T. I, fasc. 1,1803. Ùber das Spanische Theater, p. 78 sq
2. Voir un résumé de l'article, pour ce qui concerne Lope seulement, dans A. FavineWi, Grillparzer und Lope de Vega, l.c, p. 12-13.
Première période romantique de Tieck 27
giques et fantastiques, les comédies d'intrigues. Chacun de ces genres est caractérisé avec enthousiasme ; Calderonest célébré comme poète religieux, mais point exclusivement ; c'est le drame romantique qui a atteint chez lui la suprême perfection. Ce qui caractérise Galderon, c'est, non la finesse de l'analyse psychologique, mais une passion dévorante, une imagination exaltée, la poésie fantastique, la lutte des sentiments plus proprement espagnols : honneur, amour et jalousie, bref une inspiration magnifiquement nationale et méridionale.
Les autres poètes ne sont que des noms. Cervantes a l'honneur d'être cité comme un grand précurseur, dont la Numance est le plus beau titre de gloire ; mais après Galderon, la poésie espagnole s'éteint. Il est difficile, du reste, avoue G. Schlegel, quand on a choisi un favori comme Galderon, de ne pas en oublier tous les autres. Il chanta même ses adorations caldéroniennes sur le mode lyrique.
la deiner Dichtung Labyrinth versunken, Wo in des ew' g-en Friihling's Jugendflore Die Scliôriheit Himmel wird, die Lieb' Aurore^ Und aile Blumen lichte Sternenfunken :
0 Galderon, du hier schon Gottheit-trunkea Herold der Wonne, Cherub nunim Ghore !
Sei dir mein Gruszgesandt zum sel'gen Ohre, Und hohes Heil und Giorie zugetrunken '.
1. Voir l'analyse détaillée de l'arLicle de l'Europa, pour tout ce qui concerne Galderon, dans E. Miinnig, Cnlderôn und die sellere deutsche Roma.n.tik,p. 32 sq.
2. Blamenstrœusze italisenischer, sp&nischer und portugiesischer Poésie, Berlin, 1804, p. 228, dans les Sâmmtl. Werke, éd. Bœcking, t. I, p. 372 (fut écrit en 1803).
a 8 L. Tieck et le Théâtre espagnol
Poète de la nature, poète de l'amour, poète de Dieu, voilà tout le Galderon romantique, qui allait inspirer tant de passions.
Fr. Schlegel se tint d'abord sur la réserve. Dans Gespràch der Poésie (1800), il ne distingue parmi les poètes espagnols que Cervantes. La prose de Lope est «grossière et vulgaire ». Après Cervantes, la fantaisie ne s'éteint pas ; « il y eut, de Lope de Vega jusqu'à Gozzi, bien des virtuoses estimables, mais pas de poètes, encore ces virtuoses se consacrèrent-ils au théâtre » *. En 1803, il cite en passant la «célèbre Célestine », si vantée, dit-il, de Cervantes *. Il note que les mètres italiens se retrouvent dans les œuvres les plus parfaites de Cervantes et de Calderon « où elles sont un élément nécessaire du tout » ^ C'est tout ce qu'il trouve à dire sur ce théâtre. Cependant, VAlarcos (1802) trahit une influence de Lope, et, dans la forme, de Calderon. Schiitz, un camarade d'école de Tieck et qui avait vécu quelque temps auprès de lui, à Ziebingen, écrivit ses Lacrimas (1803) où il réunissait toutes sortes de mètres espagnols. Pellegrin (La Motte Fouqué) fit paraître ses Dramatische Spiele (1804), qui sont nés sous l'inspiration de Calderon. Buchholz réédite dans son Handbuch der Spanischen Sprache und Literatur le texte du Principe constante. La nostalgie du Sud attire les âmes vers les nations que l'on croit plus particulièrement caractéristiques, plus vraiment méridionales ; l'essor des études orientales donne un intérêt nouveau à ce peuple
1. Minor. Jugendschriften, 11, p. 352. Dans sa réédition de 1823, Sîimmtl. Werhe, V,p. 246, il ajouta une phrase en l'honneur de Calderon : « La seule exception, exception brillante, est Calderon, le Shakespeare espagnol, etc. »
2. S. Werke, 2« éd. (1846), VIII, p. 35 (dans la Nachricht von einigen seltneren italienisahen nnd spanischen Dichterwerken, etc. ,1803).