‹ L'ouvrièreChapitre 8 sur 65 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

doubler d'énergie et de pitié. Qae la charité, qui éparpille ses trésors, qui les perd, qui les répand quelquefois au détriment de ceux qu'elle croit soulager, n'abandonne plus an hasard, aux inspirations d'une pitié aveugle, ses ressources et son dévouement. Qu'elle adopte pour principe que le seul, le vrai service que rhomme puisse rendre à l'homme, est de mettre ceux qui souffrent en état de devenir eux-mêmes les instruments de leur propre salut; et qu'elle concentre toutes ses espérances et toutes ses forces sur la reconstitution de la famille. Puisque nous ne pouvons foire cesser de haute lutte le travail des femmes dans les manufactures, par quels moyens la famille sera-t-elle reconstituée? Donnons-lui d'abord un nid où elle puisse vivre ; c'est de beaucoup le plus pressé et le plus nécessaire. Dans l'état actuel, nous n'avons à opposer aux cabarets que des greniers ouverts à tous les vents, sans feu, sans lit, sans propreté ; logements homicides, où la santé est presque un miracle. Était- il donc si difficile de faire des maisons pour les ouvriers? Dans la moitié des villes de fabrique, ces taudis infâmes rapportent 8 pour 100 à leurs propriétaires ; à Mulhouse, les cités ouvrières, qui sont des merveilles, rapportent 4 1/2 pour 100; donc elles n'ont rien coûté. En établissant dans les quartiers populeux des lavoirs et des bains publics, on facilitera les soins de la propreté et de l'hygiène, non pas à peu de frais, mais sans frais. Si le terrain ne coûte

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