Laisso»s*le dire
Qu'il est démontré que Vincent Pinçon n'a pris terre sur aucun point de la Guyane au sud de f Orânoque, — tandis que Pinçon a reconnu toute la côte de la Guyane depuis T Amazone jusqu'à Paria :
Qu'il est eyideut que Vincent Pinçon n'a même pas mouillé dans la branche guyanaise de l' Amasone, mais seulement dans la branche du Para, ^ tandis que Pinçon n'a mouillé que dans la branche guyanaise :
Que les historiens appuient son opinion de la manière /a plus convaineante^ par leur silence sur la poro^ roca, — tandis que Herrera, une des autorités de M. Buache, indique formellement ce grand phénomène comme ayant été observé par Pinçon :
Que là où les cartes modernes figurent la grande lie de Marajo il existait primitivement une infinité de petites îles, — tandis que La Condamine se vante avec raison d'avoir fait disparaître des cartes cette vieille erreur :
Qu'il y a une re/aarquaUe analogie entre Tambala et Gamba^ Marina et Marajo, Cbiana et Juanës, — tan* dis que, sans parler du reste, Ghiajaa est une ridicule création du traducteur Madrignano :
Que Cap Aoi'fl, en/ployé (Vime maniera absolue^ est un nom commun , qui pourrait n'avoir été appliqué primitivement qu'à la pointe nord-est de l'île de Maraj6, ainsi que l'avait pensé M. D* Audiffrédy, — tandis que, comme M. Buache l'avoue lui-même, toutes les anciennes cartes condamnent cette confusion à\x possible avec le réel^ car toutes sans exception, d'accord avec les cartes modernes, ont toujours fait du Cap Nord américain, de même que du Cap Nord européen, un nom propre, et ont exclusivement appelé de ce nom la borne océanique de la rive guyanaise de l'Amazone.
696. Allons tout droit à l'essentiel , et montrons que l'édifice de M. Buache repose sur une fausseté.
697. Il est faux qu'à l'époque du traité d'Utrecht on eût idée d'une autre rivière d'Oyapoc que celle du Cap d'Orange.
698. Les cartes espagnoles portant une rivière d'Oyapoc dans l'île deMarajô, et alléguées par M. Buache sans indication de date ni d'auteur, se réduisent à la carte de l'Amérique méridionale par /««« de la Cruz Cano y Olmediila; et cette carte fut gravée en 1775, douze ans après la publication de la carte de Bellin avec cet Oyapoc, vingt-sept ans après la publication de la carte de D'An ville avec ce même Oyapoc.
699. Le cartographe espagnol n'a fait que copier, sans contrôle, et sur leur réputation, les deux cartographes français.
700. Mais Bellin a tiré 1* Oyapoc extra-guyanais, delà carte de son compatriote D'Anville : D'An ville l'a puisé dans un plan manuscrit de son compatriote La Condamine : La Condamiue Ta trouvé dans un rapport
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secret de son compatriote d'Audilliédy, de Cayeniie : et M. d'AudilFrédy ne Ta su que par ouï-dire, de la bouche de quelques Indiens à demi sauvages, lui parlant de Marajô loin de cette île et dans une langue aux sons confus, — et cela en 1731, dix-huit ans après le traité dTtrecht.
70 J . L'œuvre de M. Buache, comme presque tous les fruits de la colère, ne pouvait donc pas être avouée par la raison.
702. Mais le moment ne permettait pas d'apprécier à leur juste valeur des assertions téméraires.
703. L'anim ad version soulevée contre le Portugal par l'insuccès d'un traité auquel la France avait applaudi, fit accueillir sans examen le suffrage flatteur d'un juge qui paraissait parfaitement compétent, puisqu'il était membre de l'Institut et hydrographe de la marine au Dépôt général des cartes et plans de la marine et des colonies.
704. Et de plus en plus persuadée d'avoir pour elle un droit imprescriptible, la France trouvait intolérable qu'on lui fermât l'Amazone.
{Août 1858.)