‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 39 sur 81 · Mais, ainsi que M. Malouet l'avait craint · texte numérisé non relu

Mais, ainsi que M. Malouet l'avait craint

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rine^^périence des à&tnx eccUumtàtpu» français fit échouer cette première tentative. Il lui fallut rappeler i Cayenne et la miwion et le poète du Mayacaré» et attendre patiemment les jésuites portugais»

524» Ils arrivèrent enGn dans les premiers Jours d'octobre 1777, au nombre de trois,

525, Leurs noms étaient Matos, Ferreira, Padilha.

526, Expédiés de Cayenne au mois de décembre pour leur destination, la mort les réduisit bientôt à deux ; car, en passant par le fort d'Oyapoc, ils y perdirent le père Matos.

^27. Ce furent donc les pères Ferreira et Padilha qui fondèrent, en janvier ou février 1778, la seconde mission française au sud de VOyapoc, ou, pour mieux dire, la première qui s'y soit maintenue quelque

temps,

528. Les deux missionnaires portugais se virent bientôt entourés d'indiens, u presque tous déserteurs du Brésil. »

529. Mais cette mission ne fut pas établie sur le Mayacaré ; elle eut pour emplacement la rive gauche du Conanii plus loin de l'Amazone.

5S0. Pourquoi 7

581 , Le Gonani se trouvait à quinze lieues portugaises du Cap Nord français et portugais, c'est-à-dire de la pointe nord de l'île. de Maracà, tandis que le Mayacaré était à quinze lieues portugaises du Cap Nord continental, c'est-à-dire du Cap Nord exclusivement français.

582, On peut donc conjecturer que la présence

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des religieux portugais inspira des scrupules à M. Malouet« et qu'il sentit le besoin de leur faire exécuter les. ordres du gouvernement français dans le sens le moins hostile au Portugal.

533., D'ailleurs, la latitude du Conani (deux degrés cinquante minutes nord) était celle qui avait été donnée en 1690 à la rivière limite, dans un docu • ment portugais sinr lequel nous avons annoncé une ëlucidation complète.

53A. Enfin, le Conani avait déjà servi de frontière dans les cartes de Bellin.

536. Hais, quoi qu'il çn puisse être de l'explication du fait, le fait est que, après ayoir essayé du Mayacaré, M. Malouet recula et arrêta la frontière au*' Conani.

536. Le Conani était même devenu pour M. Malouet la frontière de tlroit; car son ami intime l'abbé Raynal, à qui il fournissait des renseignements sur la Guyane, — dans son édition définitive de 1780, donna cette rivière comme le véritable Vincent Pinçon du traité d'Utrecht.

537. Tel était pour les Français l'état des choses, lorsque M. Malouet cessa ses fonctions, le 17 août 1778. Frontière de fait, frontière de droit, — au Conani.

538. Mais voici une toute auti*e phase de la question de rOyapoc.

539. Rentré en France, M. Malouet se complaisait à organiser une compagnie pour l'.exploitation de la

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Guyane à sa façon, lorsque le baron de Bessner^ autrefois son jouet, le joua à son tour.

540. Intarissable projeteur, le baron profKMa à vingt-cinq personnages de la cour un plan de vingtcinq sucreries sur les bords du Cassipure, au sud de rOyapoc, — lequel plan, moyennant une mise de douze mille francs, devait leur rapporter quarante mille francs de rente.

541. Dans le transport de leur gratitude, ces grands personnages procurèrent enfm aux baron le brevet de gouverneur.

5/12. Installé à Cayenne le 15 décembre 1781, M. de Bessner oublia les sucreries ; mais il prit à cœur la fixation de la frontière cayennaise avec le Brésil, — • toujours par la méthode unilatérale, sans aucune espèce de déclaration à la partie intéressée.

543. L'occasion était tout aussi propice que du temps de H. Malouet.

544. La guerre de l'Espagne contre le Portugal venait d'être remplacée par une autre grande préoccupation : un traité de limites américsdnes avait été conclu entre les deux couronnes ; les commissaires portugab pour l'exécution de ce traité dans le bassin de l'Amazone, étaient débarqués au Para au mois de mars 1780; et depuis ce moment jusqu'à l'année 1791, la province du Para n*eut des yeux que pour ses frontières castillanes.

545. La colonie française ne donnait au Portugal aucune inquiétude : les gouvemeursde Cayennes'étaient tus depuis longtemps ; le gouvernement français n'avait jamais soutenu leurs prétentions, n'avsût jamais ré*

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clamé contre la frontière à TOyapoc. On se repos^ût sur cette garantie, et sur celle du traité d'Utrecht.

A46. M. deBessneravaitdoncles condéesfranches; et il en profita, pmir ftatisfure, autant que possible, son ancienne envie de rAmazone*

547. 11 commença par envoyer aux alentours du grand fleuve l'ingénieur géographe Simon Mentelle, le mdme dont il a été question à la fin de la cinquième lecture.

6i8. Mentelle fit tout d'abord deux grandes découvertes :

540. La branche ,nord de TAraguari, que La Condamine avait trouvée fermée par les sables, s'étût désobstruée, et elle était devenue une rivière tmpo* santé, pouvant recevoir des caboteurs, et préienrtant sur sa rive gauche, h une petite demi-lieue de son embouchure, un mouillage excellent pour les grands bâtiments du roi ;

550. Le canal occidental de Maraci, toujours profond comme au temps de La Condamine, offrait du c6té de nie, devant l'entrée de la crique Galebassef un mouillage encore meilleur, puisqu'il n'était pas exposé à un ensablement, et que, pour y parvenir, les 'bâtiments n'avaient pas à redouter la fureur de la pororoca.

551. Ces deux mouillages étaient les seuls que présentât la céte de la Guyane depuis TOyapoc jusqu'à l'Amazone.

652. M. de Bessner ne put pas se résoudre à les laisser au Brésil.

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56S« U ferma Toreille aux scnipntes qoi avaient arrêté M. Malouet, et il adopta ropinion de La Condamine, en la perfectionnant à sa guise.

55A« La Condamine avait très bien vu que la vraie limite maritime, pour quiconque admettrait pour frontière sa rivière de Vincent Pinçon, ne pouvait être constituée que par T embouchure de celle des deux branches du canal de Maracà que Ton prendrait pour la continuation de sa branche nord de T Araguari ; et il avait pris pour cette continuation la branche occiden^ taie , en restreignant même à cette portion du canal de Maracà le nom de baie de Vincent Pinçon.

556. M. de Bessner rendit à la baie de Vincent Pinçon l'étendue qu'on lui accordait avant La Gonda-* mine : il regarda la portion méridionale de cette baie ^ — le canal méridional de Maracà, — comme la véritable continuation de la rivière de Vincent Pinçon , et il fixa pour limite maritime de la Guyane Française et du Brésil Tembouchure de ce dernier canal, entre le Gap Nord continental et la pointe sud-est de File de Maracà.

556. C'était ménager aux Gayennais une riche combinaison de la frontière La Gondamine et de la frontière Milhau.

557. Les Gayennais obtenaient la bonne part que chacun de ces deux personnages leur avait préparée : * la limite intérieure de La Gondamine, à la presque totalité de l'Ars^ari : la limite maritime de M. de Milhau, à la lisière de l'Amazone.

668, Gela était en opposition avec les probabilités historiques : car^ en admettant que Vincent Pinçon

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fût entré dans le canal de Maraca, il était insoutenable qu'il y eût pénétré par la branche méridionale.

559. Cela était une infraction évidente au traité d'Utrecht : car ce traité réservait au Brésil les terres appelées du Cap Nord^ et, même dans le sens restreint, ces terres comprenaient incontestablement File de Maracé, puisque cette lie portût parmi les Français le nom d'i7« du Cap Nord.

560. Cela était évidemment une double contravention aux ordres du roi : par la latitude, et par la distance en lieues.

561. Contravention par la latitude : car le gouvernement avait ordonné de ne prendre pour limite une rivière différente de TOyapoc, qu'après avoir bien vérifié que cette nouvelle rivière était au-^là du deuxième degré Nofd: et dans aucune supposition, le canal méridional de Maracà ne satisfaisait à cet ordre. La pointe sud de son embouchure, c'est-à-dire le Cap Nord, n'était qu'à un degré cinquante et une minutes : la pointe opposée, c'est-àrdire la pointe sud-est de l'île de Maracà, n'était qu'à deux degrés tout juste.

562. Contravention par la distance en lieues : car le gouvernement avait ordonné de ne prendre pour limite la nouvelle rivière qu'après avoir bien vérifié qu'elle était à quinze lieues portugaises de l'Amaasone, c'est-à-dire à vingt lieues françaises ; et dans aucune supposition, le canal méridional de Maracà ne satisfaisait à cet ordre. Si, comme on y était tenu, on acceptait pour terme de l'Amazone le Cap Nord, formellement indiqué comme tel par le traité fondamental de 1700, et donné comme tel par tout le monde, cette

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distance de vingt lieues françaises se trouvait réduite à c:cm, Si4'on prenait pour borne de l'Amazone, comme il parait que M. de Bessner le faisait, celle de Keymis et Harcourt, c'est-à-dire Ponta Grossa de l'Araguari, il n'y avait de là au canal méridional de Maracâ que douze lieues française^. On parfaisait bien le compte de quinze lieues, en poussant jusqu'à la pointe sud-est de l'ile de Maracà ; mais c'était quinze lieues françaises, et non quinze lieues portugaises ^ comme le prescrivait le gouvernement du roi.

563. Mais cela procurait à la France le précieux mouillage de l'Ile de Maracà.

56&. Prenant donc pour point de départ l'embouchure du canal méridional de Maraca, M. de Bessner fit continuer la frontière cayennaise par la prétendue branche nord de l'Araguari, pour la compléter ensuite par le tronc même de cette rivière.

505. Quant au poste à établir, Mentelle aurait voulu le placer à l'entrée de la crique Calebasse, dins l'île de Maracà, afin de défendre le meilleur des deux bons mouillages qu'il avait découverts.

566. Mais l'ordre du gouveniement était précis : il fallait établir le poste sur la rive gauche du Vincent Pinçon,

567. M. de Bessner opta donc pour la rive gauche de la prétendue branche nord de l'Araguari ; H y fit commencer la construction d'un fortin, qui devait porter le nom de Foitde^Fincent Pinçon.

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