‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 67 sur 81 · Dans cette carte singulière, M. Lescallier · texte numérisé non relu

Dans cette carte singulière, M. Lescallier

ex-ordonnateur de la Guyane Française, avait tracé de cette façon les limites d'Utrechi:

Le Maroni, jusqu'à la latitude de quatre degrés nord : une ligne est-ouest, jusqu'à l'embouchure du Rupunuwini dans TEsséquèbe : une ligne 'courbe contournant toutes les sources du Rio Branco : le cours du Rio Negiv^ pendant plus de cent lieues ; une ligne oblique, de l'embouchure du Rio Branco aux bords du Matari, premier affluent guyanais de l'Amazone à l'est du Rio Negro : une ligne brisée, suivant toutes les inflexions de l'Amazone, à la distance de quinze lieues, depuis le Matari jusqu'à l'Araguari : et l'Araguari, depuis ce point jusqu'à sa véritable embouchure, en dedans de l'Amazone.

888. En 1812, le géographe Pierre Lapie, — mariant au traité d'Amiens celui de Madrid, qui n'avait été ratifié ni par le Portugal ni par la France, — avait ainsi marqué sur ses cartes les limites de la Guyane Française :

Le Maroni , jusqu'à l'embouchure de 1* Araoua par la latitude de 3" 18' nord, qui était, et est encore, le point extrême de la portion explorée de cette rivière : une ligne est-ouest, dépassant tout le bassin de l'Esséquèbe, et allant aboutir au Rio Branco : le Rio Branco, en descendant jusqu'à la latitude de 1' 30' nord : un parallèle, par cette latitude, jusqu'à la source du Garapanatuba : et le cours du Garapanatuba tout au nord de Macapà.

889. En 181 A, le même géographe Lapie, interprétant par le traité d'Amiens le traité du 30 mai de cette année, marquait ainsi les limites :

Le Maroni, jusqu'à l'Araoua : une ligne est-ouest

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jusqu'au Rio Branco : le Rio Branco jusqu'à la latitude de 1* àO' nord : un parallèle, par cette latitude, jusqu'à la source de TAraguari : et le cours de T Araguari.

890. Dans la même année 181 A, le géographe Polisson, interprétant comme Lapie le traité du 30 mai, avait tracé, comme limites convenues, celles du traité d'Amiens. 11 avait même donné à une de ses cartes le titre suivant : « Carte spéciale de TAraguary servant » de Limites entre la Guyane Française et Portugaise. »

891. En 1816, après VActe de Fieruie, M. Brué, ingénieur géographe de Monsieur^ avait dédié et présenté à Son Altesse Royale une grande carte de l'Amérique Méridionale, dans laquelle on lisait cette légende au-dessous d'une ligne droite tirée de la source de l'Araguari an Rio Branco : a Le Cours de la Rivière » Auari, et cette ligne droite sont les limites de la » Guyane Française d'après le Triûté d'Amiens. »

892. Et le 12.mars 1817, — au début de la négociation entre le duc de Richelieu et le chevalier de Brito, — M. Pierre Lapie,' devenu chef du cabinet topographique du Roi, avait présenté à Louis XVllI un Atlas, dans lequel il donnait, comme chose notoire, les mêmes limites qu'il avait imaginées en 1812, pendant la guerre : le Carapanatuba jusqu'à sa source, un parallèle tiré de cette source aux bords du Rio Branco^ etc., etc.

893. Or.le Portugal, se basant sur le traité d'Utrecht avec la France, et sur le traité de 1777 avec l'Espagne, regardait comme lui appartenant de droit

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tout le territoire guyanais de rAmazone, y compris le bassin du Rio Branco.

89A. U posait pour frontières septentrionales du Brésil» des limites parfaitement naturelles.

U couvrait les affluents supérieurs du Rio Branco par la chaîne Pacaraima, jusqu'à son extrémité orientale » appelée Montagne Anây^ sur le coude du Rupunuwini, par la latitude nord de S"* 55' ; et il couvrait les affluents immédiats de la rive guyanaise de l'Amazone par la chaîne qui porte dans sa partie occidentale le nom ^Acaray et dans tout le reste de son étendue celui de Ttunucumaque,

Il reliait la chaîne Tumucumaque à la mer par la rivière SOyapoc; et il reliait la chaîne Acaray à la montagne Anây par la rivière RupwiuwinL

895. Les limites que M. de Brito avait à réclamer étaient donc bien claires.

896. Msds, en vertu de ses instructions, le négociateur portugais procéda autrement.

D'abord» il ne rapporta qu'à l'embouchure de l'Oya* poc cette phrase de l'article 107 de l'Acte de Vienne « limite que le Portugal a toujours considérée comme » celle qui avait été fixée par le traité d'Utrecht, » et il proposa pour limite maritime une portion seulement du cours de TOyapoc.

Ensuite, influencé par les diiférents traités qui avaient stipulé des limites astronomiques, — au lieu de préférer des limites naturelles, comme Napoléon en avait donné l'exemple dans le traité de Madrid, — M. de Brito crut devoir adopter à son tour, pour li-

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mites intérieures de ]a Guyane Françaiset un parallèle et un méridien.

n proposa pour limite méridionale : d'abord le parallèle du confluent du Gamopi avec rOyapoc, c'est-àdire celui de 3 degrés 12 minutes nord ; plus tard, le parallèle de 3 degrés nord. Et pour limite occidentale, le méridien de A2 degrés à l'ouest de File de Fer.

897. Le parallèle du Camopi se basait sur ce fait, — qu'il n'était pas bien avéré que cette grande rivière ne fût pas la véritable continuation de l'Oyapoc.

898. Le parallèle de 3 de^és nord se basait sur cet autre fait, — que la carte cayennaise de Mentelle interrompait le cours de l'Oyapoc à cette latitude juste de 3 degrés nord, et que dans la carte de Buacbe, le cours de ce fleuve, à partir de cette même latitude, n'était que ponctué et portait cette légende : Cours

supposé de VOyapoc\

Ne connaissant que ces deux cartes, M. de Brito craignait que l'exploration complète de l'Oyapoc n'ap* prit un jour que les sources de cette rivière étaient trop ri4[>prochées de l'Amazone.

899. Le méridien de 42 degrés à l'ouest de l'Ile de F^, exige un plus long développement.

900. Il faut d'abord éviter une grande erreur, dans laquelle peuvent faire tomber les meilleurs dictionnaires de géographie, et qui a été exploitée par Schomburgk au profit de l'Angleterre.

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