‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 10 sur 108 · Acte 1, scène · texte numérisé non relu

Acte 1, scène

Première période romantique de Tieck 23

elles seules ; ensuite le récit de Rosaura * situé tout à fait vers la fin, en plein champ de bataille. Il fut dit avec une telle précipitation, une hâte d'en finir, une telle conscience du moment mal opportun, un effort d'en atténuer à tout prix l'inconvenance qu'on eût souhaité que le morceau fût plus long. Dans les rôles de Glarin et des femmes, Tieck donna un exemple surprenant de la souplesse de sa voix, capable de se modifier suivant la personne, et d'exprimer le comique et le délicat * ».

Tieck poursuivit désormais ses études de littérature dramatique espagnole. Lope ne fut pas tout à fait oublié. C'est ainsi que, dès 1798, Tieck demandait à Frédéric Schlegel quel était le pendant espagnol de Roméo et Juliette. « La pièce de Lope sur le sujet de Roméo, répondait Schlegel, ne porte pas ce titre ; quel est celui qu'elle porte, les canailles ne le disent pas ^ » Il conçoit avec G. Schlegel le plan de traduire une série de collections de drames espagnols, des pièces de Galderon, de Cervantes, de Lope, de Moreto, etc. *. Mais c'est en somme Calderon qui l'emporta. Le romantisme de Tieck s'exagérait encore sous l'influence de ses amis mystiques, de Tauler et de J. Bœhme, et, en outre, de Novalis et Schelling ; le naturel et la puissance réaliste de Lope ne pouvaient inspirer ses rêves immatériels et supraterrestres. Calderon, au contraire, avait su donner

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