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Les prisonniers pris en masse recevaient 95 937 dixièmes

que par conséquent leurs économies ^étiVeht ètrô évaluées aux 4 dixièmes des 4 cinquièmes du prix de journée d'un ouvrier libre.

Maintenant en supposant que la journée d'un prisonnier soit payée à Padjudicataire par les soustraitants aussi cher que la journée d'un ouvrier libre, et en consentant à ne compter que 1 franc 25 centimes pour la moyenne des salaires industriels dans toute la France , ce qui est probablement audessous de la vérité , même si on tient compte de la présence d*un certain nombre de femmes*, il reste à l'entrepreneur 85 centimes pour habiller et nourrir les prisonniers , ce qui est assez étrange, et, ce que l'est encore plus, ces 85 centimes ne lui suffisent pas puisque TÉtat est son débiteur. Cependant, les condamnés ne sont pas vêtus avec luxe*, et leur

Si tous les prisonniers avaient reçu 4 dixièmes, le total aurait été 93 276 dixièmes. Différence 2661. Si tous les prisonniers avaient reçu 5 dixièmes , cela aurait fait 1 16 595 dixièmes. Différence 20 658.

1. A la fin de décembre 1858, il y avait dans les maisons centrales 18 541 hommes et 4778 femmes seuleiûent.

2. Un habillement de droguet fil et coton pour Phi ver, de toile pour l'été ; sabots et chaussons. Le coucher consiste en un matelas de 4 kilog. de laine et 2 kilog. de crin, une couverture de laine de 2 kilog. 500 et une seconde de coton pour Thiver.

Tout ce qui concerne le travail des prisonniers et la part qui leur est attribuée sur le produit du travail, a été réglé en 1844 par des instructions ministérielles d'une grande portée administrative et philosophique. Il est impossible de ne pas en être frappé, lors même qu'on regrette le système actuel des adjudications et la nature du travail imposé aux prisonniers.

GONGURRËNGË DES PRISONS. 263

nourriture, déterminée par le cahier des charges, est très-grossière quoique très*suffîsante^ Disons sur-le-champ que la dépense, non, il est vrai, psur jour de travail ni même par jour d'ouvrier, mais par détenu, ouvrier ou non, et pat* jour de détention, est de 63 centimes 7 dixième*. La conséquence se présente d'elle^^même. Quand on songe que TËtat fournit le logement, nonnseulement pour les prisonniers, mais pour les ateliers, ce qui est trës-impor* tant, et que cinq ou six mille personnes nouiries en commun sont bien loin de coûter autant que si elles étaient obligées d'acheter et de préparer individuellement leurs repas, on ne peut s'empêcher de conclure que l'entrepreneur est très-loin de gagner 85 centimes par journée de travail, et que le salaire des prisonniers (c'est-à-dire non pas le salaire fictif dont ils touchent une partie, mais le salaire réel, payé par le sous-traitant à l'entrepreneur général à raison de leur travail, est bien loin de s'élever à 1 franc 25 centimes.

Maintenant, si du raisonnement nous passons aux faits, nous allons voir que le ptii de la journéô de

1. 750 grammes de pain composé d'un tiers de seigle et des deux tiers de froment^ et un litre de soupe aux légumes, contenant 90 gr. de pain. Une fois par semaine, un régime gras (150 gr. de viande). Les quantités de pain sont un peu moindres pour les femmes.

2. Statistique des prisons pour 1858, par M. Louis Perrot. Paris, 1860 ; Introduction^ p. xxxvi.

travail dans les prisons n'atteint pas ce chiffre de 1 franc 25 centimes que nous avons supposé. En 1858, 19 736 détenus dans les maisons centrales ont travaillé pendant 5 946 400 journées. Ces journées ont été vendues par l'État aux entrepreneurs moyennant 2 883 546 francs 40 centimes» prix du tarir. Sur cette somme, les détenus ont touché en espë* ces 1 306 180 francs 2 centimes, pour leurs dixièmes. 1 057 435 francs 49 centimes ont été attribués aux entrepreneurs pour leur prélèvement de 3 dixièmes. La part de l'État a été de 387 508 francs 42 centimes, que les entrepreneurs ont reçus pour compte^. Toutes ces évaluations, faites d'après les tarifs, ont porté la moyenne des journées à 47 centimes 83 pour les hommes, età39 centimes 12 pour les femmes, soit ensemble 45 centimes 67 ; sur quoi il faut toujours remarquer que cette moyenne, si étrangement réduite, représente ce que chaque entrepreneur a payéàTÉtatetaux prisonniers, comme locataire principal des bras des prisonniers, et non pas la somme que les prisonniers ont rapportée réellement^ c'est-à-dire ce que les sous-traitants ont payé à l'entrepreneur.

1. Le produit du travail des prisons dépasse aujourd'hui de beaucoup trois millions. Voyez la Statistique des prisonSj par M. Louis Perrot, directeur de Tadministration des prisons; introduct., p. VIII.

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