‹ L'ouvrièreChapitre 38 sur 65 · SERVANTES. Î · texte numérisé non relu

SERVANTES. Î

nés. Un nombre très-considérable de cuisinières ajoutent à ces profits des profits illicites, ei les fonr^ nissenrs eux-mêmes, sans autre raison que la crainte de perdre leurs pratiques, se font trop souvent les complaisants ou, pour mieux dire, les complices de ces escroqueries.

On pourrait croire que les domestiques, tivant auprès des familles aisées et dans un commerce nécessaire avec elks, ont des mœurs plus régulières; il n*en est rien ; de secrètes et continuelles comparaisons développent chez elles Tamour du luxe et de la parure. Beaucoup d'entre elles trouvent un séducteur dans la maison nïême où elles servent. Un laquais, un cocher, n'ont que trop d'occasions de mettre à mal les servantes qui passent avec eux, loin de tonte surveillance, la plus grande partie de leur temps; et quelquefois c'est le maître lui-même qui corrompt les mœurs d'une pauvre fille doublement séduite par son autorité et par sa fortune ^

1. MM. Trébuchet et PoiratrDuval^ employés supérievs de la préfecture de police^ ont publié en 1857, dans la troisième édition du livre de Parent-Duchàtelét^ des recherches sur le nombre des svgets fournis à la prostitution de Paris par les diverses professions. Dans ce tableau, qui comprend 41 catégories, les femmes sans profession occupent le premier rang, et les domestiques le second. La moyenne est pour elles de 81,69 sur mille ; elle n'est que de 52,42 pour les ouvrières qui fournissent aorès elles la moyenne la plus élevée (les giletières) ; elle tombe rapidement au-dessous de 10.

Les maisons de Paris sont de yëritables tonrs. Elles ont pour la plupart cinq étages au-dessus d'un entre-sol. La cherté du terrain et la modicité des fortunes ontamenécerésultat.Lespropriétaires convertissant tout ce qu'ils peuvent en appartements, les hges des portiers étaient devenues si exiguës, et par conséquent si malsaines, que l'autorité a été obligée d'intervenir. Elle a prescrit aussi des règles générales pour la quantité d'air que doit contenir toute chambre à coucher. Ces réglés sont assez imparfaitement observées. Mais ce que l'autorité ne pouvait pas faire, ou du moins ce qu'elle n'a pas fait, c'est de forcer les propriétaires à placer les chambres des domestiques dans l'appartement des maîtres. Tous les domestiques d'une maison, femmes de chambre, bonnes d'enfants, cuisinières, valets de chambre, cochers, habitent, sous les toits, des cellules à peine fermées, où l'on n'entre qu'en rampant, écliiiées par une vitre dormante ou par une fenêtre en tabatière, glacées et quelquefois inondées en hiver, brûlantes et étouffantes pendant Télé. Ces cellules sont évidemment et nécessairement inhabitables; car si l'on pouvait s'y tenir debout, y respirer, y vivre, on les mettrait en location, et on trouverait un peu plus haut, ou, s'il n'y avait pas de grenier, dans les caves, dans quelque recoin de la cage des escaliers, la place d'un matelas pour les domestiques. En vérité, ce septième étage est in-

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