‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 14 sur 81 · LE 5 MARS · texte numérisé non relu

LE 5 MARS

109. Pierre Éléonor de La Ville, seigneur de FerroUes, parut à Cayenne le 18 décembre 1676, avec le vice-amiral comte d'Estrées, à qiii Loais XIV avait confié l'entreprise de reconquérir sur les Hollandais la Guyane Française, unie aux domaines de la couronne par édit du mois de décembre 1674, et qiri s'acquitta de cette tache de la manière la plus honorable.

110. Laissé par d'Estrées aide-major de Cayenne, et promu aussitôt au rang de major de la place, FerroUes fut dès ce moment l'âme de la colonie.

111. Voyant la France Équinoxiale sous la direc* tion immédiate de son roi, il se fit un point d'honneur de faire respecter les limites que le roi lui avait assignées.

112. Déjà au mois de juin 1677, avec une poignée d'hommes, il déloge les Hollandais de la rive gauche de TOyapoc.

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lis. Presque en même temps ils sont renvoyés à Touest du Maroni.

lli. Mais le 10 août 1678, le traité de Nimègue empêcha tout agrandissement des'Français aux dépens des Hollandais. Ne pouvant s'étendre vers TOrénoque, il ne leur restait qu'à envahir la région de l'Amazone, aux dépens des Portugais.

116. Dès la même année 1678, TOyapoc est franchi. Les Français de Cayenne pénètrent par terre jusqu'à la rive gauche de l'Amazone.

116. Les Portugais les arrêtent. On hésite ; mais bientôt l'honneur fut pressé par l'aiguillon de l'intérêt.

117. Le d 5 juillet 1682 , on finit d'imprimer à Paris la traduction française que l'académicien Gomberville avait ftûtede l'appétissante Relation de VAnmzone par le père espagnol d'Acuna, compagnon da Pedro Teixeira à son retour du Pérou.

118. On eut alors à Cayenne une idée juste de la valeur de l'Amazone ; et toute indécision disparut.

119. A partir de cette même année 1682, les colons français envahirent continuellement le bassin de l'AmazoïK.

120. Arrêtés une seconde fois en 1685, ils poussèrent l'assurance jusqu'à intervertir les rôles. Ils se plaignirent.

121. Pour toute réponse, le roi de Portugal ordonna au gouverneur de l'État du Maragoan de couvrir par de nouvelles fortifications la rive guyanaise

de l'Amazone.

1 22. En avril 1688, les Poitugais possédaient sur cette rive quatre forts : l'ancien fort de Desterix), à

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l'eipbouchure du Paru : un fort sur l'embouchure du Toheré, encore plus près delà bifurcation de Y Amazone : le fort de Macapà, sur l'admirable emplacement de celui de Cumaù, qu'ils avaient pris aux Anglais : et le fort d'Araguari, nouvellement relevé des ruines causées par la pororoca.

t23. Aussitôt, le 30 juin 1688, pénétrant* par le Mayacaré et par les savanes inondées, Ferrolles se présente devant le fort d'Araguari; et il signifie au commandait portugais qu'il ait à abandonner cette position, (c attendu, disait-il, que toute la rive septenu trionale de l'Amazone appartenait de droit à Sa Miu* » jesté Très Chrétienne. »

124. La réponse de l'officier portugais est mémo^ rable. Il déclara à Ferrolles que, « en vertu de la do^ » nation faite à Bento Maciel Parente, les limites des » possessions portugaises étaient à la rmère dn cap » iVOf^ngê^ appelée par les Portugais Rwiè^e de Fin" )) cent Pinçon^ et par les Français Oyapoc, «

126. Ferrolles, qui n'était encore qu'un simple subordonné de La Barre, à qui il avait su inspirer ses opinions, mais non passa hardiesse, se borna à menacer le Portugais de revenir le chasser de vive force, s'il ne prenait pas le parti de regagner de lui-même la rive droite de l'Amazone; et, après, lui avoir remis une lettre de La Barre pour le gouverneur du Para, il battit en retraite, sortant par l'Amazone.

126. Mais Ferrolles n'était pas homme à bravades. Il se rend en France ; et le voilà gouverneur et marquis.

127, De retour à Cayenne, en janvier 1601, il

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s'empressa d'écrire au gouverneur de F État du Maragnan, en lui i-eprésentant la nécessité de fixer à l'Amazone les limites communes des deux colonies.

J28. Le gouvenieur de l'État du Maragnan était Albuquerque, nom de bon augure en Amérique ainsi qu'eu Asie ; il répondit àFerroUes : — Qu'il appartenait à leurs deux souverains de régler ensemble une pareille question; que pour lui, il était dans l'obligation de conserver les limites de son gouvernement telles qu'il les avait reçues.

120. Fils d'un gouveiiieur de l'État du Maragnan né au Brésil, petit-fils d'un gouvemem* du même État, c'était -Antonio d'Albuquerque qui, étant gouvenieui' du Para, avait présidé à la construction de trois nouveaux forts. C'était à lui qu'avait été adressée la lettre de La Barre, remise par FerroUes «au commandant d'Araguari. FerroUes savait donc bien à qui il avait affaire, et il donna à sa valeur le renfort de la pru* dencp.

180, 11 se tut ; — mais en secret il s'occupa d'opposer à son adversaire un argument sans réplique. Il fit percer à travers les bois vierges un chemin de la rivière d'Oyac à celle du Paru, pour tomber à l'improviste sur les fortifications portugaises.

131. Tout en activant ce long et pénible travail, FerroUes était cependant tourmenté par la déclaration que lui avait faite le commandant d'Araguari ; et, ù force de chercher, il imagina un moyen artificieux pour tâcher d'infirmer l'importance de la donation faite îi Bento Maciel Parente.

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