‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 49 sur 81 · En 1748, dans sa carte de l'Amérique méri · texte numérisé non relu

En 1748, dans sa carte de l'Amérique méri

dionale, d* Anvillc figura et nomma, sm* la côte septentrionale de nie de Marajô, la rivière d'Oyapoc du chevalier D'Audiffrédy.

668. C'était dans un plan manuscrit de la côte septentrionale de Marajô par son collègue La Condamine, que D'Anville avait puisé cet Oyapoc nouvel éclos.

669. LaCondamine, qui n'était pas poltron, n'avait pourtant pas osé se porter garant de M. d'Audiffrédy et de ses Indiens. H ne tint compte de l'Oyapoc extra-guyanais, ni dans sa carte del7A5, ni dans celle de 1749. Mais sou texte de cette dernière année renfeimait une phrase gui faisait bien voir que le courage de D'Auville lui avait remonté le sien. En 1745, parlant de sa prétendue branche nord de l'Araguari, La Condamine s'était borné à dire : « Cette branche et le )) profond et large canal qui y conduit en venant du » côté du Nord, entre le continent du cap de Nord, et » les isles qui couvrent ce Cap, sont la rivière et la » Baye de Vincent Pinçon. » En 1749, il ajouta à ces mots ceux-ci : a à moins que la rivière de Pinçon ne » soit le Maranon même. »

670. En 1750, M. Godin des Odonais, le compagnon et l'ami de La Condamine, adressa Ôl Oyapoc au ministre de la marine et des colonies un travail portant ce titre : « Mémoire sur la navigation de l'Amazone. » L'agrandissement des États de S. M. » Et on y lisait ce passage : a L'agrandissement des Etats de Sa Majesté, » le bien de ma patrie et l'honneur du gouvernement )) de Votre Grandeur ne me permettent pas de passer » sous silence le bien que retirerait la Pi'ance si elle

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» «avait un pîecl sur FAmazone ; Fintérêt de la France )) dans la navigation de T Amazone, est le commerce )> immense qu'elle peut faire alors avec toutes les pro- » vinces du haut et du bas Pérou, sans que l'Espagne )) puisse presque y apporter remède, à cause du nombre » infini d'avenues que produisent tant de rivières qui n y débouchent et toutes navigables. Je voyais aussi » d'autres intérêts particuliers que la France pouvait )) retirer, ayant la côte Nord de l'Amazone. »

671. En 1753, dans le tome XI de \ Histoire générale des Foyages^ l'abbé Prévost reproduisit le texte de Froger sur le prétendu droit de la France à la rive guyanaise de l'Amazone.

672. En 1757, dans le tome XIV du même ouvrage, le même abbé# Prévost répéta les doléances de Barrère sur la prétendue usurpation du bord guyanais de l'Amazone par les Portugais.

673. En 1762, Bellin, à l'exemple de D'Anville, figura et nomma dans l'une de ses cartes l'Oyapoc prêté à l'île de Marajo parle chevalier d'Audiffrédy.Pai* une déplorable confusion, comme nous l'avons vu dans la cinquième lecture, il voulut se prévaloir en 1763 de cet Oyapoc extra-guyanais, pour prétendre que les Portu-

, gais avaient tort de s'imaginer que le traité d'Utrecht fixait pour limite autre chose qu'une petite rivière tout* à l'ouest du Cap Nord. Il fit plus : intéressé à attribuer à la France la priorité d'occupation du bord guyanais de l'Amazone, il dénatura d'une manière révoltante des faits bien constatés par des publications françaises même : il écrivit que dans l'année 1688 les Portugais « vinrent s'établir à Macapa, sur les ruines d'un fort

» que les Français avaient abandonné, et où ils avoient » laissé quatre pièces de canon, plusieurs boulets et des » balles de mousc[uet. »

67A. En 1776, comme la sixième lecture nous en a prévenus, le baron de Bcssner voulait étendre la Guyane Française le long de la rive gauche de l'Amazone. C'est M. Malouet qui nous Ta appris en ces termes : (( Des missions envoyées sur les. bords de l'Amazone » dévoient attirer à nous les Indiens portugais. Nos » frontières, d'après d'anciennes prétentions dévoient » être reculées jusque-là. »

675. En 1780, l'abbé Raynal se laissa aller à dire que (( l'Amazone fut autrefois incontestablement la » borne des possessions Françoises. )>

676. Le 23 juin 1796, le capitaine Chapel, dans le mémoire que lui avait commandé le gouverneur de Cayenne, insista sur l'intérêt qu'il y avait à fixer la limite de la Guyane Française à la rive gauche de l'Amazone, conformément au projet original du marquis de Ferrolles en 1688.

677. En août de la même année 1796, Mentellé inséra dans son travail cette curieuse déclaration : « Des recherches faites dans le dépôt de Versailles » en 1794, remirent sur la trace de ces projets, an- » dénuement conçus, de faire quelque changement » qui rapprochât nos limites du bord septentrional de » l'Amazone. » Et il ajouta de son chef : « Pour établir » des bornes naturelles et solides, il serait assurément » à désirer que la France obtînt une partie de la rive » gauche du fleuve des Amazones. Elle étendrait son » territoire d'une étendue de 100 ou même 200 lieues

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» terrestres de côtes, sinon davantage, suivant qu elle » porterait ses limites jusqu'au fort Paru, ou jusqu'au » fort Pauxis ou plus loin. Dans tous les cas, il serait » essentiel de prendre à l' Ouest une rivière qui eût sa » source dans la chaîne des montagnes : par exemple, le » Yâry , ou bien une semblable vers le détroit de Pauxis, » ou au delà si on devait s'étendre aussi loin. »

678. Deux semaines après le traité du 10 août 1797, dans son discours tnanqué, M. Barbé-Marbois assurait « que le ministre de la marine et des colonies, » et les personnes éclairées qu'il avait convoquées, re- » gardaient le bord gauche de l'Amazone comme la » limite méridionale de la Guyane Française. »

679. Cette soif chronique de l'Amazone s'exaspéra fiévreusement par la non-réussite du traité du 10 août.

680. La première victime de cette recrudescence fut M. Lescallier^ l'honorable ex-ordonnateur de la Guyane que nous avons déjà eu à plaindre dans la précédente lecture.

681. Donnant, à la fin de 1797, une seconde édition de sa brochure de 1791, et y corrigeant la criante inexactitude de prendre pour limite d'Utrecht le véritable Araguari, il remplaça cette énorme erreur par de nouvelles énormités.

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