‹ L'ouvrièreChapitre 24 sur 65 · Cette dépravation précoce est encore plus commune en An · texte numérisé non relu

Cette dépravation précoce est encore plus commune en An

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Ces habitudes font un <9ontnist€ navrant arec Taspeet débile de oes enfants; conçus dans Tivrcsse, ils naissent peu viables, et ceux qui survivent sont accablés d'infirmités dès le berceau. La mortalité est effrayante parmi eux. On entend souvent une mère vous dire : Il me reste quatre enfants sur douze, ou quinze, ou dix-huit que j'avais, car les naissances sont nombreuses, quoique le chiffre de la population soit stationnaire 1 II n'est pas rare de trouver dans les villes industrielles de celte partie de la France une femme qui a eu dix-huit enfants. Plus elles en ont, et' plus la proportion des décès est grande, ce qui est facile à concevoir. Une mère, quel que soit le nombre de ses enfants, n*en sauve guère plus d'un ou deux. A Rouen, les registres de Fétat civil donnent pour 1859, sur 3000 enfants inscrits, 1100 morts dans l'année; encore ce chiffre n'est-il pas txact,parcequ^onn'a tenu compte que des enfants morts à Rouen, tandis qu'un grand nombre meurent en nourrice h la campagne . On peut admettre comme

gtoterre. Ou •& ju^ra par l'extrait suivant de Tiaterrogatoife de M. J. Turuer, 24 juillet 1834 : « Je me trouvais, il y a quelques mois, dans un débit de boissons, à Manchester, lorsque je vis entrer vingt ^eux jeunes garçons qui demandèrent un demigallon d'ale; lorsqu'ils l'eurent vidé, ils en demandèrent un second, et, après avoir payé cette consommation, comme il leur restait encore quelque monnaie, ils se mirent à se disputer, les uns voulant continuer à boire de la bière, les autces préférant acheter du tabac. De ces vingt-deux garçons, le plus âgé ne paraissait pas avoir plus de quinze ans. »

certain que la moitié au moins des enfants pauvres meurent dans Tannée de leur naissance. Des observations faites avec beaucoup de soin en 1 855 et pendant la moitié de l'année suivante, dans les hospices et dans les crèches de Saint-Vivien et de Saint-Maclou de Rouen, ont donné ce résultat : sur 100 enfants entrés de six jours à un an dans les crèches, 56 sont morts dans l'année; sur 100 enfants exposés à l'hospice et âgés de moins de soixante jours, 83 sont morts avant l'âge d'un an. Presque tous meurent de faim. Les soupes fatiguent l'estomac, donnent la diarrhée chronique ; rien n'est plus digéré, et Tenfant, qui a un besoin pressant de réparation, succombe. Ce fait est d'ailleurs démontré par de nombreuses autopsies. Suivant le docteur Leroy, très -habile et très -scrupuleux observateur, c'est moins la débauche des mères, que leur absence, qui cause cette mortalité. Le lait de la mère la plus chétive, qui ne conviendrait pas à un enfant étranger, convient au sien : il n'y a d'exception que pour les mères qui se saturent d'eau-de-vie. Une règle générale ne souffrant presque pas d'exceptions, c'est que tout enfant pauvre qui a le muguet (ce qui a toujours lieu), et dont le muguet est accompagné de dévoiement (ce qui est le plus fréquent), succombe s'il est au biberon. A ce compte, les manufactures seraient vraiment meurtrières S car les mères ne

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