‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 48 sur 81 · Ce n'était pas une boutade · texte numérisé non relu

Ce n'était pas une boutade

659. Avant le traité d'Utrecht, les lettres royales de 1605, 1624,1640, 1651,1655,1664; les mémoires

du marquis de Ferrolles en 4688 et 1694 ; le livre de Froger en 1698 ; et Tambassade du président Rouillé à X'isbonne : nous ont montré, dans les deux premières lectures, que V Amazone avait été la prétention incessante de la France.

660. Cette grande prétention fut loin d'être ahaiH donnée après le traité d'Utrecht.

661. En 1730, dans le livre du pèreLabat, M. de Milhau, le Cayennaisy commençait par ces mots une description du littoral dç la Guyane Française : a Sans » préjudice du droit incontestable que nous avons sur » la rivière des Amazones, que nous ferons valoir quand V il plaira au Roi ; je ne parlerai ici que des rivières qui )> sont &r Ouest du Cap de Nord. »

662. En 1731, le chevalier d'Audiffrédy, lieutenant d'infanterie à Cayetme^ fut chargé d'aller explorer secrètement T embouchure de l'Amazone. 11 recoiuiut la rive guyanaise de ce fleuve jusqu'au voisinage de la pointe Pedreira ; et dans son rapport officiel, il assura avoir appris des Indiens deux intéressantes nouveautés : 1° que le canal central de l'Amazone, celui qui sépare l'île de Marajo des Ues de Caviana et de Mexiana, se nommait baie d'Oyapoc : 2^» qu'il tombait dans cette baie une rivière (VOyapoc^ située dans l'Ile de Marajô, 11 ajouta que les Indiens lui avaient parlé aussi d'une longue pointe qu'il fallait doubler pour se rendre à la ville de Para (la pointe Maguari) ; et il émit l'opinion que cette pointe devait être le véritable Cap de Nord des anciennes cartes.

C'était le plan du marquis de Ferrolles en 1694, revu, corrigé, et augmenté.

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663. En 1732, vers le 13 avril, M. Dunezac, capitaine d'infanterie h Cayenne^ entra ouvertement dans l'Amazone avec deux pirogues années : il débarqua sur les bords de la rivière Gurijuba, an sud des trois bouches du véritable Araguari : il s'empara d'une cacaoyère appartenant à Pedro Ferreira Osorio : et il signifia à ce propriétaire brésilien, que la rive guyanaise de l'Amazone, ainsi que les lies de Caviana et Mexiana, appartenaient à la France.

664. Les plaintes du gouverneur du Par& arrètèr^t ces audacieuses voies de fait ; mais elles n' empêchèrent pas la continuation des coups de plume.

665. En 1736, le XXIP recueil des Lettres Édifiantes publia ime lettre du père Fauque, datée d* Oyapoc le 1" juin 1735, dans laquelle ce missionnaire écrivait : a En nous avançant ainsi peu à peu au large, tKms )) pourrons embrasser toute la Guyane Françoise, c*est- )) à-dire, le continent qui est depuis les Amazones jus- » qu'à Maroni. »

666. En 1743, le docteur Barrère, qui avait habité Cayenne^ donna, dans sa Noui^elle Relation de la France Equinoxiale^ un résumé du mémoire guyanaîs de 1688 sur les prétendus droits delà France à l'Amazone ; et, se rapportant à l'adjudication que le traité d'Utrecht avait faîte au Portugal^ de tout le bassin de l'Amazone jusqu'au cap d'Orange, il ajouta : « On n'oseroit espé- )) rer que la Colonie se relève de long-tems de cette » perte; et il n'y a pas d'apparence qu'elle puisse se » flatter de recouvrer un pays qu'elle avoit établi depuis ï) long-tems, et qui lui a été injustement usurpé. »

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