‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 15 sur 108 · Kr. Schriften (1798), 1, p. 108 sq · texte numérisé non relu

Kr. Schriften (1798), 1, p. 108 sq

2. Cf. sur le lyrisme de Tieck, la dissertation : hndwig Tiecks Lyrik. Eine Untersuchung de W. Miessner, Berlin, Felber, 1902, pp. 29, 47, etc.

Première périocle romantique de Tieck 33

intrigue, aucun sujet. Ce qu'il connaissait d'eux lui semblait plutôt fait pour décourager l'imitation. Pourtant la Ge?ioveva et le Kaiser Octavianus, dont la matière était minutieusement fournie par les contes populaires, trahissent incontestablement l'influence de la technique espagnole, surtout de l'art de Galderon.

Ce fut surtout la forme qui le séduisit : « Ce procédé, nouveau pour moi, qui consiste à introduire dans le drame des mètres compliqués et des effusions lyriques, me sembla convenir excellemment à certains sujets ^ » Le mètre qu'il préféra fut celui du « romance ». « Si l'on veut, dit-il encore dans son Vorbericht, traduire fidèlement Calderon, on ne saurait se passer de ce rythme espagnol... Le charme étrange de cet accord, qui flotte autour de la rime, et fait naître toutes sortes de suggestions, plut tellement à mon oreille que je le fis parler dans VOctavian sur toutes les voyelles » *. Tieck eut un sens très délicat de l'harmonie des mots, de la puissance musicale du vers, et comprit admirablement la poésie de Calderon, qui est toute harmonie et toute musique. Calderon lui donna des modèles d'un drame romantique où devaient se rencontrer et se fondre tous les genres arbitrairement distingués par les esthéticiens. « Je crus, dit-il lui-même ', que l'on pouvait, autrement que les anciens, introduire dans le dialogue le récit et le lyrisme *, et évoquer les rochers et les bois, la nature solitaire, les sentiments de piété, les miracles de la légende en face des mouvements de la pas-

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