Statistique des prisons , tableau y
GONGURRENGE DES PRISONS. à69
craindre une interruption complète, il offre ses ateliers à des prix excessivement réduits, et accapare tout ce qui reste de travail disponible.
Un jour viendra infailliblement où Ton accomplira dans les maisons centrales une réforme analogue à celle qui a été si heureusement faite dans les bagnes. Alors, au lieu d'enfermer les prisonniers, au grand détriment de l'hygiène et de la morale, on les fera vivre au grand air ; au lieu de transformer les laboureurs en ouvriers industriels, ce qui est un véritable contre-sens, on transformera les ouvriers industriels en laboureurs ; enfin, au lieu de nuire à Tindustrie eh faisant faire par les prisonniers, à prix réduits, le travail des ouvriers libres, on augmentera la richesse nationale en faisant défricher par les prisonniers nos terres incultes, ce que l'industrie libre ne peut pas faire. En attendant ces mesures réparatrices, le travail des prisons est une des causes de la misère qui pèse sur les industries de la couture.
Il en est de même du travail des couvents, de celui des établissements de bienfaisance connus sous le nom d'ouvroirs, et du contingent apporté au commerce par un grand nombre de femmes qui ne sont pas ouvrières de profession.
Assurément les religieuses et les femmes du monde sont parfaitement libres de travailler et de vendre leurs ouvrages ; personne ne peut songer à
leur çij contester le droit; loin de là, c'est iin malheur public qu'il y ait chez nous un si grand nombre de femmes inoccupées. Cette oisiveté est un douloureux spectacle et une source de dépravation morale et intellectuelle. Le travail doit être respecté partout au non) de la liberté, et il doit être partout favorisé au nom de l'humanité.
Il y a plus : les religieuses qui fondent des ouvroirs, rendent aux ûUes qu'elles i^istruisent, £^ux femmes qu'elles occupent, et h la société tout entière un important service. U existe, en grand nombre, des fiUçs sans pa '^nts, ou, ce qui est encore pire, des QUes abandonnées par leurs parents : il est bon, il est salutaire que des a33PciatioQS pieuses se donnent la mission de les recueillir, de les instruire, de leur apprendre un état, de les surveiller. Il y a des femmes trop pauvres pour acheter un rouet ou une guenouille, trop misérables pour mspirer de la con- ^ance au$ patrons ; c'est une bonne œuvre de se faire médiatrices entre les patrons et elles, de solliciter pour elles de l'ouvrage, de les aider à Texéputer, de leur faire l'avance des menus frais nécessaires. Enfin, si quelque fejnme de mauvaise vie revient à de meilleurs sentiments, si une condamnée qui a subi sa peine s'efforce de vivre désormais de son travail, et que le monde, qui a des indulgences aveugles et des sévérités impitoyables, refuse de l'quvrage i ces mains inoccLipoes, rrest-il pa^ beau
et consolant de voir d'honnêtes et courageuses femmes couvrir ces çoupabless, ces repentantes, de leur pitié, de leur vertu, 3e placer entre elles et le monde qui les repousse} et leur procurer les moyens de se réhabiliter? Il serait déplorable que les haines religieuses, encore sut^isistantes au sein 4^ notre scepticisme (car pou^ ayons gardé }es prissions de la foi en perdant la foi), nous fissent méconnaître des institutions qui sont la forme la plus utile et la plus noble de la charité. Il ne s'agit donc pas ici de condamner les ouvroirs, mais seulement de les compter. La concurrence est très-loyale ; elle est fondée sur le principe de l'association, sur le principe même de la liberté, Mais tout en étant loyale, elle est écrasante.
Si nous prenons par exemple la fabrication des chemises en gros, à l'heure qu'il est, sur cent douzaines de chemises qui entrent dans le oommerce parisien, les couTents en ont cousu quatre-rvingt-cinq douzaines. Les jeunes filles et les femmes des ouvroirs ne sont pas seules à travailler ; les religieuses elles-mêmes qui, pour une assez forte part, ne seraient pas ouvrières si elles étaient dans le monde, et qui d'ailleurs ont leur vie assurée par les revenus du couvent, travaillent pour le commerce. La règle leur impose une vie dure, à laquelle une augmentation de revenu ne change rien ; ainsi elles donnent ce qu'elles gagnent. Travaillant sans néces-
site, soit pour obéir à une prescription formelle de leur règle, soit pour mieux accomplir le devoir de Taumône, soit simplement pour échapper à l'oisiTeté, elles peuvent abaisser autant qu'elles le veulent le taux de leur salaire ; cela dépend uniquement de leur volonté» tandis que Touvrière libre n'est pas maîtresse de ses exigences : elle doit vivre, son salaire doit la nourrir ; quand on dispute avec quelques-unes d'entre elles sur le prix de leur maind'œuvre, c'est en réalité leur vie qu'on nuurcbande; à chaque centime qu'elles abandonnent, c'est une nouvelle privation qu'elles s'imposent, et par conséquent il y a toujours un dernier rabais auquel elles ne peuvent consentir. On estime que les ouvrages de broderie et de couture exécutés dans les couvents sont plus parfaits que ce qui sort des mains des ouvrières libres. Une religieuse que rien ne presse, travaille lentement et travaille bien, tandis que la mère de fomille se hftte d'achever son travail pour acheter du pain à ses enfants. Ainsi la main-d'œuvre des couvents a le double avantage d'être plus parfaite et moins coûteuse. Le rabais est, dans presque toutes les communautés, de 25 pour 100. En ce moment, les chemises de gros sont payées aux couvents de 25 à 60 centimes la pièce; une bonne ouvrière ne peut faire dans sa journée plus de deux chemises à 60 centimes; elle n'en peut faire plus de trois à 25 centimes. C'est donc un ou-
Yrage rapportant 75 centimes par journée de douze heures^ que les ouvrières sont menacées de perdre. Encore est-ce trop de dire 75 centimes, puisqu'il faut déduire quelque chose pour le fil et les aiguil les, et en hiver, pour la lumière.
Ce qui est vrai des couvents, est vrai aussi de la concurrence des femmes mariées qui utilisent leurs moments de loisir pour se procurer un petit revenu. Une marchande, en attendant les chalands dans son comptoir, une mère en conduisant ses enfants à la promenade, ont à la main un ouvrage de couture ou de tapisserie ; si peu que cela rapporte, c*est un soulagement, une douceur dans la maison. A mesure que la femme s'élève un peu dans l'échelle sociale, il lui est moins facile de trouver un débouché pour ses menus ouvrages ; elle a une certaine fierté qui la gêne ; elle se contente des premières offres, et ne quitte pas le marchand qui accepte ses produits pour aller demander ailleurs un prix plus élevé. Quelquefois il ne s'agit même pas de contribuer aux dépenses du ménage par cette industrie ; le travail du père ou du mari est suffisant, on ne compte sur le revenu de la broderie que pour se donner un plaisir ou faciliter une dépense de toilette. Plus les besoins sont insignifiants, plus le salaire est modique. On ne sent pas le prix de son temps; on le donne pour rien, et on est bien loin de se douter qu'on donne en même temps celui des
autres. Il est difficile de dire jusqu'où s'étend cette fabrication interlope, depuis la ménagère qui travaille deux ou trois heures par jour, et qu'on pourrait à la rigueur compter parmi les ouvrières véritables, jusqu'à la jeune fille qui brode par plaisir et qui vend sa broderie par caprice. Beaucoup de pères de famille ignoreront toujours que leur salon est un atelier, et que les jolies bagatelles qui se brodent sous leurs yeux sont achetées d'avance ou même commandées par une maison de la rue Saint-Denis. Presque toute la broderie qui se fait à Paris sur mousseline ou sur étoffes vient de cette source ; il en est de même des ouvrages en filet, bourses, sacs et réseaux ; de la tapisserie pour meubles, des pantoufles, de la passementerie. Plus d'une, parmi ces ouvrières élégantes, se cache pour travailler, et se cache encore plus pour vendre le produit de son travail. Toutes les misères ne vont pas en haillons ; et quand une femme qui a vécu dans l'aisance est réduite par le besoin à un travail manuel, il est bien rare qu'elle ne paye pas la rançon de la toilette qu'elle porte et des habitudes qu'elle a conservées. Ce qui procure encore quelques commandes aux ouvrières, malgré la concurrence des prisons, des couvents et du monde, c'est qu'il y a dans l'industrie des moments de presse, où il faut produire beaucoup en un clin d'oeil, sauf à languir ensuite pendant plusieurs mois. Le retour d'une saison ou d'une
INFLUENCE bÉS MAISONS DE CONFECTION. 275
fête, uilé mode qui prend faveur, des chaleurs ou des froids prématurés, obligent les maisons de commerce à faire des commandes à bref délai; alors il ne faut pas songer aux couvents, qui travaillent à leurs heures, lentement, méthodiquement, et qui ne savent pas même ce que c'est que les veillées et le travail de nuit. Autrefois, c*est-à*dire hier, l'usage était de choisir soi-même l'étoffe et la coupe de son habit, le dessin de sa broderie ; l'entrepreneuse, qui recevait les ordres du public, avait besoin d'avoir ses ouvrières sous la main ; elle les guidait dans leur travail ; elle les pressait, pour ne pas manquer elle-même de parole à ses clientes. Ces ouvrages commandés et attendus ne pouvaient se faire au loin, dans un couvent ou dans une prison ; c'était le lot de Touvrière parisienne, son dernier gagne-pain. Les maisons de confection menacent de changer tout cela. A force d'acheter en grand et de faire exécuter par centaines, les confectionneurs réalisent de telles économies, qu'ils livrent leurs marchandises à un bon marché inouï. Le public se déshabitue de ^ancien système, qui faisait payer très-cher et attendre longtemps. Le caprice le plus exigeant trouve à se satisfaire dans l'immense variété d'objets que les magasins exposent en vente. L'entrepreneur spécule en grand; il écoule sur la province ce dont Paris ne veut plus, et sur l'étranger ce que rebute là province. Gomme il n'est
plus asservi à ses clients, il est du même coup affranchi de ses ouvrières. Il peut faire ses commandes au loin, les répandre par toute la France, en un mot, il est maître du marché de la maind'œuvre. La couture elle-même, qui fut si longtemps le travail sédentaire par excellence, risque bien de se transformer comme le rouet et la quenouille. On affiche dans Paris des manufactures de vêtements. On commence à coudre à la vapeur.
Il y a fort peu de temps que les machines à coudre sont connues en France. Elles sont pourtant d'origine française, ou du moins c'est un Français nommé Thimonnier qui conçut le premier l'idée de construire un appareil pour coudre au point de chaînette. En 1834, Walter Hunt ajouta à l'aiguille mobile de Thimonnier une navette mue par le même mécanisme, et qui, faisant passer un fil dans chaque boucle formée par l'aiguille, rendit la couture indécousable. Enfin l'Américain Singer, en partant de ridée de Thimonnier et de celle de Walter Hunt^ construisit les premières machines à coudre réelle* ment pratiques. Les Américains les adoptèrent très ' rapidement. Elles eurent en France, à l'Exposition universelle de 1855, un très-vif succès de curiosité. Depuis ce temps-là plusieurs perfectionnements ont eu lieu, plusieurs brevets ont été pris, et cinq ou six inventeurs se disputent à l'heure qu'il est la faveur publique. La machine à coudre n'est nulle-
ment encombrante; on peut la mettre devant soi sur une petite table^ L'œil n'aperçoit guère à l'extérieur qu'une plate-forme sur laquelle se met l'étoffe, une bobine et deux petits volants. L'étoffe est placée entre une aiguille verticale et un organe qui est tantôt une navette, tantôt un crochet. Quand on tourne la roue, l'aiguille verticale descend et perce l'étoffe ; comme elle est enfilée près de la pointe^ le fil forme au-dessous de l'étoffe une petite boucle ; la navette ou le crochet s'avance alors horizontalement dans cette boucle, l'allonge sous l'étoffe et la maintient ouverte. L'aiguille verticale, continuant son mouvement, rentre dans l'étoffe, qui a reculé automatiquement de la longueur d'un point, et introduit une seconde boucle à l'extrémité de la première. La première boucle étant ainsi maintenue par le crochet, la navette ou le crochet quitte la première boucle et reprend la secon<ie pour l'allonger, la coucher et la maintenir jusqu'à ce que l'aiguille introduise la troisième, et ainsi de suite. Si l'on considère l'endroit de l'étoffe quand la couture est faite, on ne voit qu'un fil continu, qui entre dans l'étoffe à l'extrémité de chaque point et en ressort par le même trou ; si l'on considère l'envers, on voit une série de petites boucles, de la longueur du points couchées sous l'étoffe et enchevêtrées l'une dans l'autre, de manière que chacune d'elles serve d'appui à celle qui la précède.
Quelquefois la navette ou le crochet ^ont mwd^ d'un œil et d'm seçpp4 fil. Çe}ui-ci (ait upe nouvelle boucle qu'il mtroçlHit suçcesslvemeut dans ohaçwne des boudes forjnées par l'aiguille verticale, le§ ser^^ rant aiu^i, les attacb^iit Tune ^ l'autre ^t le» m^^ r\9p\ au laoycQ dq n^ouvenieut dQ Tft9«et?ivîei^| de TsÛgWlle Y^rticAle e| d^^ mpuvefnenti l^ori^ontfiux du qrochet ou de la navette* ^aiguille verticalei m reffioptant, assujettit le fil gui s'est introduit dans la boucle sibaudounée par ^Ue au-^depsous de l'étoffe ; 9}ors la pouture est i^ deux filp et devient vr^^iment indécou£iable. Quaud on regarde l'étoffe aiusi courue h deux fils, l'endroit est semblable à celui que nous avons déeriti l'envers est très^diffé^rent; lea boupla» du fil ne aont pas encbevètrées l'une dana l'autre ; l'arrêt est formé par le seeond fil, gui court oqmme un feston à travers toutes les boucles, maintenu par elles et les maintenant à son tour. On règle à volonté la longueur des points, en ré« glant la marche du presse-rtissu gui antratne l'étoffe par un mouvement automatique; il suffit de le. diri-^ ger dans le sens qu'on veut donner à la eouture» si l'on ne ooud pas en ligne droite. Les deux doigts de la main gauche sont employés à eette besogne, et l'ouvrière a la main droite libre pour tourner la roue. On peut aussi, au moyen d'une courroie ou d'un leyier, Femplaoer l'action de la main par celle du pied, et il va sans dire gu'au besoin, il serait
facile de recourir à la vapeur. Tous les jours on annonce de nouveaux perfectionnements. La machine à points de surget de M. Gallebaut pourrait faire 100 points par minute ; mais dans la pratique on a reconnu qu'il fallait diminuer la vitesse. Supposons-la réduite à 60, une paire de gants contenant en moyeqne 3150 points, la machine coudra plus de dix paires en une journée de dix heures. La machine à points de navette de la même maison fait 600 points par minute et de 25 à 40 mètres par heure sans que le fil se rompe. Les machines à coudre sont employées en France .à coudre les étoffes et le cuir, à bprder les chapeaux et à exéçqter diverses sortes de broderies, La couture est aussi fine que Ton veut» Elle est très-solidç et trèsrégiiUère, la fatigue ft'est pas plus grande (jue pour noouvoir un rouet.
Qft pe peut guère évaluer dès à présent Técouojo^ie 4q tçmps qui résultera de l'emploi de la machine à coudre, car il s'en faut qu'elle ait donné son dernier mot. Les fabricants, intéressés à Texagératio», prétendent que leur machipe fait l'ouvrage de neuf à dix femmes ; la vérité est qu'elle fait l'ouvrage de six; mais quand l'objet à coudre est un peu compliqué, comme par exemple une chemise, il doit être préalablement bâti, pour que les parties dont il sç compose ne godent pas. Alors on est obligé d'employer trois ouvrières : l'une qui fait aller la méca-
niqae, et les deux autres qui appiècent la chemise, c'est-à«-dire qui en assemblent et en faufilent les diverses parties. L'économie de temps ou d'argent. car c'est tout un, se trouve ainsi réduite à la moitié : trois femmes avec une machine font dans une journée la besogne de six femmes. Il est clair que c'est l'enfance de l'art et qu'on atteindra une vitesse beaucoup plus grande. L'achat de la machine est pour le moment assez dispendieux. On en voit annoncer de tous côtés au prix de 200 francs, c'est le chiffre le moins élevé : beaucoup de bonnes maisons tiennent les machines les plus simples au taux de 500 francs, et vendent jusqu'à 900 francs les machines à coudre le cuir. Tous ces prix seront réduits de moitié à l'expiration des brevets. On arrivera aussi à établir assez solidement les appareils pour supprimer en grande partie les frais d'entretien. Avec de bons instruments et des ouvrières exercées, il est possible d'obtenir d'une seule machine dix-huit chemises par jour, ce qui abaise la a Qon d'une chemise à 20 centimes. Il faut quatre heures à une ouvrière pour faire à la main une ch émise pareille. ,
Après une assez longue liésitation, l'habitude de coudre à la mécanique tend à se généraliser. A Mulhouse, on emploie les couseuses mécaniques dans les manufactures ; à Reims, les blousiers, les chemisiers, les tailleurs, les cordonniers se les approprient.
INFLUENCE DE LA. MAGHINB A COUDRE. SlBl
La plupart dii temps ce sont les patrons qui les achètent pour les ouvrières qu'ils emploient, en se faisant rembourser par des retenues sur les salaires. Tant que les machines coûteront cher, à cause des breyetSy il sera impossible aux ouvrières isolées d*en faire l'acquisition ; au contraire, les prisons, les couvents, les régiments, les manufactures en seront promptement pourvus. Il y en a trente-six à la prison Saint-Lazare à Paris; presque toutes les maisons centrales, presque tous les régiments en ont achetée Sans doute, les régiments ne travaillent pas pour le public, et en ce sens ils ne font pas concurrence aux ouvrières ; mais il n'y a dans les compagnies hors rang chargées de l'habillement de la troupe, que des tailleurs et des cordonniers; on confectionne au dehors les chemises, les guêtres, les caleçons, les havre-sacs, la passementerie. Même pour l'habillement proprement dit, le maître tailleur ne fait guère coudre pour ses hommes que les tuniques, il donne les pantalons à coudre à des entrepreneurs civils. Si l'introduction des machines ne coïncide pas avec une diminution de l'effectif des compagnies hors rang, il y aura donc là encore une perte notable pour l'industrie privée.
En somme^ les ouvrières à l'aiguille forment plus de la moitié du nombre total des ouvrières.
1. Dès le mois de septembre 1859, il y avait 481 machines à oudre employées dans les régiments.
Parmi elles, il y a lieu de distinguer les ouvrières d'un talent exceptionnel qui travaillent pour la commande, et les ouvrières sans talent^ ou d'un talent ordinaire qui travaillent pour la confection.
Les premières sont l'exception ; leur nombre V2^ en décroissant. La moyenne de leurs salaires ^ plutôt augmenté que diminué depuis 1847; en la fixant à 2 francs par jour, comme à cette époque, on reste vraisemblablement au-dessous de la vérité,
Les secondes qui sont incomparablement plus nombreuses, n'ont pas participé à l'élévation croissante des salaires. La concurrence, le commerce eu gros, les machines, ont maintenu le bas prix des objets confectionnés et de la main-d'œuvre. Le chiffre de 1 franc 42 centimes, indiqué par Tenquôte de 1851 et qui a été taxé d'exagération, ne s'est assurément pas amélioré; il est très-probable qu'il faut descendre, en ce mqwwt, au-dessous de 1 franc 25 centimes pour nm journée de douze heures. Les causes qui ont amené cette dépréciation continuant h agir, on nç saurçiit prévoir à quel taux le n^ouvement de baisse s'arrôtei'a.
Ces chiffres de 2 francs pour la première catégorie d'ouvrières, et de 1 franc 2& centimes pour la seconde, sont les chiffres de Paris. U n'est pas ppssible d'indiquer une moyenne pour toute la France; pour plusieurs de nos départements les salaires sont inférieurs à ceux de Paris de plus de moitié.
Dans cette évaluation approximative des salaires, nous n'avons pas fait entrer en ligne de compte des chômages périodiques connus sous le nom de mortes-saisons.
Cffîp^