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Mais cet ambassadeur si bien assorti échoua pourtant

Débarqué à Rio de Janeiro le l^' juin 1816, il s'elforça de faire agréer par Dom Jo8o, déjà Roi, comme

deux questions distinctes, la restitution immédiate de Cayenne et la fixation définitive des limites de la Guyane Française. Mais il trouva Jean VI inébranlable, et il se retira le 21 septembre.

873. Le 5 de ce mois, Jean VI fit bien expédier au brigadier Marques Tordre de remettre Cayenne au commissaire que Sa Majesté Très Chrétienne charge* rait du soin de la recevoir ; mais, au lieu de confier cet ordre à l'ambassadeur de France, il le fit déposer entre les mains de M. deBrito, chargé d' affaires de Portugal à Paris. Il envoya également à ce diplomate de pleins pouvoirs pour conclure une convention pour la restitution de la Guyane Française; mais il y ajouta des instructions lui prescrivant de soutenir que la fixation préalable et définitive de la totalité des limites de la Guyane Française était une condition sine qua non pour la restitution de Cayenne.

87 A. M. le duc de Luxembourg rentra à Paris le 1" décembre 1816.

Et bientôt conmiença, entre le duc de Richelieu, président du Conseil et Ministre des Affaires Étrangères, et le chevalier de Brito, une chaleureuse négociation.

875. Se basant sur l'article 107 de T Acte du Congrès de Vienne, le duc de Richelieu exigeait la remise immédiate de la Guyane Française jusqu'à l'Oyapoc pour limite maritime provisoire. Et M. de Brito se refusait à la restitution sans la fixation préalable et définitive de la totalité des limites.

Le duc de Richelieu se défendait de la fixation

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préalable des limites, en alléguant que son ministère ne possédait pas les données indispensables pour cette fixation. Et M. de Brito répliquait que pour TOyapoc, du moins, on n'avait besoin d'aucune autre donnée que l'article 107 de l'Acte de Vienne, attendu que cet article avait fixé nettement cette rivière pour limite marritime définitive.

876. Et comme le duc de Richelieu soutenait que la limite maritime fixée à Vienne n'était que provisoire, et qu'il insistait sur l'impossibilité de marquer d'avance une limite intérieure qudconque, M. de Brito réclama, au commencement du mois de mai 1817, la médiation que l'Angleterre avait promise au Portugal le 22 janvier 1815.

877. Le Gouvernement Britannique prit d'abord un moven terme.

Il chargea sir Charles Stuart, ambassadeur à Paris, d'appuyer la prétention portugaise de la fixation préalable des limites. Mais il ajouta que les limites proposées par M. de Brito ne devaient être que provisoires.

878. Ensuite, à la sollicitation de M. dePalmella, ambassadeur à Londres, le Gouvernement Britannique fit appuyer la prétention portugaise dans sa plénitude.

879. Mais le médiateur n'intervenait dans ce sens qu'officieusement et de vive voix.

Le duc de Richelieu avait embrassé chaudement la première idée anglaise de limites provisoires.

Et M. de Brito, de son côté, se récriait contre les limites provisoires, et reprochait au duc de Richelieu

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de méconnaître que rOyapoc avait été fixé pour limite définitive par l'Acte du Congrès de Vienne.

880. La négociation traînant ainâ jusqu'au mois de juillet, le Gouvernement Françds, dépité de ce qu'il appelait de l'obstination» fit préparer à Brest quelques vaisseaux, et porta l'afiaire au tribunal des alliés.

881. Dans une conférence générale des plénipotentiaires des alliés, — s'adressant au duc de Wellington, — le duc de Richelieu représenta la nécessité d'en finir avec la question de la Guyane.

A l'exception de l'Autriche, les alliés décidèrent ; Que le duc de Richelieu avait raison de soutenir que la limite stipulée dans l'Acte du Congrès de Vienne n'était que provisoire : Et que la France serait libre de faire prendre Cayenne par force, si le n^ociateur portugais continuait à s'opposer à un arrangement amiable.

Ce double arrêt des alliés fut notifié, en leur nom, au négociateur portugais par le médiateur de la négociation lui-même, l'ambassadeur de la Grande-Bretagne.

Et en s' acquittant de cette commission, sir Charles Stuart ajouta que c'était là aussi sa conviction personnelle.

882. M. de Brito se résigna alors à la remise de la Guyane Française avM des limites provisoires.

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883. Mais il tenait à ce que, du moins, on stipulât pour limites provisoires celles qu'il avait proposées comme définitives.

88â. Le Portugal avait à prendre ses mesures contre les prétentions de la France.

Il avait à couvrir non-seulement le bord guyanais de l'Amazone, mais encore les affluents orientaux du Rio Branco, ceux qui séparent le bassin du Rio Negro d'avec le bassin de l'Esséquèbe.

885. De fortes raisons l'obligeaient à cette double sollicitude.

886. Le traité de Paris, en 1797, avait stipulé pour limites le cours du Carsevenne, et une ligne estouest y «j^m'^w Rio Branco,

Le traité de Badajoz avait porté la limite au cours entier du véritable Araguari jusqu'à sa source, et en* suite une ligne est -ouest y/wçrw 'a a Rio Branco.

Le traité de Madrid avait pris le cours du Carapanatuba, et ensuite la grande chaîne de partage des eaux jusqu'au point /e plus rapptoclié du Rio Branco.

Le traité d'Amiens avait consacré les limites de Ba^dajoz, c'est-à-dire la totalité du véritable Aragiiari, et une ligne e,%i-o\iehiju^u'au Rio Branco^ beaucoup au sud du fort brésilien de S. Joaquim.

Enfin, le traité de 181 A, en réclamant les limites qu'avait la Guyane Française au 1" janvier 1792, rappelait forcément la carte française de 1791, dont nous avons déjà dit quelques mots à la fin de la sixième lecture.

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