‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 5 sur 81 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Histoire de la. question de t^Oyapoc.

1&. La diversité de nature des deux rives de rOyapoc a exercé sur les hommes un effet nécessaire. Les terres limoneuses qui se continuent depuis T Amazone jusqu'à ce fleuve, demeurèrent délaissées pen* dant fort longtemps, et Ton rechercha toujours le sol ferme et élevé de la rive gauche. Dès Tépoque la plus reculée, les indigènes s'y pressaient en foule; ils y avaient un grand village à l'embouchure de la rivière, Et les Européens, exploitant cette circonstance dans rintéi*ét de leur commerce, se portaient avec tant de prédilection sur TOyapoc, que dans l'année 1613, un Anglais qui connaissait bien la Guyane par lui-même, imprimait que cette rivière « était le seul rendez-vous pour les navires qui fréquentaient cette côte. »

1 5. Avant qu'éclatassent les prétentions opposées des Français et des Portugais, la rive gauche de TOyapoc avait même reçu à plusieurs reprises des colonies européennes ; et d*abord, de l' Angleterre.

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16. Du 22 mai 160A au 31 mai 1606, pendant deux ans et neuf jours, la rive gauche de TOyapoc fut occupée par une colonie anglaise, qui y avait été me-* née par Charles Leigh.

17. Une seconde colonie anglaise, sous les. ordres de Robert Hof^ouH^ occupa également la rive gauche de rOyapoc, pendant trois ans et trois mois et demi, du 17 mai 1608 à la fin d'août 1611.

18. Aux Anglais succédèrent leurs rivaux d'alors. 10, A la fm du mois de mai 1625, quarànte-six

Hollandais, fuyant devant les Portugaijs, avaient abandonné la région amazonienne sous la conduite de Pie* ter de Bntyne^ et ils étalent allés se mettre à l'abri sur la rive gauche de l'Oyapoc,

20. Le 5 mars 1627, le contre-amiral Lucifer mouille dans l'Oyapoc ; il bâtit un fort sur la rive gauche du fleuve, et y laisse une colonie hollandaise ayant pour gouverneur Jan uan Byen.

21. L'existence de ces quatre colonies ne resta jamais ignorée. La presse la divulgua aussitôt par de nombreuses publications, qui firent connaître partout le prix que les Anglais et les Hollandais attachaient à la Guyane, et en particulier à l'Oyapoc.

22. Pour les Français, ils ne se décidèrent à co-* Ioniser la Guyane qu'à défaut de mieux ; et ils ne commencèrent à s'établir sur l'Oyapoc» sur ce rempart de TAmasone, qu'en* 1664.

2S. A peine Colomb venait-il d'enrichir l'Espagne de ce nouveau monde que la France avait refusé ; à peine Gama et Cabrai, avaient-ils procuré au Portugal le splendide agrandissement dont il s'étltit rendu si

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digne : déjà les marins français faisaient flotter le pavillon de France devant les lointaines découvertes des Portugais et des Espagnols. L'Afrique, l'Asie, T Amérique, tout fut assailli par eux; mais spécialement l'Amérique, et tout spécialement le Brésil.

2A. Dès les premières années de la prise de possession par les Portugais^ les Français avaient commencé sur le beau pays de Cabrai cette longue suite d'entreprises qu'un Brésilien a eu la noblesse d'âme de faire valoir le premier, — notre illustre confrère M. de Vamhagen.

25. Les hardis navigateurs ne s'étaient pas bornés à trafiquer avec les naturels du pays ; ils avaient formé le projet de s'emparer du Brésil, et ils le disputèrent aux Portugais pas à pas.

26. Indépendamment de ces continuels essais de factoreries, où ils n'étaient forts que par les Indiens; indépendamment de ce château éphémère élevé en 1532 sur les bords du Biberibe : ils avaient, à deux reprises, tenté à main armée une colonisation en grand.

27. Au milieu du xvi* siècle, sous Yillegaignon» les Français avaient occupé pendant quatre ans et quatre mois la magnifique baie de Rio de Janeiro ; et du haut de la petite lie où ils s'étaient fortifiés, ils avaient prétendu prolonger leur domination jusqu'à la rive méridionale de la Plaia, imposant déjà au pays intermédiaire le nom de France Antai^tique. Mais il leur avait fallu abandonner le fort Coligny à Men de Sa.

28. Au commencement du xvu* siècle, sous I^ Kavardiëre, ils avaient occupé pendant deux ans et. trois mois ftt baie de Maragnan ; et, encore cette fois

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fortifiés dans une !le, ils s'étaient flattés de touts assujétir jusqu'au bord septentrional de l'Amazone, faisant déjà sonnerie nom de France Èqninoxiale. Mais il leur avait fallu remettre le fort Saint-Louis à Albuquerque et à Moura.

29. Partout, et toujours, pendant plus d'un siècle, ils avaient dû céder la place aux Portugais, et quelquesfois aux Indiens eux-mêmes.

30. L'échec essuyé au Maragnan, où, pleins de confiance en leur bravoure et en leur nombre, ils s'é- * taient crus assurés à jamais, les découragea enfin ; et ils dirent adieu à ces plages enchanteresses d'entre r Amazone et la Plata.

31. Pendant onze ans, ils ne se hasardèrent plus sur aucun point de l'Amérique méridionale. Ils y revin* rent toutefois après cette longue disparition ; mais, pour ne plus s'exposer à de cruels mécomptes, ils allèrent tenter une meilleure fortune dans d'autres parages.

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