dentellière.

138 FILATimBS !ST TÎSSAOfiS MÉCANIQUES.

Une ftle, quand elle ne revient pas souvent, est nne bonne chose en soi ; et on verrait avec plaisir les ouvriers se donner un jour de repos, et même d'abondance , «i leurs fêles ne dégénéraient pas en orgies. Les médecins des pauvres et ceux des hôpitaux sont unanimes à constater les dangereux effets d'une excessive consommation de Talcool sur la santé publique ; ils signalent des troubles digestifSy la djpspepsie, les engorgements du foie, Thypertropfaie du coeur, et dans le système nerveux des désordres d'autant plus graves qu'ils sont héréditai-* res, une tendance à rimbécillité ou à la démence, un tremblement général des membres, le delirium tremens. Rien n'est plus lamentable que cet abâtardissement de la race dans plusieurs grands centres industrieis. L'opium ne fait pas plus de ravages en Chine. A l'exemple de leurs pères, les apprentis s'adonnent à l'ivrognerie dès l'âge de douze ou treize ans ; on les voit entrer par troupes dans les cabarets,, la pipe k la bouche, et se faire servir une tournée sur le comptoir. Le maire de Douai a pris un arrêté pour défendre aux enfants de fumer ; à Lille, il est interdit aux cabaretiers de leur servir à boire, à moins qu'ils ne soient accompagnés par un parent. Il en résulte que le premier libertin venu leur sert de chaperon dans les cabarets et boit à leur écot ^

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