‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 9 sur 108 · Kôpke, op. cit., l · texte numérisé non relu

Kôpke, op. cit., l

tiou, cet état d'âme romantique qui est conquis par Galderon ; mais le cœur même du poète ne se donna pas tout entier.

Cet -enthousiasme, Tieck ne le contint pas en luimême ; il s'efforça de le communiquer autour de lui. Nous avons peu de traces de cette propagande ; sa correspondance de cette époque ne nous est pas parvenue. Mais les échos des séances de lecture, qui le rendirent populaire dans le monde littéraire, nous disent, mieux que des exclamations sd'amour, l'admiration du poète pour le drame espagnol et les premiers succès de son apostolat. « La présence de Tieck à léna, dit un des témoins les plus qualifiés ', contribua surtout à exciter et passionner les jeunes âmes... Je n'avais jamais entendu de lecture d'une vie aussi profonde et aussi animée et qui parlât plus à l'imagination. Tout y était, et en abondance, les moyens intimes et les procédés extérieurs : organe admirable, souple et expressif ; changement du ton pour les différentes personnes et les deux sexes ; le regard plein d'âme ; la fantaisie, la puissance des caractères, violence des passions, intelligence profonde de l'œuvre, mise en valeur du détail, comme de l'ensemble, une rare endurance. » La pièce où Tieck manifesta particulièrement ces qualités fut : La Vie est un songe^ de Galderon. Deux moments en furent surtout admirés * : « le long discours du roi, au début, où régnait une telle clarté de l'analyse, tant d'art et d'attention dans le maniement de la phrase périodique qu'on peut appeler ces pages un véritable chef-d'œuvre à

1. Erinnerungen eines weimarischen Veteranen ans dem geselliffen litterarischen und Theater-Leben, par H. Schmidt, Leipzig, Brockhaus, 1856, p. 56 sq.

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